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«Ma vie tient dans un sac à dos»

Vecu Sac a dos Olivier Toublan

«Finalement, se défaire de tous ses biens matériels n’a pas été si difficile, car on était excités par l’aventure et pris dans l’organisation. Un des préparatifs majeurs a été le budget. On note chaque dépense, le moindre centime. On a pris une partie de nos économies et tant qu’elles durent, on voyage.»

© Olivier Toublon

Petite, je vivais plongée dans les livres. Je voulais m’évader et découvrir ce qui se passait ailleurs. Née en Roumanie, je suis arrivée en Suisse à 15 ans. Fascinée par les voyages, je désirais voir, un jour, le monde et tous ces monuments dont on nous parle dans les revues ou à la télé.

Ça fait donc trois ans et demi que mon compagnon et moi parcourons le monde. J’ai rencontré Olivier à 25 ans et lui aussi avait ce rêve de faire un très très long voyage. Il me disait: «A 45 ans, on met tout dans un sac à dos et on part.» A l’époque, ça me paraissait lointain. Je ne me projetais pas du tout. Beaucoup de choses pouvaient changer, famille, carrière, partenaire… mais l’idée est restée et plus on en parlait, plus on y croyait.

En janvier 2014, un pépin de santé m’a forcée à changer de rythme et d’emploi, alors que j’étais laborantine en histologie depuis plus de vingt ans. Ça nous a mis au pied du mur. On était tiraillés entre l’envie de tout laisser pour enfin pouvoir voyager et notre vie qu’on aimait telle qu’elle était. Après avoir tout posé sur la table, on s’est dit que c’était l’occasion rêvée pour partir. En plus, nos parents avaient la santé et on n’avait pas d’enfants pour nous retenir.

Le plus local possible

On a résilié le bail de notre appartement, posé nos démissions, puis réglé la partie administrative. Quant à nos affaires (meubles, livres, habits…), nous avons quasi tout donné.

On a juste gardé quelques bricoles auxquelles nous étions attachés et quelques vêtements que nous utilisons lorsque nous venons en Suisse. En gros, on n’a plus rien!

Finalement, se défaire de tous ses biens matériels n’a pas été si difficile, car on était excités par l’aventure et pris dans l’organisation. Un des préparatifs majeurs a été le budget. On note chaque dépense, le moindre centime. On a pris une partie de nos économies et tant qu’elles durent, on voyage.

On voulait donc visiter ces lieux qui nous faisaient tant rêver, comme le Machu Pichu, le désert d’Amérique du Sud ou l’Inde… Un de mes rêves était de traverser les Etats-Unis en Greyhound, de Miami à Los Angeles et, pour Olivier, c’était de voir les pyramides d’Egypte. Notre programme évolue au gré de nos envies. On tient compte du budget, mais aussi de ce qu’ il est physiquement et politiquement possible de visiter.

J’ai tout quitté afin de me retrouver

On a parcouru une vingtaine de pays. On prend toujours les transports en commun, on goûte aux spécialités, on essaie de vivre le plus local possible. Surtout, on prend le temps. Si on veut flâner dans un joli parc ou un café, on le fait. On suit un itinéraire, tout en gardant une certaine souplesse.

Etre constamment sur la route use énormément. Dès que l’un de nous est sur les rotules, on s’arrête. Dans les grandes villes, on essaie toujours de trouver une chambre agréable pour avoir un lieu de repli. Tout ce qu’on possède se trouve dans nos sacs à dos et il faut être extrêmement ordonné pour ne rien oublier. Nous avons une trousse de pharmacie d’urgence et une trousse de toilette.

Côté vêtements, j’ai une veste de pluie, une doudoune, un pull, 4 sweat-shirts, 2 pantalons, un pyjama, 4 paires de chaussettes, 4 culottes, 2 soutiens-gorge, une serviette et c’est tout.

On a aussi un iPad et nos téléphones portables. Selon les lieux, on essaie de se fondre dans la masse pour ne pas attirer l’attention. Parfois, il faut aussi accepter d’être sale et même crasseux.

J’ai appris à apprécier le peu que je possède et à être moins sur le paraître. J’étais une fashion victim et là, quand je me regarde… bah c’est pas ça! Mais ce n’est pas grave! Dès qu’on sera installés pour de bon, ça changera. Je suis beaucoup plus patiente, plus calme et apaisée, parce que j’ai le temps de faire les choses, je ne suis pas coincée dans le quotidien.

On peut encore se permettre de voyager dix-huit mois. Après, on aimerait revenir s’installer en Suisse romande ou ailleurs en Europe, en Espagne par exemple. J’aimerais reprendre une activité professionnelle, mais exclu que cela soit à 100%, je ne le pourrais plus.

«Mon trip? Offrir le monde en mode exception»

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