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Un combat, ce n’est pas juste un tête-à-tête avec son adversaire. Ce n’est pas non plus se retrouver avec ses seules forces pour affronter l’ennemi. Car lutter pour rester en vie, c’est aussi s’inspirer, se nourrir de l’énergie des personnes qu’on aime.

Ce qui nous permet de dire ça? Elles. Alexandra, Françoise, Emmanuelle, Sylvie, Muriel, Sandrine. Six femmes qui, sur leur route, ont croisé cette saloperie de cancer. Six femmes formidables qui, dans le même temps, ont eu la chance de rencontrer sur leur parcours des personnes formidables. En rémission ou totalement guéries, elles nous prouvent que les conseils avisés d’un spécialiste, l’écoute d’un proche, la générosité d’un inconnu ou encore l’humour d’un personnage de BD sont des armes qui comptent pour beaucoup dans la victoire.

Et ce message n’est pas qu’une belle histoire. Car le cancer du sein a tristement tendance à s’infiltrer dans notre quotidien. Qui, aujourd’hui, n’a jamais été concerné de près ou de loin par cette maladie? Malgré l’avancée des thérapies observée ces dernières années, et en dépit de la promesse de traitements encore plus efficaces ces prochaines décennies, c’est au sein des femmes que le crabe s’attaque de plus en plus souvent: un cas de cancer sur trois. Heureusement, la motivation pour le détruire est à son plus haut. En ce début d’Octobre Rose, mettons-le en garde. Et célébrons le partage et la vie.

Sandrine, 43 ans, guérie

«Razetacouette m’a permis de dédramatiser nombre de situations»


©Charles-Élie Lathion

A 37 ans, on m’a diagnostiqué un cancer du sein à un stade déjà bien avancé. Après une opération chirurgicale pour enlever la tumeur, j’ai dû entamer une longue série de séances de chimiothérapie. Ma tignasse épaisse et bouclée a perdu tout son éclat en quelques jours. Puis elle a commencé à tomber, mèche par mèche. La meilleure solution était de tout raser. Je me rappelle encore le bruit de la tondeuse… Quand, dans le miroir, je me suis vue chauve, j’ai eu l’impression que ce n’était plus moi. Comme si j’avais disparu avec mes cheveux.

Mon cher alter ego

Pour que mon «changement de look» ne perturbe pas mes cinq enfants, j’ai décidé de porter une perruque choisie peu avant chez une coiffeuse spécialisée. Cela m’évitait les regards apitoyés.

Cet été-là, le corps cassé, vidée de toute énergie après chaque séance de chimio, je suis restée alitée. J’avais un cahier que j’emportais partout avec moi. Un jour, j’ai fait des croquis d’une petite bonne femme imaginaire avec, sur la tête, cinq cheveux – comme mes cinq bambins. J’ai dit à mon personnage: «Toi, je vais te faire chauve et moche.» Mais, finalement, il n’était pas si affreux! J’ai même éprouvé de la compassion pour lui. Et quand mes enfants sont rentrés de l’école, ils sont aussitôt tombés sous le charme de Razetacouette, mon alter ego. Ce qui m’a encouragée à continuer de mettre en scène ma «pote des mauvais jours». Grâce à elle, comme par magie, en quelques traits de crayon je pouvais transformer des situations dramatiques en scènes cocasses qui donnaient le sourire à mes petits. Tout à coup, leur maman malade devenait une héroïne de BD.

Dessiner pour elles

Je n’ai plus quitté mon cahier. Dès que mon état me le permettait, je faisais des esquisses. Dans les salles d’attente, dans le service d’oncologie, dans mon lit… Parfois, je me surprenais à rire toute seule en crayonnant une illustration. Ces planches d’humour noir m’aidaient à relativiser certains événements du quotidien difficiles à traverser.

Ma famille et mon oncologue ont trouvé dommage que les aventures de Razetacouette restent dans un tiroir, alors qu’elles pouvaient donner du courage à d’autres malades atteintes de la même maladie. C’est ainsi qu’est né mon livre «Razetacouette, son chat et sa perruque vagabonde», où ma perruque et mon chat roux – qui venait se coucher sur ma tête nue durant la nuit – tiennent un rôle central. Edité à compte d’auteur, mon ouvrage s’est écoulé très vite. J’en suis à la quatrième réédition. Grâce à ce personnage qui a vu le jour sous ma plume et qui est désormais comme un membre de ma famille, j’ai noué de nombreux contacts dans plusieurs pays. Certains services d’oncologie m’ont dit qu’à l’évocation du nom de Razetacouette les patientes ont le sourire. Et ça c’est ma plus grande joie!

