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    #FeminaOpinion: ras-le-bol du «Bro Marketing»

    Sous des airs de faux cool, des mâles en mal de virilité et de testostérone n’hésitent pas à masculiniser leurs loisirs jugés «trop féminins» comme le yoga ou le rosé. A l’heure de la fluidité des genres, ce sexisme vieillot nous donne de l’urticaire…

    Publié le 
    13 Novembre 2017
     par 
    Muriel Chavaillaz

    Le yoga? On est fan. Ça nous muscle, nous relaxe, nous détend. Selon une étude française (Ipsos 2016), les adeptes de la pratique sont à 70% des femmes. Du coup, certains des 30% d’hommes qui s’y adonnent redoutent de «passer pour des gonzesses» en avouant enchaîner les chiens-tête-en-bas et autres Savasana. Le premier a avoir réagi? Robert Sidoti, fondateur du broga (contraction de «brother» et «yoga»). Traduction: du yoga pour les hommes, les vrais.

    Une tendance sexiste qui touche les loisirs estampillés «féminins»

    Etant donné le succès de sa franchise (12 000 clients et 500 professeurs à travers le monde), Robert semble avoir cristallisé la peur de certains hommes face à ce sport qui «leur donne un air efféminé». Sa solution? «Partir du point de vue masculin» et aider les hommes à «vivre une vie plus forte, plus équilibrée». A des années lumières des femmelettes qui pratiquent le yoga, donc.

     

     

    Si encore, la tendance sexiste ne s’arrêtait qu’à ce sport… Mais d’autres segments sont eux aussi touchés par le «Bro Marketing». Le rosé, par exemple. Ce type de vin, selon certains de ses fans masculins, les ferait passer pour des filles. Du coup, on ne parle plus de rosé, mais de «brosé», la boisson des vrais bonhommes. Car se délecter d’un breuvage rose, c’est franchement la honte, non? Depuis cette formidable invention, les hommes ont enfin la possibilité de boire du vin sans avoir à rougir. Quelle formidable avancée!

    Et quelle découverte, de pouvoir ainsi se délecter d’un verre d’alcool sans craindre une émasculation fatale.

    Le «Bro Marketing»: un aller simple pour l'âge de pierre

    Depuis quand les hommes et les femmes sont-ils censés aimer les mêmes choses, pratiquer les mêmes loisirs? Heu… depuis toujours, bro! On a cherché à nous faire croire le contraire durant des millénaires (les femmes sont bien plus douées pour la cuisine, les tâches ménagères et les soins tandis que les hommes excellent en grillades, travaux manuels et sports de gros durs, tout ça, tout ça…) Mais alors que l’on pensait que la situation s’améliorait gentiment, que l’on reconnaissait (enfin!) l’égalité entre les sexes, le «Bro Marketing» nous renvoie 100 ans en arrière. Du temps où les hommes n’entendaient guère parler de carrière, de vote ou de droits féminins.

     

     

    La masculinité est-elle actuellement si bouleversée que certains hommes ont sans cesse besoin d’être rassurés pour essayer des activités ou des boissons qui leur font envie? Les mecs, détendez-vous: votre niveau de testostérone ne va pas descendre en flèche parce que vous aurez esquissé une posture de yoga ou trempé vos lèvres dans un verre de rosé, promis. Le sexisme vieillot et les trends soi-disant «cool» qui tentent de le réhabiliter: on en a franchement notre claque.


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