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Ces icônes résistantes qui défient les hommes

Egeries Manifestante Accroche

Tess Asplund, noire et sans autre défense que son poing levé.

© Anders Henrikson/Flickr

Ils s’étaient rassemblés pour causer un peu rudement du Général Lee, ils se sont dispersés avec sur les lèvres un tout autre nom: Heather Heyer. Venue s’opposer pacifiquement à la marche des suprémacistes blancs à Charlottesville le 12 août 2017, la jeune femme de 32 ans est brutalement morte d’avoir voulu défendre ses idées, tuée par la voiture folle d’un manifestant ultra-conservateur qui a foncé dans la foule. Visage d’angelot roux, sourire timide un peu en coin, regard bordé de fines taches de rousseur, elle est depuis devenue le symbole de la résistance à la haine raciale et masculiniste qui s’est décomplexée dans le monde depuis la campagne de Donald Trump. La première à décéder dans la rue, mais pas à se voir hissée au rang d’égérie combattante d’un pouvoir autoritaire, qu’il vienne des hommes ou des Etats. Ces derniers mois ont en effet été riches en figures féminines audacieuses, défiant par leur simple présence centuries de policiers en mode Robocop ou hordes de néo-nazis. Voici 8 de ces récentes «Liberté guidant le peuple» immortalisées par les photojournalistes.

14 août 2017, Marianne Rubin, New York (Etats-Unis)

Photographiée par sa petite-fille et remarquée par la chaîne CBS, cette survivante de l’Holocauste a voulu défiler dans la rue malgré ses presque 90 ans. Dans sa ligne de mire? Les marches de suprémacistes blancs, néo-nazis et autres sympathisants du klu klux klan qui ont rythmé certaines villes du sud américain durant le week-end. Le message est clair: les fascistes ne sont pas les bienvenus, même dédouanés par le président.


© Instagram mariannerubin

29 juillet 2017, Marche des femmes, Istanbul (Turquie)

Des centaines de Stambouliotes massées dans les rues de la cité sur le Bosphore… et des shorts en jean en guise d’étendards. Ce dernier samedi de juillet, la soupape explose après un trop-plein de sinistres agressions commises sur des femmes jugées pas assez correctement vêtues. L’une d’elles, Canan Kaymakci, avait dû subir des harcèlements de la part d’inconnus qui lui reprochaient «d’exciter les gens» par sa tenue – l’un de ces fameux shorts. Aysegul Terzi, de son côté, venait de se faire molester dans un bus par un passager choqué de voyager avec une femme à la garde-robe qualifiée de «diabolique» – un short, là encore… Sans oublier la gay pride, programmée à Istanbul fin juin, finalement annulée par les autorités. Contre ce climat d’interdits soudains et oppressants, les voix féminines ont finalement tonné en Turquie. Avertissements pour signifier que, désormais, toute attaque sera synonyme de réaction.


© Getty Images

8 mai 2017, Caterina Ciarcelluti, Caracas (Venezuela)

Voilà des mois que le gouvernement de Nicolas Maduro doit contenir les protestations d’une partie du peuple vénézuélien, qui réclame une profonde réforme du chavisme ayant fini par mener le pays au bord du gouffre. Parmi ces manifestants dont beaucoup risquent tout simplement leur vie (plus d’une centaine l’ont déjà perdue en 2017), on remarque les actions culottées d’une certaine Caterina Ciarcelluti, 44 ans. Ancienne mannequin, celle que les médias de l’opposition surnomment désormais Wonder Woman arbore fronde, casque et masque à gaz, mettant à profit sa silhouette ultra-sportive pour mener des assauts musclés contre des forces de l’ordre parfois sans pitié. Les partisans d’un Venezuela plus libéral en ont évidemment fait leur mascotte.


© Instagram caterinakt

1er mai 2017, Lucie, Brno (République tchèque)

On ne connaît que son prénom. On pense aussi savoir qu’elle est scout. Mais en dépit de cette carte d’identité peu volubile, Lucie est vite devenue une icône anti-fasciste sur le web. Lors d’une démonstration des plus virulents membres de l’extrême-droite tchèque dans la ville de Brno, la jeune fille est venue à leur rencontre pour tenter de débattre avec eux. Si la situation était tendue, possiblement prête à dégénérer, et encadrée par les fusils nerveux des forces de l’ordre, cette scout plus petite que la plupart des belligérants n’a pas bronché. Son morceau de bravoure a été encensé sur les réseaux sociaux de toute la planète, en particulier sur Reddit.


