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Girl power

L'émancipation des femmes à travers la mode

Les étapes clés de l'émancipation des femmes à travers la mode

Pour le défilé Chanel printemps/été 2015, Karl Lagerfeld transforme le Grand Palais en boulevard haussmannien. Surprise, à l’heure du final, les modèles manifestent en scandant des slogans féministes.

© Pascal Le Segretain/Getty Images

On l’accuse à tort d’être superficielle, contraignante, voire dictatrice. Pourtant, certains épisodes historiques prouvent que la mode a joué un rôle prépondérant dans la conquête des droits des femmes. A cet égard, l’histoire du costume rappelle que la mode opère comme un miroir de la société. Un vêtement, une couleur ou un slogan sur une campagne agissent comme des outils, avec l’espoir de faire évoluer les mentalités.

Qu’on en juge: à la veille du XXe siècle, les revues médicales discréditent le port du corset, perçu comme un danger pour la santé. Dès lors, des couturiers précurseurs comme Madeleine Vionnet, Paul Poiret, puis Coco Chanel, favorisent la liberté de mouvement par leurs créations. Si les deux guerres mondiales mobiliseront les femmes et accroîtront le besoin de tenues adaptées au contexte, les années 60 bouleverseront les normes bourgeoises. Du coup, la mode se popularise et habille des femmes désormais en quête de liberté. Arrivent les années 80 avec leur lot d’ambitieuses: pantalons et vestes épaulées constituent alors le vestiaire idéal de la working girl. Aujourd’hui encore, en réponse au harcèlement sexuel et aux inégalités encore non résolues, les créateurs témoignent par leur travail de leur solidarité et accompagnent un combat loin d’être gagné.

1930: Coco Chanel, la garçonne

© Granger - Historical Picture Archive

Férocement ambitieuse, révolutionnaire dans l’âme et terriblement en avance sur son temps, Gabrielle Chanel – Coco pour les intimes – fait souffler un vent libertaire sur le vestiaire des femmes de la bonne société dès les années 1920, à Paris. Libérées de leur corset, elles respirent enfin à pleins poumons, sortent de leurs salons pour conduire de grosses cylindrées, jouent au tennis toutes de jersey vêtues. Dans la foulée, Marlene Dietrich met Hollywood à ses pieds en s’appropriant le costume trois pièces jusqu’ici réservé aux hommes.

1965: la minijupe

© Getty Images

La créatrice britannique Mary Quant popularise cette piècequ’elle qualifie d’«arrogante, agressive et sexy». La mini devient un symbole de la jeunesse rebelle. La tendance de l’ourlet rehaussé coïncide avec la libération sexuelle des femmes, notamment grâce à l’invention de la pilule contraceptive. Les clientes de Mary Quant réclament des jupes toujours plus courtes, si bien que la designer affirme que ce sont les femmes dans la rue qui ont inventé la minijupe.

1966: le smoking

© Getty Images

C’est une des pièces iconiques d’Yves Saint Laurent. A l’époque, ce costume est exclusivement réservé aux hommes. Toutefois, au lieu de déguiser la femme, le couturier parisien reprend les codes de cet ensemble et les adapte au corps féminin.

1970: Angela Davis, l’engagée

© Getty Images

Militante des droits civiques, féministe, auteure, activiste, intellectuelle, Angela Davis (ici à 26 ans) se bat sur tous les fronts. A travers ses essais et ses actions, l’icône des droits humains dénonce les injustices raciales, sexistes et homophobes. Aujourd’hui, elle enseigne l’histoire de la prise de conscience à l’Université de Californie à Santa Cruz. Pour la première fois, en décembre dernier, elle lançait une capsule avec le label californien Renowned LA, dont les bénéfices iront à des groupes qui se battent pour la réforme des prisons.

1980: Grace Jones, l’androgyne

© Getty Images

Jet-setteuse des nuits parisiennes et new-yorkaises, Grace Jones incarne à elle seule tout le mordant des années 1980. Artiste aux multiples talents, elle pose sa voix profonde sur des classiques, tels que Slave to the Rhythm et La vie en rose. D’Azzedine Alaïa à Issey Miyake, les designers s’arrachent sa silhouette sculpturale. Une silhouette à maintes fois télescopée par son amoureux et complice Jean-Paul Goude et sublimée par Andy Warhol. La reine du disco est avant tout une pionnière à qui aucun homme ne dicte le comportement.