Françoise, 53 ans, guérie

«Etre soutenue et écoutée a été primordial dans ma guérison»


©Charles-Élie Lathion

Quand on vous annonce que vous êtes atteinte d’une maladie mortelle, cela fait l’effet d’un tsunami. Tout l’entourage est immédiatement concerné. Ma fille avait 11 ans, à l’époque, et ma première préoccupation – à part celle de ma survie – était qu’elle puisse continuer à vivre le plus normalement possible. Ma mère, ma sœur et une grande partie de ma famille ont été très présentes pour m’aider au quotidien. J’ai aussi pu compter sur certaines de mes amies qui m’ont soutenue, notamment en me concoctant de bons petits plats. D’autres en revanche se sont mis à distance. Le cancer fait peur, ce que je peux comprendre. Mais, sur le moment, l’attitude de certains proches m’a blessée. Il faut dire que la maladie exacerbe la sensibilité.

D’espoir et d’amitié

Un autre impact de ce cancer s’est fait sentir: sur mon couple. J’étais mariée et mon époux, déjà assez peu présent, s’est réfugié encore davantage dans son travail. Je ne lui jette pas la pierre, loin de là. Nous avons fini par nous séparer un an et demi après le début des traitements.

Pour gagner cette bataille de longue haleine, le soutien est décisif. J’ai eu la chance d’avoir un oncologue qui a toujours pris le temps de discuter avec moi, de bien m’expliquer chaque étape. A la fin de ma thérapie, j’ai intégré un groupe de soutien mis sur pied par le CHUV de Lausanne. J’y ai rencontré des femmes qui ont traversé la même galère. Des liens d’amitié se sont noués, et nous avons même fait ensemble un petit séjour à Barcelone. Quand on traverse un tel chaos, la solidarité et les fous rires n’ont pas de prix!

Rester à l’écoute

Après mes traitements, j’ai eu envie de partager à mon tour ce vécu avec des personnes confrontées au cancer du sein. J’ai rejoint depuis quelques années l’association Marraines cancer du seinqui offre un moment d’écoute aux femmes souffrant d’un cancer. Trop souvent, en effet, l’aspect humain est oublié au profit de l’aspect médical. Les docteurs ont tendance à aller droit au but – leur première préoccupation est de sauver la patiente – et à négliger parfois le côté psychologique. Via consultations téléphoniques ou par courriel, les bénévoles de l’association ont la volonté commune d’offrir une écoute. Et ce à toutes les étapes de la maladie, y compris après le traitement – car c’est souvent à ce moment-là qu’après avoir été longuement suivie on se sent «lâchée».

Avoir traversé un tel chamboulement m’a transformée! Plus rien n’est comme avant. Aujourd’hui, je suis immensément reconnaissante d’être encore en vie. Et j’ai la capacité de profiter plus intensément des petits et des grands bonheurs.

Emmanuelle, 45 ans, en rémission

«Je me suis retrouvée ménopausée du jour au lendemain»


©Charles-Élie Lathion

Après deux traitements lourds – une chimiothérapie et une radiothérapie – je pensais avoir fait le plus dur. Mais mon oncologue m’a annoncé que, pour limiter les risques de récidive, j’allais devoir subir 5 ans d’hormonothérapie. Quand il m’a déroulé, sans prendre de gants, la longue liste des effets secondaires de ce traitement hormonal (TH), j’étais sous le choc! La perte de libido et les effets anxiogènes m’inquiétaient particulièrement.

J’avais 40 ans et, du jour au lendemain, je me suis retrouvée comme une femme de 50. Entrée en préménopause, j’ai commencé à souffrir de bouffées de chaleur qui m’obligeaient à prendre des douches froides au milieu de la nuit. Comme je le craignais, les effets secondaires du Tamoxifen ne m’ont pas épargnée: épuisée en permanence, j’avais le moral au plus bas. Ayant déjà fait une dépression, j’avais un terrain fragile, et je me suis mise à avoir de terribles crises d’angoisse qui me tétanisaient sur place. Ce qui m’a poussée à consulter un psychiatre.


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L’amour plus fort que tout

Pour ne rien arranger, j’ai pris du poids. Très mal dans ma peau, la disparition de mes cycles menstruels me donnait l’impression de ne plus être une femme. Ma libido était inexistante. Je ne ressentais plus aucun désir et culpabilisais d’imposer cette situation à mon mari. Je me disais que ce n’était pas juste pour lui! Heureusement, c’est quelqu’un de très positif, qui m’a toujours boostée. Le dialogue et la tendresse nous ont permis de garder un lien dans cette phase difficile. En faisant chacun un pas vers l’autre, nous avons pu préserver notre couple.

