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    #FemmeFemina: Lauriane Gilliéron, ex Miss Suisse audacieuse

    La Romande devenue actrice doit beaucoup à ses grands-parents. Elle s’inspire aussi des conseils d’un certain George Clooney pour tracer sa route à Hollywood.

    Publié le 
    4 Juin 2017
     par 
    Anne-Catherine Renaud

    C’était il y a onze ans. Le 17 septembre 2005, Lauriane Gilliéron est couronnée Miss Suisse. Elle a 21 ans, affiche une blondeur ingénue, un port de princesse et une moue un brin insolente. En une soirée, la belle Romande, domiciliée à Prilly (VD), s’est retrouvée avec le pays à ses pieds. Forte de son sacre, elle se présente ensuite à l’élection de Miss Univers et monte sur la troisième marche du podium: le meilleur résultat de tous les temps pour une Suissesse! La consécration. «Le concours s’est déroulé à Los Angeles, pour moi, cela a été le déclic», raconte-t-elle. Prête à avaler le monde, Lauriane Gilliéron prend conscience que tout se passe en Amérique. Elle boucle ses valises et part s’installer à L.A., afin de réaliser son rêve, immense: devenir actrice à Hollywood.

     

     

    Neuf ans plus tard, son bagage enrichi de rôles pour la télévision, de publicités et de castings tous azimuts, elle revient en Suisse tourner une série, «Quartier des banques», que la RTS diffusera en fin d’année 2017. Sa silhouette longiligne est toujours celle d’une star, mais elle a troqué le blond pour le brun. Et son regard laisse percevoir une certaine maturité. A 32 ans, Lauriane Gilliéron est devenue une femme qui affirme ses choix.

    Amie des animaux

    «Je ne vous sortirai pas de noms de grands couturiers, car cela m’est bien égal. La mode ne m’inspire pas particulièrement, nous affirme d’emblée la comédienne. Comme je suis végane et totalement acquise à la cause des animaux, je ne porte ni cuir, ni fourrure, ni plumes, ni daim.» Cette mise au point la ramène par un chemin détourné à son enfance, durant laquelle ses grands-parents maternels, qu’elle appelle Api et Ami, ont joué un rôle essentiel. «Ma plus grande source d’inspiration, je la trouve dans la nature et ce sont eux qui m’y ont sensibilisée. Ils vivaient dans une ferme avec trois poneys, des lapins, trois chats, et «Roméo» le coq. A 7 ans, j’ai décidé d’être végétarienne.»

    Aujourd’hui encore, les animaux lui procurent un réconfort essentiel dans un quotidien rythmé par la course effrénée aux castings. «Depuis cinq ans, je vis de mon métier, mais cela m’a pris du temps pour croire en moi. J’ai dû dompter ma timidité – assimilée souvent à de la froideur – et composer avec ces jours où l’on entend que des «non». Il y a cent filles qui se présentent pour un rôle, vous avez bossé une semaine sur un texte et ceux qui vous écoutent mangent leur sandwich devant vous. C’est assez ingrat, parfois humiliant. Du coup, pour moi, le contact avec les animaux est thérapeutique. Le samedi, je vais dans un refuge, «The Cat’s Meow Animal Rescue», où je nettoie les caisses et prends soin des chats abandonnés. Lorsque je croise leur regard, j’ai l’impression de voir leur âme. Ils m’inspirent calme, compassion et sagesse.»

    Pas étonnant, donc, que dans la liste de ses héroïnes, Lauriane Gilliéron mette en bonne place la primatologue anglaise Jane Goodall, spécialiste des chimpanzés. «Elle a été très critiquée parce qu’elle les assimilait aux humains. Mais c’était une pionnière, s’exclame l’ex-Miss Suisse. Pour protéger les animaux, il faut être jusqu’au-boutiste, comme l’association PETA ou la Neuchâteloise Tomi Tomek. Je n’ai plus de seuil de tolérance pour la bêtise humaine.» A Los Angeles, la Vaudoise vit en compagnie de trois chats, qu’elle a ramenés du refuge, et du chien de son ami, Matthew: «J’ai eu la chance de quitter mon appartement pour emménager dans la maison avec jardin de Matt, à North Hollywood. Je ne pourrais pas vivre entre les gratte-ciel de New York. Le vert est ma couleur favorite».


