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    #FemmeFemina: Pauline Burgener, éprise de liberté

    La directrice des laboratoires Dr Burgener a su conjuguer les mots de Simone de Beauvoir et le destin de Lady Di. Un double héritage qui lui a permis de tracer un chemin hors des conventions.

    Publié le 
    16 Mai 2017
     par 
    Jennifer Segui

    C’est dans son bureau qu’elle nous a donné rendez-vous. Mais lorsqu’on pénètre dans la pièce, au premier étage d’un immeuble cossu de la rue du Midi, à Lausanne, c’est la surprise. Pas d’imposant plan de travail rangé au millimètre, pas de fauteuil en cuir surdimensionné: autour d’une conviviale table en bois, carrée, posée sur un parquet qui craque, quelques chaises confortables. Sur un guéridon, une brassée de tulipes fraîches et des bougies allumées. A voir l’endroit, on imagine très bien Pauline Burgener, docteur en biologie, réfléchissant à ses projets, entourée de son équipe, ou en conversation, via Skype, avec l’un de ses partenaires installé dans un pays de buildings ou de sable. Son nom figure en effet sur une quinzaine de spas à travers le monde, de la Russie aux Etats-Unis, en passant par la Jordanie et Dubaï.

    Etre ici ou ailleurs, s’exprimer en arabe, anglais, portugais ou français, peu importe pour cette citoyenne du monde, qui s’est depuis longtemps affranchie de nombre de frontières et de règles convenues. Comme celle qui prescrit de séparer les activités de femmes d’affaires de la vie de mère: «Quand mes enfants étaient petits, nous habitions dans l’appartement au-dessus des bureaux. Il n’était pas rare de voir débarquer l’un de mes trois fils en plein rendez-vous professionnel, confie Pauline Burgener en riant. De toute façon, nous sommes tout à fait capables de faire tout en même temps!»

    Un caractère bien trempé

    L’ouverture d’esprit et l’ouverture aux autres. Voilà aussi des qualités qui ont permis à Pauline Burgener de réaliser ses rêves. Née au Liban dans les années 1960, entourée d’un papa avocat, d’une maman au foyer, ainsi que d’un frère et d’une sœur, la petite fille au caractère bien trempé connaît une enfance heureuse, entre son quotidien à Beyrouth – surnommée alors la Monaco du Moyen-Orient – et les vacances près des pierres antiques de Byblos: «Nous étions une famille chrétienne, intellectuelle, où l’on parlait arabe aussi bien que français. Même si filles et garçons avaient un accès semblable à l’éducation, le poids de la culture orientale pesait beaucoup. Et moi j’étais déjà éprise de liberté. Je dévorais Sartre et Simone de Beauvoir, des lectures qui renforçaient ce sentiment. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu ouvrir les portes.»

    En 1976, en pleine guerre du Liban, la famille quitte le pays pour le Brésil, où le père de famille a des affaires. La jeune Pauline, 12 ans, vit cet exil comme une fracture, un véritable choc. «De langue, d’abord, car nous ne parlions pas du tout le portugais, puis de culture. Rio, à cette époque, était un lieu de liberté absolue. Il a fallu trouver sa place», confie-t-elle de l’émotion dans la voix. A l’ombre du Christ Rédempteur juché au sommet du Corcovado, elle grandit en repoussant toujours les limites imposées. Et cultive une immense complicité avec son père. «J’ai toujours été proche de lui, déjà parce que dans la famille, je suis celle qui lui ressemble le plus physiquement. Je me souviens de grandes conversations que nous avions en nous baladant sur la plage de Copacabana. Je lui disais que si on lisait Beauvoir, on pouvait envisager qu’une femme orientale soit libre. Il me répondait: «Quand tu seras Simone de Beauvoir, tu feras ce que tu voudras…» A cette époque, Pauline trace son chemin, guidée, aussi, par une autre femme, celle qui fait alors rêver toute la planète féminine, la princesse Diana: «De la timide jeune fille à la femme émancipée et sûre de ses choix, son parcours de femme était intéressant. Et démontrait que même au cœur des conventions les plus strictes, c’était possible.»


