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    Attentats à Paris: Aurélie, le témoignage poignant d’une survivante

    Elle fumait devant un café lorsqu’elle a été criblée de balles, elle se confie au journal «Le Monde». Un témoignage poignant qui doit être lu. 

    Publié le 
    25 Février 2016
     par 
    Letizia Muccigrosso

    Aurélie a 27 ans, c’est un vendredi soir comme les autres, elle le passe à la terrasse d’un café à quelques pas de chez elle avec ses amies Anna et Marion. Elles avaient prévu d’aller chez Aurélie pour dîner, Anna et Marion étaient parties aux toilettes quand soudain, tout bascule. «Elles ont dû ressortir au moment où le terroriste est arrivé et elles ont été tuées». De son côté, Aurélie a vu arriver l’homme et s’est réfugiée sous une table. Le bourreau n’était «pas du tout l’idée qu’on se fait d’un terroriste. Il était jeune et avait un joli visage aux traits fins avec une barbe, mais son regard et ses mains accrochées à cette arme qu’il tenait canon en l’air ne trompaient pas. Trois secondes plus tard, il s’est mis à tirer sur des gens».

    Ses parents, qui sont installés à Dubaï depuis une quinzaine d’années, ont appris la nouvelle par une amie de leur fille et ont pris le premier vol pour Paris. Depuis, c’est Aurélie qui tente de les tranquilliser «c’est tellement dur, ce qu’ils ont vécu, qu’il est normal que je les rassure». Aurélie et sa maman se sont également confiées au journal «L’Express», «Mimi (son surnom) a une énergie incroyable. Je sais qu’elle va avoir une très belle existence» dit sa mère. Aurélie lui répond que «ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une».

     

     

    10, c’est le nombre de balles qu’Aurélie a pris ce soir-là devant le bar Le Carillon dans le 10e arrondissement de Paris. Une d’entre elles est entrée derrière son oreille gauche pour ressortir du côté inférieur droit de son visage emportant sa mâchoire. Des blessures terribles qui nécessiteront une trentaine d’opérations. A ce jour, Aurélie a subi cinq interventions dont une qui a consisté à prélever son péroné gauche pour le lui greffer à la place de sa mâchoire inférieure. «Plus que vingt-cinq et on pourra s’attaquer à l’aspect esthétique».

    «Des pauvres types qui n’ont rien compris à l’Islam»

    «La seule chose qui me fasse pleurer» confie Aurélie à «Le Monde», «c’est que depuis trois mois, mes amies soient parties à cause de pauvres types qui n’ont rien compris à l’islam et se sont fait laver le cerveau. Et qu’ils m’aient empêchée d’être présente à leurs obsèques. Quand j’étais lycéenne et que j’habitais à Dubaï, j’adorais entendre l’appel à la prière des muezzins, et on vivait tous très bien les uns avec les autres…».

    Deux ou trois ans seront nécessaires avant que cette jeune femme au courage admirable puisse enfin apercevoir de plus beaux jours et reprendre le cours de sa vie. Même si un tel drame reste inoubliable. 


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