1980: Madonna, la superstar

© Getty Images

Une amnésie collective a tendance à la réduire à ses postures pathétiques sur Instagram. Pourtant, dans les années 1980, Madonna pavait une voie royale pour ses héritières pop en quête de pouvoir et de domination. Sulfureuse et incorrigible provocatrice, elle ne pouvait que taper dans l’œil de Jean-Paul Gaultier, l’enfant terrible de la mode parisienne. Duo façon Thelma and Louise avant l’heure, les deux amoureux du scandale écrivent l’histoire de l’empowerment fashion avec ce fameux bustier doré aux bonnets pointus, comme des armes fatales, pour la tournée Blond Ambition, en 1990. Notons que la diva a décliné par trois fois les demandes en mariage du couturier.

2000: Isabel Marant

© Getty Images
J’habille les vraies filles, pas les fantasmes ni les femmes avec chauffeur!

2008: De Posh Spice à boss

© Getty Images

Victoria Beckham fait plus de bruit par son talent de designer que par sa voix de chanteuse pop. Et pour cause: sans elle, son footballeur de mari (David) n’aurait jamais eu un look aussi légendaire. En 2008, au lieu de se contenter d’un rôle de femme de, elle fonde une marque à son nom. Ses créations haut de gamme, féminines, intemporelles et surtout portables, lui assurent la crédibilité auprès de ses pairs. Et parce que rien ne l’arrête, elle a lancé At Home, une ligne de décoration d’intérieur.

2012: la voix de Chimamanda Ngozi Adichie

© Getty Images

Chimamanda Ngozi Adichie fait sensation lorsqu’elle anime une conférence TED, intitulée We should all be feminists. La même année, son discours est repris sous la forme d’un essai et traduit dans 35 langues. En 2017, la maison Dior nomme pour la première fois une femme comme directrice artistique: Maria Grazia Chiuri. Inspirée par la célèbre phrase de l’autrice nigériane, la styliste marque son entrée dans la maison parisienne en faisant défiler des T-shirts estampillés We should all be feminists. Le travail de ces deux femmes constitue un bel exemple de sororité.

2014: du luxe à la manif

© Getty Images

Chanel s’impose à la Fashion Week avec une scénographie spectaculaire pour son défilé de printemps: Karl Lagerfeld transforme le Grand Palais en boulevard haussmannien. Surprise, à l’heure du final, les modèles manifestent en scandant des slogans féministes. Si le show, aux airs de Mai 68, fait écho à la tradition française des protestations de rue, le message de Lagerfeld est plus provoc que politique. Toutefois, Chanel aura eu le mérite d’avoir introduit les luttes féministes dans les défilés de mode.

2017: l’icône Donatella Versace

© Getty Images

Inconsolable depuis l’assassinat de son frère Gianni, à Miami Beach, le 15 juillet 1997, Donatella Versace s’est donné pour mission d’accomplir son œuvre de mode inachevée. Cette fabuleuse épopée est louée par le milieu de la mode et les nombreux fans du logo à la méduse. Pile 20 ans après le drame, la féministe autoproclamée réunissait les mannequins superstars – figures du succès et de l’indépendance au féminin dans les années 1990 – pour un ultime hommage à son frère.

2020: Génération «No bra»

Le mouvement anti-soutien-gorge prend de l’ampleur chez les jeunes. Un sondage, en France, révèle que 18% des femmes de moins de 25 ans délaissent les soutifs, contre 4% avant le confinement. La raison? Le besoin de confort, mais également l’absence de pression sociale lorsqu’on est chez soi. Car oui, les seins sont politiques. Déjà, dans les années 60, des féministes revendiquent l’abandon du soutien-gorge. #freethenipple ou #nobrachallenge, la lutte contre l’hypersexualisation des poitrines se déroule désormais sur les réseaux sociaux, ces mêmes médias qui censurent les tétons des femmes et pas ceux des hommes.

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