© Vladimír Čičmanec

1er mai 2017, Tess Asplund, Borlange (Suède)

Noire et sans autre défense que son poing levé, face à 300 néo-nazis blancs qui marchent vers elle. Par ce geste puissamment symbolique – et risqué – Tess Asplund, habitante de la d’habitude tranquille ville de Borlange au centre de la Suède, a aussitôt été désignée héroïne de la lutte anti-fasciste par les utilisateurs des réseaux sociaux. «Regardez ce que cette femme a fait. Tess Asplund, tu es magnifique» tweetait d’ailleurs quelques jours plus tard J.K. Rowling, auteure de la saga Harry Potter. En effet, difficile de ne pas frissonner devant la photo de cette jeune femme qui défie à elle toute seule un bataillon de mâles extrémistes.


© Anders Henrikson/Flickr

20 avril 2017, Jessica Laycock, Washington D.C. (Etats-Unis)

Manifestant certes pour une cause un peu moins vitale que d’autres (le droit à consommer de la marijuana dans tous les Etats-Unis), Jessica Laycock est rapidement devenue «la fille en robe rouge» après une arrestation devant le capitole finalement jugée illégale. Et pour cause: si aucune loi fédérale n’autorise la détention d’herbe, la législation du district de Washington tolère une certaine dose par personne avant que la justice s’en mêle. Ici, la jeune femme, même fumant ouvertement un joint à quelques dizaines de mètres du prestigieux monument américain, était bien dans son droit. Il n’y a pas de petites libertés, surtout au pays qui en a fait son credo…


© Instagram jcock415

8 avril 2017, Saffiyah Khan, Birmingham (Royaume-Uni)

La cinquantaine de membres de la English Defence League, une formation politique anti-musulmane, croyait pouvoir marquer les esprits en défilant au cœur de la ville de Birmingham, début avril. Raté. L’événement a connu un retournement radical lorsqu’une jeune femme, Saffiyah Khan, par sa peau et son nom – cible pourtant toute désignée des manifestants d’extrême-droite – a surgi devant les objectifs. Elle et ses amis surveillaient les lieux quand une femme voilée a été prise à partie par plusieurs hommes du groupuscule. Attendant que la police intervienne – en vain – Saffiyah s’est finalement interposée pacifiquement entre la victime et le leader du mouvement, visiblement agité. Le visage souriant et les mains dans les poches, l’attitude décontractée, quasi surréaliste de la jeune Anglaise face aux extrémistes a pu être saisie par un photographe de presse. Un cliché déjà culte pour célébrer cette audace féminine qui aura eu raison des vitupérations néo-nazies.


© BBC

10 juillet 2016, Ieshia Evans, Baton Rouge (Etats-Unis)

«Je me tiens debout, je ne dis rien, je ne fais rien. Les policiers qui m'interpellent ne m'ont rien dit, c'était le silence, rien que le silence.» Quelques jours après les morts consécutives de deux hommes noirs, abattus en Louisiane et dans le Minnesota par les forces de l’ordre, une infirmière de 28 ans prend part à la manifestation qui se tient à Baton Rouge en mémoire des victimes. Si certaines marches similaires ont donné lieu à des débordements dans d’autres villes américaines, celle de la capitale de la Louisiane est pacifique. Recueillie. Loin de constituer une menace. Mais Ieshia Evans, simplement vêtue d’une robe longue, sans rien porter dans les mains, et qui se tient en première ligne devant le mur de policiers, est jugée trop audacieuse. Deux pandores armés jusqu’aux oreilles surgissent soudain pour l’arrêter. Sans trop de difficulté, puisque la jeune manifestante se laisse faire, comme détachée de l’événement. Moment surréaliste heureusement capté par un photographe de l’agence Reuters, qui sent aussitôt avoir assisté à un épisode iconique de ces mouvements contre les violences policières.


© BBC

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