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Personne dans mon entourage ne fait de la moto. C’est complètement par hasard que je m’y suis mise, il y a environ sept ans. J’avais à peine 18 ans et ma maman avait mis un peu de sous de côté pour m’acheter un premier véhicule. Quelqu’un m’a parlé d’une moto qu’il avait vue et, curieuse, j’ai voulu m’y mettre.

Une fois mon permis moto provisoire en poche, je suis allée dans un garage et j’ai acheté mon engin, un supermot’. C’est une machine de motocross, mais destinée à la route et assez haute. J’ai conduit pour la première fois ce jour-là! D’abord, j’ai flippé parce que je mesure 1,59 m et quand je suis montée dessus, je touchais à peine par terre sur la pointe des pieds… inutile de dire que je ne me sentais pas du tout à l’aise. Lorsque j’ai démarré, la roue avant s’est levée et quand j’ai freiné c’est la roue arrière qui a fait pareil. J’avais le cœur qui battait à mille à l’heure! On m’avait montré deux trois choses avant de partir, mais je ne connaissais ni l’embrayage ni le changement de vitesses.

Je n’en parle plus avec ma mère

Cette première expérience avec une moto a été catastrophique! Trois mois après, j’ai été percutée par un camion alors que je passais devant le garage où je l’avais achetée. J’ai perdu connaissance, souffrant d’une double fracture du pied, d’une brûlure au deuxième degré et de quelques contusions. Pendant mon hospitalisation, ma mère, qui était totalement opposée à la moto, m’a demandé d’arrêter, mais rien à faire: le jour où on m’a enlevé les broches, je suis allée chercher ma nouvelle machine. D’ailleurs je ne parle plus de moto avec ma mère, car c’est un sujet de conflit et elle s’inquiète pour moi. Dans ma famille, personne ne me soutient. Tous pensent que c’est dangereux et ils ne comprennent pas que je prenne tant de risques.

Rose pour faire réagir

Petit à petit, j’ai commencé à être à l’aise et j’ai voulu que ma moto soit complètement différente de tout ce qu’on pouvait voir. J’ai totalement joué sur le côté fille et j’ai peint mon engin en rose. Du coup, comme ma moto interpellait, j’ai rencontré plein de monde. Parfois, quand elle est parquée, des gens se prennent en photo devant. Au fond ça me fait super plaisir.

La moto, c’est un autre monde, les gens sont très solidaires. Je n’ai jamais vu un motard tout seul après une panne ou un accident. Il y a vraiment un esprit d’équipe. C’est un environnement majoritairement masculin. Certains trouvent ça génial que je sois une fille, d’autres se sentent mis en compétition.

Quand on dépasse un garçon dans un virage, il a tendance à vouloir vous redépasser dans la ligne droite! C’est de bonne guerre et ce n’est pas méchant, mais l’ego de l’homme en prend quand même parfois un coup… des remarques peuvent tomber.

Une fois, un motard dans la soixantaine m’a dit: «Qu’est-ce que tu fous là?» Je ne suis pas rentrée dans la discussion. Avec les années, j’ai appris à ne pas prêter attention aux remarques et à m’entourer de gens positifs.

J’adore rouler et je privilégie autant les routes techniques, comme Saint-Cergue ou Aoste, que les cols de vitesse, comme le Grand-Saint-Bernard, le Mollendruz ou le Marchairuz. Ce n’est pas tellement la vitesse qui m’attire que tirer le maximum de la capacité du véhicule et l’adrénaline procurée lorsqu’on se penche au maximum, qu’on frotte son cale-pied. On se surpasse en repoussant ses limites. Lorsqu’on part faire un tour, on n’a pas le temps de penser à autre chose. C’est juste une sensation de bonheur, comme sortir de la vie réelle.


Souvent, je m’organise avec d’autres personnes et on part faire une balade. Typiquement, sur les cols, il y a des rassemblements. C’est une façon de rencontrer des gens et de partager notre passion. Chacun a une histoire, une moto, des goûts différents. Pourtant, on se retrouve au même endroit et on s’entend bien, alors qu’on ne se serait jamais rencontrés dans la vie de tous les jours. J’ai commencé le motocross il y a cinq ans. Parfois, je fais des sorties organisées, on part en groupe et on se retrouve sur un circuit. On s’échauffe, on se prête les motos, on se conseille, on se corrige. C’est un moment de partage, de plaisir, sans enjeux de compétition.

Un long apprentissage

La moto m’a énormément apporté au niveau de la confiance en moi. Au début, on n’est pas forcément doué, on n’a pas ça dans le sang. L’apprentissage est difficile, mais tous les jours on fait un peu mieux, on prend confiance en soi et en son véhicule. Dans une voiture, on a l’avantage de se sentir en sécurité, tandis que sur une moto il n’y a pas de deuxième chance. On est à la merci du moindre danger. D’ailleurs, suite à mon accident, j’ai acheté des protections. Il suffit d’une frayeur pour comprendre par soi-même l’importance de l’équipement. On a tous des parents, des frères, des sœurs, desamis proches et des gens qu’on a envie de revoir… se protéger, c’est aussi protéger son entourage.

J’ai un look très féminin, j’aime bien me maquiller. Du coup, lorsque je dis aux gens que je fais de la moto, ils ne s’y attendent pas du tout. Pour certaines personnes, les motardes ne peuvent être que des garçons manqués. J’aimerais montrer que ce milieu n’est pas exclusivement réservé aux hommes. Il ne faut pas s’arrêter aux clichés, ne pas avoir peur des remarques ou se dire qu’on va être mal vue. Vous avez le droit de faire de la moto. Osez, persévérez et vous serez certaine d’être bien accueillie.

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