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Nicola Sturgeon, Jacinda Ardern: Ces politiciennes qui démissionnent avec classe

Demission comment reussir sa sortie politique

Nicola Sturgeon (au milieu), après Jacinda Ardern et Simonetta Sommaruga: une certaine élégance dans la démission.

© KERRY MARSHALL/GETTY IMAGES - JEFF J MITCHELL/GETTY IMAGES - MARCEL BIERI/KEYSTONE

Dans les journaux anglophones, le visage de la première ministre écossaise Nicola Sturgeon s’étale sur toutes les unes. Le 15 février 2023, elle a annoncé qu’après huit ans à la tête de l’Écosse, elle démissionnait. Entrée au parti national à 16 ans, elle a fait de cette petite formation un vrai contre-pouvoir au gouvernement anglais. Elle raconte avoir été «inspirée» par Margaret Thatcher et les effets dévastateurs de la politique de l’autre dame de fer sur la population de sa région. En 2014, elle devient cheffe du parti national écossais et première ministre d’Écosse la même année, après l’échec des indépendantistes. En 2022, toujours combative, elle annonce la tenue d’un référendum facultatif sur l’indépendance de l’Écosse en octobre 2023, un rendez-vous contesté par la Cour suprême britannique.

Nicola Sturgeon ne mènera pas cette bataille. On l’a décrite fragilisée par le veto du gouvernement britannique sur la loi pour la reconnaissance du genre. Elle dit simplement qu’elle est devenue une figure trop polarisante, qu’elle n’a plus l’énergie nécessaire pour sillonner des chemins si hostiles. Elle veut faire la connaissance de Nicola Sturgeon la femme, l’être humain. Elle a ajouté, lors de son annonce: «Je n’attends pas de violons ici.»

Des violons sincères, on en a entendu en janvier de cette année, pour saluer un autre départ classieux, celui de Jacinda Ardern, première ministre néo-zélandaise, qui a avoué elle aussi qu’après cinq ans à la tête de son pays, elle renonçait à continuer. Il faut tout donner à ces mandats, ont-elles dit toutes les deux, et leurs propos résonnent en écho à ceux de la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga qui avait considéré ne plus pouvoir être «24 h/24 disponible pour sa fonction».

Ces retraits étonnent. Pourquoi si tôt? Alors que personne, ni corps électoral, ni partis ne poussent à la sortie? Pourquoi ne pas s’accrocher au pouvoir alors que ce dernier vous sied comme un gant? Puis la manière suscite l’admiration. Quelle orgueilleuse humilité manifestent ces femmes qui ont tout donné, beaucoup sacrifié et qui souhaitent passer à autre chose! Enfin, voilà des politiciennes qui confessent leur vulnérabilité. On dirait même qu’elles en triomphent.

Un truc de filles?

D’emblée, on se demande: le départ réussi est-il d’apanage féminin? Une femme montrerait plus ses émotions et ses fragilités, ne s’arc-bouterait pas sur son trône, resterait connectée à ce qui compte vraiment (à choix: famille, amour, santé). Oui, sans doute. La percée des femmes aux postes de pouvoir est si récente, au regard de l’Histoire, qu’elles se sentent plus libres à s’en détacher. Mais nous pourrions évoquer d’autres figures qui décident que l’ambition compte moins que l’épanouissement. Restons dans le Commonwealth avec le premier ministre canadien Justin Trudeau, qui montrerait des signes de réorientation de carrière, Xavier Dolan, qui réalise une série magnifique (La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, sur Canal+) et qui annonce avoir envie de changer d’air; ou nos sportifs suisses préférés, des maîtres incontestés des départs réussis. Roger Federer a quitté le terrain en larmes et en héros, et Beat Feuz s’est jeté dans une ultime descente, se réjouissant, passé la porte, de consacrer enfin du temps à sa famille.

Les départs de Sturgeon, Ardern, possiblement de Trudeau et des autres (laissons Beat Feuz hors de cette polémique) ne signent pas non plus la défaite des «woke», comme le prétendent certains médias conservateurs qui titrent «Go Woke, Go Broke», traduisible par «deviens woke et fais faillite». Mais plutôt que, pour réussir sa vie, il faut aussi réussir son départ et imaginer de nouveaux horizons. On devrait le dire à celles et ceux qu’on aimerait tant voir tourner les talons.

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