Après 3 ans d’hormonothérapie, j’ai arrêté le traitement. Trop pénible. Mon corps a repris ses fonctions. J’étais soulagée d’avoir mes règles et de me sentir à nouveau une «femme complète». Mais fallait-il privilégier ma qualité de vie ou ma survie? Etant mère de deux adolescents, la raison l’a emporté et j’ai recommencé le TH. Un an plus tard, j’ai pris la décision de stopper définitivement ce traitement qui faisait de ma vie un véritable cauchemar. L’envie de retrouver mon mari et de vivre normalement a été plus forte que la peur.

Aujourd’hui, j’ai l’impression de revivre et je profite de chaque instant de bonheur.

Sylvie, 54 ans, en rémission

«Etre pimpante m’a permis d’aller vers les autres»


©Charles-Élie Lathion

Dans le séisme provoqué par l’annonce de cette maladie, j’ai pris le parti d’accepter tout ce qu’on me proposerait de positif. C’est donc avec plaisir que je me suis inscrite à l’atelier de beauté «Look Good Feel Better» proposé gratuitement aux patientes atteintes d’un cancer. Je venais de commencer les séances de chimiothérapie et me préparais avec angoisse à la perte de ma chevelure. Lors de ces deux heures de cours, je me suis retrouvée avec deux femmes dont l’une avait déjà perdu ses cheveux. Je l’ai trouvée très belle, et cela m’a donné un peu de courage pour la suite.

Mon regard de battante

L’esthéticienne bénévole qui animait l’atelier nous a expliqué comment rester féminines et avoir bonne mine en dépit de la maladie. Elle nous a montré les astuces simples et concrètes par lesquelles on peut dissimuler les effets visibles du traitement médical. Au nombre de ces conseils précieux, j’ai appris à dessiner mes sourcils, que je n’allais pas tarder à perdre. Et nous sommes reparties avec une trousse de maquillage pleine de produits offerts par les marques qui soutiennent cette action. Ce cadeau m’a mis du baume au cœur et m’a été d’un grand secours, les mois suivants.

Acquérir de telles techniques m’a permis de traverser plus sereinement cette épreuve. Car, si le fait d’être pimpante et de se sentir bien dans sa peau est primordial, en général, pour la confiance et l’estime de soi, c’est plus essentiel encore dans cette période où l’on se sent si fragile. N’avoir pas à «porter ma maladie sur la figure» m’a libérée d’un grand poids. Cela m’a évité de rester recluse à la maison. J’ai continué, autant que faire se pouvait, à travailler et à avoir une vie sociale. Le plus drôle, c’est qu’on m’a plusieurs fois complimentée sur ma bonne mine!

Cela dit, le but de cette démarche n’est pas vraiment de cacher qu’on est malade – même si je déteste qu’on s’apitoie sur mon sort. Il s’agit plutôt de faire en sorte que notre image continue à correspondre à notre caractère… De battante, dans mon cas!

Muriel, 46 ans, guérie

«Une double mastectomie pour rester en vie»


©Charles-Élie Lathion

Après avoir vaincu un cancer du sein à 37 ans, je pensais en avoir fini avec le crabe. Mais, il y a 5 ans, j’ai découvert une boule dans mon sein gauche. Vu mes antécédents familiaux – plusieurs de mes tantes et cousines ont été touchées par cette maladie – le médecin m’a fait passer un test de dépistage génétique. Oui, j’étais porteuse du gène BRCA1, gène héréditaire favorisant les cancers du sein et des ovaires. J’en avais déjà énormément bavé la première fois avec la chimiothérapie et la radiothérapie… Je ne me sentais plus le courage de me battre. Et je me suis dit: «Cette fois, j’abandonne.»

Donner la vie ou rester en vie?

Heureusement, une amie infirmière m’a encouragée à m’accrocher. Mais, après avoir subi une tumorectomie, ablation partielle du sein atteint, je me suis retrouvée confrontée à un choix très difficile. Avec la mutation de mes gènes, il y avait une forte probabilité de développer un autre cancer. Enlever ce qui restait de ma poitrine ainsi que les ovaires et les trompes pouvait réduire d’environ 90% les risques de récidive. Etais-je prête à vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête? La décision était d’autant plus difficile que je n’avais pas encore eu d’enfants. En acceptant de «mutiler» mon corps, j’allais devoir faire le deuil de la maternité. Après quatre jours d’intense réflexion, j’ai finalement choisi la vie.

L’intervention chirurgicale a eu lieu un 1er novembre – une Toussaint bien particulière... Quand je me suis réveillée dans mon lit d’hôpital, j’étais soulagée qu’on ait ôté de moi ces «parties malsaines». Mais je n’étais pas prête à affronter mon reflet dans le miroir. Je n’avais pas envie de me voir sans seins, avec des cicatrices. Je ne voulais pas garder cette image en tête. La responsable d’une boutique de lingerie spécialisée m’a alors donné un soutien-gorge avec des prothèses, car j’allais devoir patienter 6 mois avant de subir une reconstruction mammaire. Une période très pénible à vivre. J’avais l’impression de ne ressembler à rien: avec une dizaine de kilos en moins, sans poitrine, je ne me sentais pas du tout femme.

