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Fanny Smith, l’espoir suisse des JO d’hiver 2018 en Corée du Sud

Femina 04 Fanny Smith JO 2018

La skieuse vaudoise, actuellement 3e au classement mondial de skicross, s’envole pour Pyeongchang, en Corée du Sud. But avoué: décrocher l’or olympique.

© @bennytachephotographe

Certaines personnes portent en elles la force du vent, la chaleur du soleil. Fanny Smith est de celles-ci. L’œil bleu, des airs de gamine mutine, la skieuse de Villars (VD) irradie. Littéralement. Au point qu’on en oublierait presque que la vie d’athlète de haut niveau n’a rien d’une sinécure. Et qu’avant de représenter l’un des meilleurs espoirs de médaille suisse aux JO d’hiver, qui commencent le 9 février 2018 en Corée du Sud, elle a dû travailler inlassablement. Apprendre à tomber. Apprendre à se relever. Apprendre à tomber encore. Apprendre à se relever de nouveau. Sans jamais se décourager.

Dit comme ça, ça n’a l’air de rien. Mais ce n’est pas si simple à vivre. Même quand, comme elle, on est taillé dans le bois dont sont faits les grands champions. Même quand, comme elle, on ne vit que pour, par et à travers une passion née dans l’enfance. Même quand, comme elle, on a ce qu’on appelle pudiquement du «tempérament». Car personne n’est à l’abri d’une (toute) petite erreur de carres. D’une milliseconde d’inattention qui vous fait chuter ou vous précipite aux tréfonds d’un classement. Alors… comment gérer?

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Déterminée

«C’est du boulot, en effet», s’amuse la jeune reine du skicross. Qui, d’un clin d’œil, relativise: «Bon, physiquement, ça peut aller: je fais du sport depuis toute petite (elle a commencé le ski en 1994… à 2 ans à peine, ndlr) et ça m’a appris la rigueur et la discipline. Ce n’est donc pas un souci.» Elle ajoute: «Bien sûr, ça peut sembler lassant d’avoir à faire mille fois des squats, par exemple. Surtout en été. En même temps, le skicross est très exigeant et pour tenir la saison, on sait qu’on se doit de suivre scrupuleusement les entraînements!» Certes. Mais en cas de pépin? Le cafard et le découragement ne seraient-ils pas en embuscade? Pas pour Fanny qui, justement, puise des forces supplémentaires dans l’adversité.

Elle balaye donc la question: «Si je me blesse, j’ai des physios pour m’aider et je sais que des programmes stricts vont me permettre de retrouver la forme.»

Et elle sait de quoi elle parle: en 2011, à la suite d’une grave blessure au genou, des médecins lui avaient annoncé qu’elle ne skierait plus. Or, bien décidée à leur donner tort, la Villardoue s’était battue comme une folle. Animée depuis son plus jeune âge par l’amour du ski et du jeu – et soutenue par des parents qui l’ont élevée dans l’idée que quand on fait quelque chose, on doit le faire à fond –, elle s’était acharnée. Si bien qu’après 11 mois de rééducation, d’exercices intensifs et de boulot opiniâtre, elle était revenue sur le circuit et, enchaînant les podiums, avait même remporté le titre de championne du monde de la discipline à Voss (Norvège). Vous avez dit déterminée?

Voilà pour le corps. Mais quid du moral – dont on connaît l’importance primordiale? «Là, c’est potentiellement plus difficile…», admet la skieuse de 25 ans.

Les arts martiaux en renfort

La voix claire, le regard intense, elle explique: oui, elle a la niaque. Viscéralement. Depuis toujours. Cela ne l’empêche pourtant pas de douter, parfois. Et de devoir lutter contre ses démons – dont, occasionnellement, une tendance à se sous-estimer. Parce que malgré les bons résultats, malgré sa volonté de fer, elle ne contrôle pas tout: «Quand tu es dans le portillon de départ, tu es seule avec toi-même et tu ne décides pas toujours à quoi tu penses… et ça peut être un peu délicat!» Songeuse, elle ajoute: «Ma contre-performance aux JO de Sotchi (elle avait terminé au huitième rang, ndlr) reste un épisode difficile mais qui m’a appris beaucoup. Entre autres, que même si tu crois être fin prête, tout peut arriver! Là, je fais ce qu’il faut pour arriver le plus en confiance possible à ces Jeux de Pyeongchang!»

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C’est-à-dire? «J’ai fait de la sophrologie pendant longtemps et ça m’a par exemple permis de comprendre comment transcender les échecs et les utiliser à mon avantage. Aujourd’hui, en plus d’un travail personnel, je m’entoure de gens qui savent quels états je peux traverser: le cas échéant, ça m’aide à passer par-dessus! Et puis pour aiguiser un peu ma combativité, j’ai fait appel à un préparateur physique qui fait aussi des arts martiaux!» On s’étonne. Elle rigole.

«Je sais, ça peut paraître surprenant mais… oui! En fait, je suis trop gentille et en course, ça ne va pas! Ça ne m’empêche pas de rester fair-play: je veux gagner à la loyale, avec des beaux angles, des gestes et une attitude propres mais… je dois m’imposer!»

Parviendra-t-elle à mettre sa belle nature de côté sur la piste? Médaille ou pas, elle demeurera une fille en or. Qu’on espère toutefois olympique.

Son actu Dans quelques jours, la skieuse vaudoise, actuellement 3e au classement mondial de skicross, s’envole pour Pyeongchang, en Corée du Sud. But avoué: décrocher l’or olympique.

Son don inattendu «Eh bien je suis une super-enquêtrice: quand je regarde un film, j’arrive rapidement à déterminer qui est le méchant!»

Sur sa shame list C’est bête mais... Comme j’ai très peur de louper une étape cruciale, je n’ai jamais fait de fondue de ma vie!»

Ce qui la dope «Les petites choses simples de la vie quotidienne: voir un beau lever de soleil sur les montagnes, regarder le ciel ou discuter avec des amis... Je ne suis pas compliquée et un rien me rend heureuse.»

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