«J’ai décidé de ne rien cacher de mon cancer»

«J’ai repris mon travail de coiffeuse il y a deux mois, après plus d’un an d’arrêt. J’avais quelques appréhensions. Comment allais-je gérer les douleurs dans les bras et dans le dos, conséquences de mon opération? Allais-je être capable de supporter les bouffées de chaleur et les coups de fatigue dus à l’hormonothérapie que je vais devoir suivre pendant encore cinq ans pour limiter les risques de récidive? Toutefois, à ma plus grande joie, j’ai vite repris rythme et confiance. Mieux encore, cette épreuve a renforcé ma vision de la vie: il faut parler. Toujours. Encore.

«J’enseigne l’art du savoir-vivre»

«La vie en internat dans les Grisons fait partie de mes plus beaux souvenirs de jeunesse, mais j’entends encore le claquement de la porte du dortoir et le sifflement strident de la baguette de roseau qui s’écrasait sur nos fesses, lorsque les surveillants nous surprenaient à discuter après l’heure du coucher. Cette expérience m’a été d’une très grande utilité, plus tard, notamment durant mon service militaire. J’avais appris à respecter les ordres, à trouver ma place parmi des personnes issues de milieux différents. Je savais obéir.

J’ai fait un bébé toute seule

Ma fille, c’est une évidence, un bonheur au quotidien. Même si c’est loin d’être facile. Les difficultés auxquelles je suis confrontée découlent davantage du fait que je sois une mère célibataire que du mode de conception en lui-même. Je suis seule, affectivement et logistiquement. Du coup, je suis soit au travail, soit avec ma fille et cela demande une bonne dose d’organisation.

En cuisinant pour la Suisse, je lutte contre la faim

Tout a commencé par un changement de trajectoire presque instinctif. Une fois mon diplôme universitaire en poche, j’ai décroché un emploi dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration de luxe, à Genève. Cet univers m’a passionnée pendant près de dix ans, mais j’ai fini par ressentir le besoin d’élargir mon horizon. J’avais envie d’aller plus loin, sur un plan professionnel, et je me sentais passablement bloquée dans le poste que j’occupais.

Skieuse en Mongolie, je m’entraîne au lac de Joux

Depuis mon retour de Suisse début février 2018, il y a toujours un goût qui m’obsède. C’est celui de votre fromage. Cette odeur! Si forte. Je ne suis pas vraiment sûre d’aimer ça tellement c’est bizarre. Chez moi, en Mongolie, le fromage a un peu le même goût que le lait, c’est doux, discret.

Je participe au marathon de l’Engadine depuis 49 ans

Cet après-midi, je chausserai mes skis de fond pour aller m’entraîner. Ça tombe bien, ici à Klosters, le temps est magnifique. A un mois du marathon, je fais une quinzaine de kilomètres au moins deux fois par semaine. Je pars seule, sur les chemins autour de Klosters, où j’habite. A perte de vue, de grandes parties plates, puis d’autres plus vallonnées. Ce marathon, je n’en ai pas raté un seul depuis sa première édition, en 1969.

 

Je suis une rebelle qui se bat pour une cause

Quand j’ai quitté la Suisse à 20 ans (en 1986) pour aller suivre des cours de théâtre à Paris, je ne pensais pas que je deviendrais réalisatrice de documentaires. Ni que j’irais me balader dans des zones de conflits. Mais bon… vu mon besoin viscéral d’aventure, d’émotions et de justice, c’est assez logique! Je pense que le virage s’est amorcé juste après mon admission au Conservatoire des arts dramatiques: c’était bien trop académique pour moi!

J’ai révélé mon identité juste avant la retraite

Même si je n’ai pas eu de problèmes particuliers durant mon enfance, j’ai traîné ce boulet avec moi pendant toute ma vie. J’étais un vrai p’tit mec, un peu casse-cou, puis un adolescent dragueur, même, tout en étant emprisonnée par ce penchant obsessionnel. Je voulais mettre les habits de ma mère, je fantasmais sur ce côté femme. Un enfant qui se sent mal et l’exprime est pris en charge. Moi, j’ai dû rester clandestine, je me sentais comme une personne perverse.

J’ai menti par amour, parce que j’avais trop peur d’en parler à ma famille et de la perdre.

Je réalise des défis pour la bonne cause

J’étais en Espagne, sur la Costa Brava, quand l’accident s’est produit. Je cherchais un endroit sûr où installer mon campement pour la nuit et j’ai dû me retrancher sur les hauteurs afin de poursuivre mes repérages. J’avais effectué la moitié de mon périple, j’étais fatigué et j’ai glissé sur un pont. J’ai fait une chute de six mètres. Bilan? Luxation du genou.

Je donne une seconde vie aux animaux

J’ai grandi à la campagne avec mes deux petits frères. Durant toute notre enfance, nous avons été entourés d’animaux de compagnie et de ferme dans une ambiance proche de la terre. Du coup, nous avons forcément été confrontés à leur mort. Les paysans tuaient les poules et les lapins devant nous, ou alors on venait nous chercher en pyjama pour assister à la naissance des veaux. Ce n’était pas dégoûtant, au contraire, pour nous c’était grisant et plutôt incroyable.