    ©Elsa Guillet

    Un mari aux antipodes d’elle

    Pauline a 19 ans lorsqu’elle arrive à Lausanne pour y poursuivre ses études. Elle rêve de faire médecine. «Pour m’engager dans l’humanitaire, comme les docteurs que j’avais pu observer dans les camps de réfugiés au Liban.» Finalement, ce sera la biologie. A l’université elle fait une rencontre qui va changer sa vie, son mari Hervé: «Moi, la Libanaise brune au teint mat et aux yeux sombres, qui avais vécu dans pas mal de pays, je rencontrais un grand blond aux yeux bleus, féru de moto, un Européen libre. Mais aussi un pur produit d’une famille valaisanne de Viège, qui était né et avait toujours vécu à la rue du Midi 12, à Lausanne, où son père avait son cabinet de chirurgien plasticien. Il m’a aidée à être moi et m’a toujours soutenue, notamment lorsque j’ai lancé mon entreprise.»

    Pauline Burgener est fière de ses produits de soins savamment élaborés, de son entreprise en plein développement – à travers laquelle elle soutient des œuvres humanitaires en Inde et au Liban. Mais quand on l’interroge sur le grand bonheur de sa vie, elle n’hésite pas une seule seconde: «Mes trois fils, Marc-Antoine, 24 ans, Pat, 22 ans et Maxime, 21 ans. Ils sont équilibrés, libres, bien éduqués, proches des autres.» Et ils ont su bousculer leur cheffe d’entreprise de maman dans ses certitudes: «Pat est aujourd’hui un sportif de haut niveau, membre de l’équipe suisse de snowboard, et un super musicien. Mais il a connu un parcours scolaire chaotique à cause de son hyperactivité. Il nous a obligés, nous, ses parents, à remettre en question notre vision de l’école et l’importance des diplômes. Il a largement ouvert la voie à Max, qui est musicien professionnel, et Marc, concepteur de projets dans les sports extrêmes. Il nous a aidés à comprendre que l’amour et la confiance sont les plus belles choses qu’on peut offrir à un enfant pour qu’il devienne un adulte libre.»

    Ce qui la dope Le cap Ferrat, au sud de la France, un lieu magique avec l’air de la mer, les senteurs de la Méditerranée. On y ressent une grande énergie.

    Son don inattendu Ma facilité de contact et ma générosité de cœur, qui me vient sans doute de ma culture orientale. S’il y a un défaut que je ne supporte pas, c’est l’avarice.

    Sur sa shamelist J’adore les hallawés, une douceur libanaise, que nous dévorions en cachette avec ma sœur quand nous étions enfants.

    Son dernier fou rire Avec mes trois garçons, la semaine dernière, en nous rappelant les crises de nerfs que mon mari et moi piquions en faisant les devoirs avec le cadet, Pat.

    Son buzz Tous ces attentats qui ne cessent de se produire. Je me rends compte qu’il y en a maintenant plus ailleurs qu’au Liban. Lors de mon dernier séjour à New York, je suis allée à Ground Zero et j’ai été époustouflée par cet acte de survie, cette dynamique de construction.


    ©Getty Images

    Sa news Femme Le projet de loi cantonale vaudoise contre les violences domestiques, porté par la conseillère d’Etat Jacqueline De Quattro. C’est un modèle et une grande amie, qui soutient une idée difficile à faire passer dans un monde d’hommes.


    ©Sebastien Anex/Le Matin

    Son actu L’ouverture de plusieurs Spas Burgener au Four Seasons de Manhattan, à Dubaï et au cap Ferrat, en France, avec les produits de la marque et ses concepts de soins, dont, notamment, les soins sur mesure «Haute Couture».


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