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Catherine Ringer: «Senior? J’adore!»

Charles freger web

Catherine Ringer, qui sort l'album Chroniques et Fantaisies, sera à Lausanne le 2 décembre 2017.

© Charles Freger

Les cheveux grisonnent un peu. Bien sûr. Mais Catherine Ringer s’en moque. Dans son nouvel album, sorti le 3 novembre 2017, elle le chante d’ailleurs haut et fort et pousse un joyeux coup de gueule: «Senior, j’adore!» Car oui, la chanteuse des mythiques Rita Mitsouko, 60 ans tout juste, est en paix avec son âge. Mieux: elle le revendique et s’agace du jeunisme ambiant, un phénomène qui la travaille depuis des années: «Par le passé, on avait plutôt le culte des anciens, on valorisait la sagesse et la connaissance. Là, c’est comme si on avait tout oublié!» Alors quoi, c’était mieux avant? La réponse claque: «Non!»

Le regard intense, souple et féline, elle reprend: «En vieillissant, on perd en élasticité de peau, en beauté ou en performance physique. Et puis quand on est une femme, on nous parle d’horloge biologique, de baisse du pouvoir de séduction et tout ça. Or, il y a tant d’autres choses qui arrivent!

«C’est dommage et anxiogène de s’autopersuader qu’on ne vaut plus rien au-delà de 30 ans.!»

Suivre ses envies

Ses mains virevoltent avec une grâce de danseuse. Elle insiste: «Il est important de réaliser que toutes les périodes de la vie sont belles: on naît, on grandit et, à mesure qu’on avance, notre vision évolue, on monte en niveau, comme dans un jeu vidéo! En plus, on peut même s’améliorer et, si nécessaire, se remodeler en travaillant sur ce qu’on n’aime pas trop en nous: c’est beau et ça vaut le coup, non?» Certes. Mais l’issue est fatale… «Et alors? Personnellement, je ne veux pas vivre indéfiniment: je ne suis pas candidate à l’immortalité!», lâche-t-elle en riant. Bref, comme le résume cette adepte du yoga et de la méditation: profitons de l’instant présent!

Message reçu… avec une petite question, pourtant: pourquoi les douze titres qu’elle a écrits pour Chroniques et fantaisies se déclinent-ils donc tous en mode vintage? Catherine Ringer rigole.

«Oui, c’est vrai, ça peut paraître paradoxal. En fait, j’ai fait ce que je sais faire et j’ai simplement suivi mes envies: un jour, il me fallait un truc funk, le lendemain je partais sur la réinterprétation d’un menuet classique ou sur un simple bruit de moteur… Tout ce que je voulais, c’est que ce soit dansant. Cela dit, si je compose avec quelqu’un qui me propose d’autres directions, eh bien j’irai!»

Toute la musique qu'elle aime...

C’est qu’elle est libre, Catherine Ringer. Viscéralement. Même si elle estime n’avoir pas grand mérite – «Je viens d’une famille dans laquelle il y avait une liberté folle et j’ai été éduquée comme ça!» –, elle assume fièrement ses choix, ses goûts, son éclectisme, notamment musical. Et la sexygénaire d’expliquer alors qu’elle apprécie, en vrac, «la techno, les voix, la flûte à bec, la musique orientale, les vieilles chansons du Moyen Age, le baroque ou Neil Young…» Elle poursuit: «Il faut que ça me touche: je ne me pose pas de questions quant à savoir si c’est bien ou mal pensant. Du coup, je peux aussi bien aimer un chanteur de variétés qu’un truc très pointu. J’adore, par exemple, ce qui se fait aujourd’hui: des rythmes synthétisés un peu robotiques et répétitifs, avec uniquement des angles droits: ça correspond bien à notre époque et, en plus c’est assez dansant. Ça pousse à la transe et j’aime ça!»

Douleur et espoir

Autant dire que la nostalgie passéiste, très peu pour elle. Et même si Fred Chichin [ndlr: son mari et partenaire des Rita Mitsouko, mort en 2007 d’un cancer] et «les êtres disparus» lui manquent, lance-t-elle, un voile de tristesse furtive dans les yeux, elle veut résolument vivre avec et dans son époque. Une époque pas toujours drôle, qui lui fait parfois passer des journées noires, durant lesquelles elle ne voit «que les choses désagréables et anxiogènes à la fois pour la planète et pour les gens».

Une époque qui ouvre des perspectives, aussi. Ainsi des déballages de l’affaire Weinstein, qu’elle pense utiles: «Moi-même je me suis tue pendant des années. Entre 13 ans et demi et 20 ans, j’ai été victime d’un homme bien plus âgé que moi, un pervers narcissique qui me tenait sous sa coupe. On était dans les années 1970 et, sous prétexte de liberté sexuelle et d’expériences, il m’a fait faire toutes sortes de trucs. Dont des films pornos. J’en ai énormément souffert psychiquement et physiquement, mais en silence. De toute manière, je n’aurais pas su à qui me confier: mes parents étaient perdus et je n’avais pas d’amie auprès de qui pleurer.» Elle raconte, alors, comment elle a parlé publiquement de cette période porno au début des Mitsouko, «pour que cela ne soit pas découvert par quelqu’un d’autre», essayant de prétendre qu’elle avait agi de sa propre volonté: «Je tentais de me persuader, mais ce n’était pas vrai et je trouve donc important que tout ça s’exprime enfin.»

Douce, pleine d’espoir, elle reprend: «Il faut qu’on apprenne à se défendre, mais sans ériger des murailles entre les hommes et les femmes. Nous devons nous éduquer les uns les autres, sinon on va vers une société désexualisée et sans mixité: c’en serait fini de la séduction, de ce que j’appelle l’air frisé…» Triste musique d’avenir? A nous de jouer si ça ne nous convient pas, dit-elle.

Son actu

Son album, Chroniques et fantaisies, sorti le 3 novembre, puis une grande tournée qui passe par Lausanne, le 2 décembre, aux Docks. Réservations: docks

Ce qui la dope

«La respiration. La danse. La lumière. Le contact avec les autres. La joie…»

Son don inattendu

«Je sais bouger les oreilles. Bon, ça ne m’a pas été d’une grande utilité dans la vie…»

Sur sa shamelist

«J’ai honte les jours de déprime, lorsque je n’arrive pas à regarder les gens dans les yeux et où je me dis: Mais j’ai quand même beaucoup de chance, j’ai une vie merveilleuse, alors pourquoi est-ce que je suis dans cet état-là?»

Et pour se faire du bien, un petit voyage dans le temps avec Marcia Baila...

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