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5 raisons d’aller pleurer devant «Beauté Cachée»

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© Twitter Isabelle Huppert

1. L’histoire est dure, mais honnête

Bon, sans vous spoiler, on ne va pas vous mentir non plus: la story de «Collateral Beauty» (c’est le titre original) n’est pas joyeuse – mais alors vraiment pas du tout. Howard est un brillant publicitaire à la tête d’une agence renommée lorsqu’il perd sa fille unique, âgée de six ans à peine. Incapable de se remettre de ce drame, il sombre dans une profonde dépression de laquelle il ne parvient pas à s’extirper. Deux ans après la tragédie, le pauvre homme est toujours dévasté, au grand désarroi de ses collègues qui tentent d’éviter que l’entreprise ne sombre avec lui. Ils engagent alors une détective privée et la chargent de documenter la vie d’Howard, histoire d’être en mesure de prouver son inaptitude au travail.

Vous l’aurez compris, le scénario n’a pas été écrit au pays des bisounours et aborde des questions très dures, telles que la perte d’un enfant, la dépression, mais également la maladie et les relations parfois compliquées qui unissent les parents et leur progéniture. Le film aborde de vraies questions, de vraies douleurs que vivent de nombreuses personnes, sans les recouvrir d’euphémismes ou les enrober d’une couche de sucre trop conséquente. Honnête et touchant, il reste très agréable à regarder. Par contre, prévoyez des mouchoirs, histoire d’éviter un «Bous d’auriez bas un Kleenex?» embué de larmes…

2. Les entités abstraites sont personnifiées… et le doute persiste

Rassurez-vous, nous n’allons pas vous spoiler. Mais impossible d’aborder «Collateral Beauty» sans parler de la personnification de certaines entités abstraites, l’idée géniale qui fait toute la magie du film. Tandis que cette fameuse détective privée traque Howard, elle réalise qu’il rédige et poste régulièrement des lettres: sauf qu’il ne les adresse pas à des gens, mais à des entités abstraites. La Mort, le Temps et l’Amour. Accablé par sa douleur, il leur en veut terriblement et leur formule une série de reproches qui vous briseront le cœur.

Et afin de répondre à ces lettres (nous ne vous révélerons pas comment), la Mort, le Temps et l’Amour entrent en scène, personnifiés par de très bons acteurs, pour aller dire deux mots à Howard qui les a tant vilipendés dans son courrier. Tous trois sont bouleversants dans chacune de leurs apparitions et nous rappellent que finalement, dans la vie, il n’y a que ces trois choses qui comptent, encadrant nos existences de manière identique.

3. Les acteurs sont excellents. Tous. (Et ils sont nombreux)

Le casting est tout simplement grandiose. Will Smith, dans le rôle principal, livre une performance étonnante, secoué par des émotions crues et capable de toucher la plus sèches des prunes. Keira Knightley, dans son rôle de l’Amour, nous bouleverse surtout par ses répliques, que l’on voudrait plus nombreuses. La remarquable Helen Mirren, personnification de la Mort, nous fait rire autant qu’elle nous impressionne et nous inspire. Quant au Temps, incarné par Jacob Latimore, emprunte les traits d’un jeune homme insolent et rebelle qui semble toujours trouver les mots justes, des mots qui nous restent en mémoire bien après être sorties du cinéma.

N’oublions pas Kate Winslet, géniale comme à son habitude dans le rôle de la collègue et amie de Howard, ni Edward Norton en papa sensible et intraitable romantique. Difficile de ne pas tomber sous le charme d’une telle palette d’acteurs, une telle série de personnages tous profondément humains et dans lesquels tout le monde se reconnaîtra un peu.

4. La maladie mentale et le deuil sont abordés avec franchise

Le film aborde la dépression d’une manière tout à fait lucide et franche. Maladie difficile à comprendre et à envisager avec justesse, elle n’est pas stéréotypée, ni mise en scène avec trop ou insuffisamment de dureté. De même, la perte de l’enfant, considérée comme la peine la plus importante que peut éprouver un être humain, est abordée dans toute sa profondeur. Cependant, au centre de cette obscurité dont on ressent la lourdeur, une pointe de lumière réconfortante écarte les ténèbres. Très focalisé sur les émotions, «Collateral Beauty» nous emmène dans un tourbillon émotif auquel on n’a d’autre choix que de s’abandonner, découvrant avec un effroi admiratif la force avec laquelle le cœur humain peut ressentir.

Bon, on est obligées d'avouer que le scénario comporte également quelques lacunes et maladresses et qu'il s'affaisse quelque peu vers les deux tiers du film, malgré une base narrative très solide. Mais on lui pardonne ces petits défauts, tant l'histoire est belle et les personnages touchants.

5. On en sort quand même un peu réconforté

«Collateral Beauty» est le genre de film qui ne vous livre la plupart de ses clés de compréhension qu’à la toute fin. Et avec tous les soubresauts d’émotions qu’il nous a fait traverser, il faut dire qu’on n’avait même pas tenté de les deviner à l’avance.

Un peu secouées, des larmes séchées aux coins des yeux, nous quittons le cinéma avec une hébétude inhabituelle, un sourire béat sur les lèvres. Les points fondamentaux de ce film ont agi comme une sorte de rappel. On se souvient, dans un bref moment de lucidité, de ce qui importe réellement.


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