Chronique d’une renaissance

Afin de pouvoir procéder à une reconstruction par DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator), technique qui consiste à prélever du tissu adipeux de l’abdomen afin de le «rebrancher» au niveau de la poitrine, j’ai été suivie par une diététicienne. Elle m’a prescrit un régime spécial pour que je reprenne du poids. Il fallait absolument que je grossisse pour avoir suffisamment de chair. A raison de 5 repas caloriques par jour, j’ai réussi à prendre 3 kilos en 6 mois. Relativement récente en Suisse, cette opération reconstructrice recourt à la microchirurgie pour raccorder les minuscules vaisseaux sanguins du lambeau à ceux situés à l’emplacement du nouveau sein. Après 12 heures d’intervention, j’étais une nouvelle femme. Et quel choc quand j’ai pu contempler ma nouvelle poitrine! Pour les mamelons, j’aurais encore dû subir une greffe de peau ou procéder à un tatouage, mais j’ai décidé d’en rester à ce stade – je n’ai plus trop envie de revenir en bloc opératoire…

Suite à cette maladie, j’ai changé d’orientation professionnelle. J’ai ouvert un cabinet de conseil en images et je m’occupe, entre autres, d’accompagner les femmes atteintes d’un cancer du sein ou qui ont traversé cette épreuve. Comme les médecins et les chirurgiens plastiques l’ont été pour moi, je suis à mon tour là pour les autres.

Alexandra, 38 ans, en rémission

«Je veux me donner une chance d’avoir un bébé»


©Charles-Élie Lathion

A 35 ans, j’ai appris que j’avais un cancer de stade 4. Une des premières questions posées à mon médecin fut de savoir si je pourrais avoir des enfants, car j’étais dans une période où j’envisageais de fonder une famille. L’une des solutions? Congeler des ovocytes. Mais dans mon cas c’était impossible: il aurait fallu, avant le prélèvement, un mois de stimulation ovarienne, ce que l’urgence de la situation ne permettait pas: la priorité du corps médical était de me «sauver la vie». Deux semaines plus tard, je subissais donc une mastectomie, suivie d’une reconstruction mammaire. Puis j’ai entamé les séances de chimiothérapie. Pour mettre de mon côté toutes les chances de devenir maman un jour, et après en avoir discuté avec mon oncologue, j’ai pu obtenir un traitement au GnRH, médicament qui provoque une mise au repos des ovaires. Après un an d’immunothérapie, mon chemin de croix était encore loin d’être terminé, puisque je devais enchaîner avec un traitement d’hormonothérapie durant 5 ans afin de prévenir tout risque de récidive. Un bilan sanguin m’a ensuite rassurée: j’avais encore une réserve ovarienne, ce qui m’a incitée à arrêter provisoirement l’hormonothérapie et, avec l’accord de mon oncologue, à me rendre chez une spécialiste de la fertilité. Celle-ci m’a prescrit un programme de stimulation ovarienne, dont des injections d’œstrogènes durant dix jours. Malheureusement, mon corps n’a pas réagi. J’étais très déçue.

Jamais sans enfant

La doctoresse m’a alors parlé du don d’ovocytes, interdit en Suisse, où les ovocytes d’une donneuse anonyme sont fécondés in vitro avec le sperme du conjoint. Mettre au monde un bébé qui n’aurait pas mes gènes? D’abord, ça m’a paru hors de question! Puis ma réflexion a évolué. La spécialiste, mère de quatre enfants, m’a en effet raconté combien chacun était différent des autres, par le physique comme par la personnalité. A l’entendre, c’est d’abord l’amour qu’on donne à son enfant qui le rend unique à nos yeux. J’ai été touchée par cette façon de voir.

Avant d’en venir à cette option, je souhaite toutefois tenter d’être mère de manière naturelle. Malgré les risques, je viens donc d’interrompre à nouveau mon traitement. Avec cette maladie, mes priorités ont changé et je désire plus que jamais avoir un bébé à moi. Bien sûr, je regrette parfois de ne pas avoir fondé une famille plus tôt, mais j’étais dans d’autres projets. Ce foutu crabe m’a prise de court et volé un temps précieux. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas encore fait le deuil d’un enfant biologique. Je me donne 2 ans pour tenter de devenir maman en laissant les choses se faire. J’espère que la vie m’offrira ce bonheur immense.

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