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Demander «Angela» au bar, l’appel au secours secret des Anglaises

Angela
© Getty

«Votre rencard ne se déroule pas comme prévu? La personne en face de vous n’est pas celle qu’elle prétendait être sur son profil? Vous avez le sentiment de ne pas être en sécurité? Tout vous semble tout simplement un peu étrange?» Que d’exemples de situations lors desquelles il vous faut vous diriger vers le bar et demander à voir «Angela.» Avec assurance et intention. Car grâce à ce nom de code, le serveur saura automatiquement que vous avez besoin d’aide et vous appellera discrètement un taxi, histoire que vous puissiez prendre la poudre d’escampette sans faire de cinéma.

Une campagne de prévention du viol lancée dans le Lincolnshire, à l’est de l’Angleterre, a mis en place cette forme subtile d’appel au secours, afin de protéger les femmes contre le harcèlement et autres violences sexuelles. L’initiative sonne comme une véritable bénédiction, à l’heure où les rendez-vous galants s’organisent volontiers sur Internet et ou le choix de nos rencards se base souvent sur un échange de messages, un profil Tinder ou trois photos. Plus facile, peut-être, mais certainement plus risqué.

#NOMORE

Discrète tout d’abord, la campagne intitulée «NO MORE» (ou «on n’en veut plus» en français) se placardait dans les lieux publics, notamment dans les toilettes féminines. C’est alors que le 18 octobre 2016, une jeune anglaise prénommée Isobel O’Brian, de sortie avec ses copines, tomba sur l’affiche dans un bar et la prit en photo. Saluant l’initiative, elle n’a pas hésité à la partager sur Twitter, afin que l’idée atteigne davantage de femmes susceptibles d’en avoir besoin.

«Je l’ai vue aux toilettes, j’ai pensé que c’était très important et que cette idée devrait être utilisée partout; pas uniquement au Lincolnshire!», a-t-elle écrit sous la photo. Partagé plus de 28 000 fois, le post est devenu viral. Et tant mieux.

La campagne s’étendait du 26 septembre au 2 octobre 2016, mais la véritable célébrité d’«Angela» n’est survenue qu’ensuite, ce personnage fictif devenant un symbole des risques que peuvent courir les femmes et l’importance d’avoir à disposition un échappatoire sûr. Somme toute, il nous donne l’impression d’être soutenues, comprises et fondamentalement moins seules. Espérons que bientôt, nous pourrons faire appel à «Angela» (ou à «Heidi») en Suisse.


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