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Comment le confinement a changé nos rapports aux écrans

Comment le confinement a change nos rapports ecrans

Côté ados, leur mode de vie hyper-connecté étant devenu la norme, ils sont comme des poissons dans l’eau, alternant session de gaming et teufs sur Houseparty. «Nous vivons un paradoxe, car les adolescents ont finalement inventé ce moyen de rester en contact. Les parents rattrapent le train en marche.» décrypte Niels Weber, psychologue psychothérapeute FSP.

© Getty Images

Education

Avant

«Lâche ton ordi et va travailler!» Voici la phrase classique prononcée par les parents au moment des devoirs. Chronophages, vides de sens, vecteurs de contenus pas franchement intelligents voire carrément hors la loi… au cœur du foyer, les écrans étaient persona non grata. Du côté des enseignants, pas mieux: comment enrichir l’esprit des élèves et les faire lâcher leur écran pour un bouquin?

Maintenant

Dès les premiers jours de confinement, l’école s’est organisée via ordinateurs et tablettes (avec quelques couacs) pour maintenir le lien et continuer à activer les méninges des élèves. Et la RTS s’est mobilisée. Tania Chytil a mis la plateforme éducative en ligne RTS Découverte, qu’elle dirige, et ses compétences d’animatrice pour monter, en télétravail, l’émission quotidienne Y’a pas école? élaborée en fonction du plan d’étude romand et en collaboration avec la CIIP. Ravie des retours et de ses bonnes écoutes, la journaliste précise:

«L’éducation à la TV, ça n’est pas l’école, c’est un outil pour accompagner les enseignants.»

Santé

Avant

La guerre faisait rage autour de l’arrivée des sites ou applis de téléconsultation et les pros de la médecine voyaient d’un œil critique la multiplication de ces rendez-vous 2.0.

Maintenant

Dès le début du confinement, consigne a été donnée aux médecins de limiter l’accès de leurs cabinets aux urgences. Pour continuer à suivre leur patientèle, ils ont dû multiplier les consultations à distance via téléphone ou vidéo. Jean-Gabriel Jeannot, médecin généraliste à Neuchâtel et passionné d’innovation médicale, utilisait déjà le mail et le téléphone en complément de ses consultations. Aux échanges téléphoniques plus nombreux, s’est ajoutée la vidéo: «Cela apporte un plus, une proximité, une intimité, notamment dans des rendez-vous avec une dimension psychologique.» Quant à l’appli de traçage numérique envisagée pour endiguer l’épidémie, le médecin reste prudent:

«Il faut voir si c’est vraiment utile, si la protection des données est assurée et, surtout, si une fois le danger éloigné, les pouvoirs publics sauront la débrancher».

Travail

Avant

En Suisse, environ un quart des actifs pratiquaient le travail à distance. Cette possibilité était de plus en plus souvent offerte par les PME, qu’elles soient véritablement convaincues de son bien-fondé ou désireuses de ne pas passer pour rétrogrades. Toutefois, la méfiance restait de mise.

Maintenant

Devant l’inquiétante progression de la pandémie, l’OFSP a, dès début mars 2020, évoqué l’intérêt du home office en publiant notamment un manuel sur le sujet destiné aux PME. Dès les premiers jours du confinement, celui-ci a été généralisé autant que possible pour endiguer l’épidémie et pour permettre aux parents de rester à la maison surveiller les enfants après la fermeture des écoles. Pour faciliter la vie de tous ces cols blancs, les applis mobiles de télétravail ont explosé. Selon les données de l’analyste spécialiste du marché applicatif App Annie, les solutions de télétravail comme Microsoft Teams, Zoom, Skype, Hangout ont, à la mi-mars 2020, remplacé les jeux dans le classement des applis gratuites les plus téléchargées sur iOS.

Rencontres

Avant

Pratiques, rapides, relativement sûres, les applis ou les sites de rencontre en ligne cartonnent depuis longtemps. En Suisse, selon les chiffres de l’OFS, 30% des couples se sont constitués grâce à ce mode de dating.

Maintenant

Café, bar et restaurants fermés, impossibilité de se réunir à plus de cinq personnes… dur pour les célibataires de trouver l’amour aux temps du coronavirus. Si, repli sur soi oblige, la fréquentation des sites de rencontre a chuté dans les quelques jours qui ont suivi l’annonce des mesures contre l’épidémie, les chiffres ont rapidement repris l’ascenseur et, le 29 mars 2020, Tinder a enregistré 3 milliards d’interactions dans le monde, soit le plus grand nombre de swipes quotidiens depuis son lancement, en 2012. Stella Zeco, communicante pour le site Parship, confirme:

«Parship a connu une augmentation significative des nouvelles inscriptions et, le 22 avril 2020, nous avons lancé la nouvelle fonction de rencontre vidéo pour entrer en contact avec d’autres clients de manière visuelle.»

Culture

Avant

Se cultiver, c’était d’abord sortir de chez soi, qu’il s’agisse de voyager, de passer la porte d’un musée ou d’une galerie, d’aller s’asseoir dans un ciné, de vibrer devant un concert ou un opéra ou simplement d’aller dans une librairie pour acheter un bouquin.

Maintenant

Les lieux de culture n’étant pas considérés comme de première nécessité, ils ont baissé le rideau. Résultat, un bond des plateformes de streaming comme Disney + qui, lancé en pleine épidémie, comptabilise déjà autant d’abonnés que Netflix en sept ans. Alors que les musiciens et chanteurs au chômage technique multiplient les lives sur les réseaux sociaux, les musées, du Louvre au Moma, proposent désormais des visites virtuelles. Côté livres, certains libraires ont mis en place la livraison à domicile pour nourrir les accros qui n’ont pas basculé vers le numérique. La tendance est confirmée par Anne Niederoest, chargée de la communication chez Payot:

«Les chiffres de vente d’e-books ont été certes multipliés par 5, mais ne représentent que 4 à 5% des ventes sur payot.ch»

Vie sociale

Avant

Une pause autour de la machine à café avec ses collègues. Un after work au bar d’en face. Un resto entre copines. Une raclette party. Une soirée à attendre le retour de fête de l’aînée… c’était la vie d’avant.

Maintenant

Zoom, Hangout, Skype ou WhatsApp, notre vie sociale n’existe désormais qu’à travers les écrans: cours de sport en ligne et atelier de cuisine s’enchaînent entre deux skypapéros. Côté ados, leur mode de vie hyper-connecté étant devenu la norme, ils sont comme des poissons dans l’eau, alternant session de gaming et teufs sur Houseparty. Pour Niels Weber, psychologue psychothérapeute FSP lausannois, spécialiste de l’hyper-connectivité,

«Nous vivons un paradoxe, car les adolescents ont finalement inventé ce moyen de rester en contact. Les parents rattrapent le train en marche.»

Ce qui n’empêche pas l’inquiétude par rapport au temps passé devant les écrans de demeurer. «En cette période, il faut plutôt essayer de surveiller quel jeu ou quel réseau social convient à quel moment de la journée», conseille le psy.

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