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#FeminaOpinion: Doritos veut lancer une variété de chips «pour filles», et on est fâchées...

Femme sachet chips

Selon la directrice de PepsiCo, les filles sont réticentes à «mâcher trop fort en public» et s'abstiennent de «lécher leurs doigts», après avoir dévoré un sachet de biscuits salés...

© Getty

Comment créer une solution pour un problème qui n'existe pas? Au cas où vous vous seriez déjà posé la question, la célèbre marque de chips triangulaires vient de nous fournir une leçon imparable en la matière: il suffit de proposer aux filles (qui n'ont rien demandé) un aliment «adapté» à leurs besoins! On vous explique:

Indra Nooyi, directrice de «PepsiCo», l'entreprise possédant notamment l'enseigne «Doritos», vient de révéler (à l'antenne d'une émission de radio) le tout nouveau projet qu'elle concocte: il s'agit d'une variété de chips moins salissante, moins odorante et moins croquante, spécialement conçue pour les femmes! Oui, car selon cette «businesswoman», nous serions réticentes à «mâcher trop fort en public» et nous abstiendrions de «lécher nos doigts», après avoir dévoré un paquet de biscuits salés. Aussi préférerions-nous, d'après elle, éviter de renverser les petites miettes dans notre gosier, une fois le sachet presque vide. (Il serait effectivement dommage de tâcher nos gants de soie et nos robes de bal, non?). En d'autres termes, les «Lady Doritos» ou «Doritas» (noms hypothétiques attribués par la rumeur) seront plus propres et plus discrètes que les chips traditionnelles.

La nouvelle est simple, ressemble à une blague, et pourrait être congédiée aux oubliettes d'un simple haussement de sourcils. Mais en réalité, le concept nous gêne. Pire, j'ai l'impression qu'il m'offense.

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Pourquoi ça nous embête...

Franchement, en tant qu'immense fan de chips, je suis contrainte de m'empêcher activement d'engloutir des «Pringles» au quotidien. Jusqu'à ce jour, je pensais que ce plaisir coupable était... parfaitement neutre. Bien sûr, je peux concevoir que l'on offre plus facilement des «Graneo» ou des «Monster Munch» aux enfants, lors d'un goûter d'anniversaire, et que l'on réserve les «Cheetos» au piment rouge aux adolescents un peu masochistes... mais les nachos? Franchement?! A l'époque d'Emma Watson et de Cara Delevingne, était-il absolument nécessaire de genrer quelque chose d'aussi innocent que des triangles de maïs frits?

La raison de cette catégorisation m'échappe. Proposer aux femmes un snack moins salissant, c'est sous-estimer leur capacité à maintenir leur élégance si elles le souhaitent... et c'est surtout leur interdire un comportement qu'elles ont le droit d'adopter! Une fille a le droit de se lécher les doigts, comme elle est autorisée à vider goulûment un sachet de sucreries sans rougir. Une «lady» a même l'autorisation de lâcher un rot tonitruant, si elle l'estime nécessaire. Peut-être qu'elle s'attirera quelques regards dégoûtés, certes, mais une femme a également la permission d'assumer totalement l'opinion d'autrui. Créer des chips «propres», qui tiennent dans le sac à main, c'est creuser une brêche inutile entre les filles et la liberté alimentaire coupable. En fait, c'est un peu comme si McDonald's se mettait à vendre des «Girl Burgers», préparés avec moins de sauce que les autres sandwichs, et vendus avec des «bavettes» spéciales, histoire d'éviter que nous ne tâchions nos vêtements.

Et les hommes, alors? Sont-ils capables de manger sans se salir? Pas davantage que nous: c'est juste qu'un t-shirt parsemé de miettes est plus acceptable de la part d'un garçon que chez une fille.

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«Doritas»? Non, merci!

En tant que fan de chips bien élevée, je m'estime parfaitement capable de manger discrètement, et cela sans l'aide des producteurs alimentaires. Si je ne souhaite pas tâcher ma chemise, je suis suffisamment grande et agile pour empêcher qu'un tel désastre ne se produise. L'idée qu'on puisse remettre en question cette capacité de base, que m'a parfaitement enseignée ma mère, me révolte: c'est l'égalité salariale que nous demandons, pas de la nourriture «adaptée»!

Et puis si, ainsi que le prédit Madame Doritos, nous tâchions nos vêtements, mâchions bruyamment et renversions des miettes partout? Serait-ce la fin du monde? Quelqu'un nous refuserait-il le titre de «femme» pour avoir manqué d'élégance à un certain moment? Nous ne vivons pas dans «Downton Abbey», et je suis prête à parier que même Louis XIV (le comble de l'élégance poudrée au masculin) a déjà égaré quelques miettes dans sa perruque!

Plutôt que de se soucier d'accomoder nos bonnes manières, la marque ferait mieux d'investir son énergie dans la création d'un snack sain, qu'elle pourrait distribuer facilement dans les pays en voie de développement. En attendant, nous qui avons l'immense chance de pouvoir manger régulièrement, on va mâcher aussi bruyamment qu'on le voudra, merci beaucoup!

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