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Love story: Quand deux âmes cinéphiles se croisent

Love story: Quand deux âmes cinéphiles se croisent

Le cœur de Leslie s’emballe. Un cinéphile! Qui s’appelle Antoine, en plus, comme Le mari de la coiffeuse de Patrice Leconte.

© GETTY IMAGES/NADIA BORMOTOVA

Leslie est fière de sa réussite. Elle a monté sa petite affaire comme esthéticienne et les gens viennent de loin pour la douceur et l’efficacité de ses épilations. Professionnellement, elle s’est pleinement réalisée, personnellement, c’est une autre histoire. Leslie pense que son indépendance fait peur aux hommes, et que c’est pour cela qu’elle est célibataire.

Pour tromper sa solitude, elle adore aller au cinéma, se plonger dans d’autres destins que le sien. Elle va voir les blockbusters du moment, la Palme d’or, le dernier Scorsese mais aussi le nouveau Quentin Dupieux ou le petit bijou coréen encensé par les Inrocks. Elle est assez ouverte d’esprit, tout ce qui compte, c’est de passer un moment loin des extractions de comédons et des bandes de cire.

Un jour, penchée sur la pilosité dorsale d’un client, elle s’apprête à commenter le temps qu’il fait quand il la devance en disant que son institut ressemble à celui de Vénus Beauté, le film de Tonie Marshall. Le cœur de Leslie s’emballe. Un cinéphile! Qui s’appelle Antoine, en plus, comme Le mari de la coiffeuse de Patrice Leconte. Antoine est passionné de septième art. Sa franchise préférée, c’est la quadrilogie Matrix, car il pense que la réalité qui nous entoure est une illusion: «On est dans la matrice…», affirme-t-il sérieusement. Leslie préfère les comédies dramatiques mais qu’importe.

Quand le hobby entrave l'engagement

Comme dans toute relation balbutiante, les lunettes de l’amour l’empêchent de distinguer les red flags, les signaux d’alerte. Leur premier rendez-vous a donc lieu dans un cinéma bien sûr (comme le deuxième, le troisième et les suivants). Le duo a opté pour Dune, qui réconcilie les goûts respectifs d'Antoine et de Leslie, science-fiction et romantisme.

Il visionne ensuite le François Ozon qu’Antoine n’a pas aimé, le biopic Eiffel qu’il a trouvé assez réaliste et le dernier James Bond, incontournable. En réalité, Antoine passe l’essentiel de ses journées dans les salles obscures, ou chez lui à streamer. Il regarde jusqu’à 40 films par semaine, ce qui fait une moyenne de cinq à six films par jour. Alors il n’a pas le temps pour une relation. Il sait que c’est un peu excessif, voire maladif. Qu’il fuit la réalité, et qu’il devrait peut-être entamer une thérapie, mais depuis qu’il a vu Effets secondaires, de Steven Soderbergh, il se méfie des psys.

Leslie déchante. Finalement Antoine n’est pas son Jean Rochefort mais plutôt un Albert Dupontel, un doux dingue, attachant, mais détaché de ses besoins à elle. Après quelques semaines, Leslie jette l’éponge et retourne à ses épilations de sillons interfessiers en se disant que, hélas, elle n’est pas Amélie Poulain et que son destin n’a rien de fabuleux.

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