    Lauriane Gilliéron. ©Charles-Elie Lathion/Mise en beauté: Francis Ases; Stylisme: Kate Schurch

    Deux Mômes: Marion et Piaf

    Lauriane Gilliéron porte un regard lucide sur son parcours à Hollywood. «Ce n’est pas facile, mais je trace mon chemin, constate-t-elle. S’il y a une trajectoire d’actrice qui me donne des ailes, c’est celle de Nicole Kidman. Elle a su évoluer avec l’âge et trouver des rôles forts à près de 50 ans. Certes, elle s’est métamorphosée, mais je la trouve de plus en plus belle. Marion Cotillard aussi me touche énormément. Alors que les rôles lui sont offerts sur un plateau, elle reste nature et d’une humilité rare. Je l’ai rencontrée, en 2008, à une soirée avant les Oscars et j’ai tenu à la féliciter pour sa performance dans «La Môme», où elle joue Edith Piaf. Voilà d’ailleurs une autre femme qui me bouleverse. Piaf a toujours gardé une grande force de survie, malgré tous les brise-cœurs qu’elle a vécus.»

    Côté masculin, la belle Romande avoue avoir fait son miel des conseils prodigués par George Clooney, quand elle a tourné avec lui un spot pour Nespresso. «Il m’a encouragée, m’a affirmé qu’il avait mis dix ans pour réussir, en tournant parfois des navets dont il avait honte aujourd’hui. Il a pris du temps pour moi. Par contre, pour figurer dans la pub à ses côtés, j’ai passé un casting comme tout le monde! Ils se fichent de Miss Suisse à Hollywood. Là-bas, je ne suis personne.» Même si elle ne se départ jamais de son beau sourire, on perçoit parfois comme un voile dans sa voix. Pourtant, Lauriane, frêle mais pas fragile, a le coffre pour se confronter à l’inconnu. «Je veux aller jusqu’au bout de mon rêve et je n’envisage pas de rentrer en Suisse, lance-t-elle. Mon envie n’est pas d’être une star à l’américaine. Tout ce que je souhaite, c’est incarner des personnages forts, de vivre de ma passion et de continuer à jouer.»

     

     

    Ce qui la dope Mon métier, qui me passionne et me donne la chance incroyable de vivre des vies qui ne sont pas les miennes.

    Son don inattendu J’ai de l’empathie pour tous les êtres, les humains comme les animaux. Je cherche à mieux les comprendre.

    Sur sa shamelist Je suis bordélique! Je ne me sens bien que quand il y a des piles de choses à moi partout.

    Son dernier fou rire Avec Laure, ma meilleure amie. On se connaît depuis nos 13 ans. Je suis la marraine de sa fille.

    Son buzz Roger Federer, qui est revenu en force, en ce début d’année, en remportant l’Open d’Australie à 35 ans. Il a vraiment ça dans le sang! Son mental m’impressionne et m’inspire; si je ne crois pas en moi, personne ne le fera. Comme lui, j’aimerais réussir en sachant rester humble.

    Sa news Femme Malala, Prix Nobel de la paix à 17 ans. Cette militante pakistanaise lutte pour l’éducation des filles sous le régime taliban et se bat pour la liberté d’expression des femmes. Le fait qu’on lui a tiré dessus m’a bouleversée. La sagesse se lit sur son visage, qui semble celui d’une adulte.

    Son actu La nouvelle série de la RTS, «Quartier des banques», qu’elle a tournée de février à mi-avril 2017 à Genève avec Vincent Kucholl et Brigitte Fossey. Elle y joue le rôle de Virginia, l’épouse du banquier Paul Grangier, retrouvé inconscient… Les 6 épisodes seront diffusés en fin d’année 2017.

     

     


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