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Camelia ne renoncerait pour rien au monde à son bikini intégral. «Une amie m’en avait parlé et j’ai eu envie d’essayer. Honnêtement, c’est génial. Je me sens plus libre ainsi, plus belle aussi.» La jeune femme de 29 ans est loin d’être la seule: aux Etats-Unis, une femme sur 5 est adepte de cette pratique, révèle une étude parue en juin 2016 dans la revue dermatologique «Jama».

Il n’existe pas de chiffres pour la Suisse, mais les spécialistes interrogées constatent toutes une évolution qui va dans le même sens. «Aujourd’hui, les maillots «simples» (épilation de ce qui dépasse de la culotte uniquement, ndlr) sont beaucoup plus rares, ils représentent environ 10% de notre clientèle, estime Ilanit Berrida, fondatrice du Sérail de Jade et du Wax Bar. Le semi-intégral et intégral sont bien plus fréquents.» Et les ados suivent le mouvement: «les clientes de 15-16 ans qui nous demandent ce type d’épilation sont de plus en plus nombreuses», poursuit-elle.

«Une société pédophile» pour Axelle Red

D’où provient cet attrait pour le «zéro poil»? En mars 2016, Axelle Red avait jeté un pavé dans la marre en affirmant que «l’épilation intégrale était le résultat d’une société pédophile. Quand on voit les signes de beauté qu’on a dans notre société, ce sont très souvent des signes d’enfance. Les filles ne savent plus si elles ont le droit d’avoir un poil», avait-elle déclaré sur le plateau de «On n’est pas couché», l’émission de Laurent Ruquier.

Comme le dit la chanteuse belge, la pornographie est souvent citée comme source d’influence. «L’accès facilité aux images pornographiques et la façon dont sont présentés les sexes dans ces productions jouent un rôle, abonde Martine Jacot-Guillarmod, gynécologue au CHUV. Les femmes sont victimes de fantasmes d’identification et jugent qu’il faut être épilée de la même manière pour séduire.» Le phénomène est davantage lié à la mode qu’à la culture: on n’assiste pas (encore?) à une transmission mère-fille à ce niveau. «Les ados parlent entre elles, s’influencent les unes les autres. Cela entre progressivement dans les mœurs.»


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Plus de confort et de sensations

Précédant la mode, Aline Bersier a ouvert un cabinet d’esthétique spécialisé dans l’épilation intégrale il y a dix ans, Aline Beauté à Bussigny. «Je me suis lancée car j’ai remarqué que très peu d’esthéticiennes le faisaient, beaucoup s’arrêtaient sur des tabous, des principes.» Depuis son ouverture, l’institut ne désemplit pas. Homme et femme, chauffeur de poids lourds comme avocate, ado de 16 ans et grand-père de 80 ans se pressent pour se faire épiler cette zone sensible. «Les avantages sont innombrables: plus de confort, de sensations, une manière de se sentir plus propre ou de maîtriser sa pilosité, etc.»

Pourtant, épiler ainsi son sexe n’est pas anodin. «Les poils ont toujours une raison d’être, explique Martine Jacot-Guillarmod. Ils ont une fonction de défense de la peau.» En les retirant, on risque des lésions, des irritations chroniques et l’on favorise les poils incarnés, ce qui peut donner lieu à des furoncles et des follicules. «La vulve est une zone très sensible, l’agression que représente l’épilation n’est pas quelque chose que nous recommandons. De plus, les éventuelles lésions causées sont une porte d’entrée pour les virus et autres infections sexuellement transmissibles.» Lorsque des patientes arrivent dans le cabinet de la spécialiste en n’étant pas épilées, beaucoup s’en excusent. «Je leur dis toujours qu’il n’y a aucun besoin de s’épiler. Cela n’est pas plus hygiénique, bien au contraire.»


©Getty Images

De plus, il y a un autre effet collatéral: cela fait ressortir l’aspect visuel de son sexe qui, comme nous le rappelions dans l’article «Et si on faisait la paix avec notre vagin», est l’objet de toujours plus de complexes. «Beaucoup de femmes se questionnent sur la taille de leurs petites lèvres, révèle la gynécologue du CHUV. Le fait d’épiler entièrement cette zone accentue cette perception et favorise le mal-être.»

Les hommes et les sexes épilés

Malgré les risques encourus, Astrid, 22 ans, continuera d’opter pour le bikini intégral. «Lorsque l’on a essayé, c’est très dur de revenir en arrière. Et les rapports avec mon mec sont vraiment différents depuis: j’aime cette sensation de peau contre peau. Et lui aussi préfère me voir comme cela.» Selon une étude française datant de 2013, 12% des hommes auraient une préférence pour les sexes féminins dénués de tout poil.

Pour celles qui, comme elle, souhaiteraient tenter l’expérience, Aline Bersier conseille de bien se renseigner sur l’institut choisi: «C’est quelque chose de très intime, il faut trouver la bonne personne pour l’exécuter, aller sur des forums et demander l’avis d’autres personnes. Outre les règles d’hygiène essentielles, il faut établir une relation de confiance avec l’esthéticienne et oser lui parler de ses craintes.»

Et vous, êtes-vous adepte de l’épilation intégrale? Pour quelles raisons? Ou, au contraire, refusez-vous de céder à cette mode? Racontez-nous votre expérience dans les commentaires!

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