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Suzette Sandoz est une femme libre; une femme qui, quoi qu’il advienne, choisit sa vie et ses combats. Au théâtre aux côtés de la violoniste Isabelle Meyer et de l’avocat Charles Poncet, où elle se mue avec volupté en procureure pour accuser L’éternel féminin, ou dans son quotidien, elle assume ses prises de position et ses engagements conservateurs – fussent-ils à rebours de l’air du temps et de la bien-pensance si répandus.


Invitées sur RTS La Première, Suzette Sandoz et Isabelle Meyer parlent du spectacle «L’éternel féminin: le procès»

Qu’elle ait aujourd’hui quitté la scène politique et soit une grand-maman heureuse, fière de voir évoluer son petit-fils et sa petite-fille n’y change rien. Infatigablement combative, toujours armée de son sourire charmant et d’un sens de la formule redoutable, l’ancienne conseillère nationale libérale défend contre vents et marées ses convictions et les causes qu’elle estime justes.

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Avec verve et causticité sur son blog, joliment baptisé Le grain de sable, ou dans différents journaux dans lesquels elle tient une chronique; avec esprit et autodérision dans des émissions satiriques comme Les beaux parleurs, sur la RTS; avec un brin de mauvaise foi dans «L’éternel féminin: le procès», un spectacle musical qui lui permet de laisser libre cours à son humour. Ce n’est à vrai dire pas surprenant puisque, depuis toujours, la juriste et professeure honoraire à la Faculté de droit de l’Uni de Lausanne manie les mots et la dérision avec maestria. Au point que c’en est devenu sa marque de fabrique.

L’ironie? Une seconde nature!

Espiègle, elle consent: «C’est vrai, c’est une seconde nature. Cela dit, j’insiste, mon ironie n’est jamais méchante. Si je suis allée trop loin une fois ou l’autre et si j’ai blessé quelqu’un, j’en suis sincèrement désolée!»

Maintenant songeuse, faisant notamment allusion aux attaques parfois virulentes dont elle a pu faire l’objet au cours de ses mandats de députée, elle ajoute: «Au fond, cette forme de recul m’a aussi servi de cuirasse. Elle m’est encore utile, puisque j’essaie systématiquement de voir l’aspect comique d’une situation. Je suis évidemment consciente que j’ai beaucoup de chance et qu’il est plus simple de raisonner ainsi quand on a ma vie!»

L’œil qui frise, elle plonge aux sources, repense avec un évident plaisir à ses années d’enfance, passées à Lausanne, entre une maman femme au foyer, un père officier de carrière, une sœur aînée et un frère cadet:

«J’ai acquis cette tournure d’esprit grâce à mes parents, car nous pratiquions beaucoup le deuxième degré en famille.» Elle reprend: «Au fond, je pense que c’est une manière un peu détournée et bien vaudoise de manifester son affection. Taquiner est une façon d’exprimer ses sentiments avec un costume!»

Certes. Mais l’art de la chicane intelligente et de la réplique spirituelle n’est pas donné à tout le monde.

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Elégante, bien droite dans son fauteuil, Suzette Sandoz avale une gorgée de café noir. Le regard un rien coquin, elle explique: «Il est vrai que j’aime le verbe. Profondément. Cela me vient de mes parents ainsi que de l’école qui savait y faire… à l’époque!» Sa petite pique lancée, cette protestante pratiquante enchaîne:

«J’étais élève à Montolivet, un collège catholique où l’on donnait énormément d’importance au français classique, grâce auquel on apprend à structurer sa pensée. J’en ai conçu un amour immodéré de la langue, ce qui a largement participé à mon choix de carrière.»

C’est-à-dire? «Quand j’ai décidé de faire du droit, à 12 ans, c’était notamment après avoir réalisé que les écrivains-poètes du XVIIe siècle que nous travaillions et dont la lecture m’enchantait et me transportait avaient eux-mêmes étudié le droit. J’en ai déduit que pour écrire correctement, il fallait suivre ce cursus!»


En 2015, Suzette Sandoz s'exprimait à propos du mariage pour tous sur les ondes de RTS-La Première.

«Un peu» adoucie

Ce qu’elle a fait, avec engagement et passion: «De par mon éducation, certes stricte, mais surtout libre et basée sur l’autodiscipline, j’ai appris la rigueur et à en assumer la conséquence!» Autant dire que même les tourbillons de Mai 68 n’auraient pu la faire dévier du chemin qu’elle s’était tracé, des valeurs qu’elle entendait déjà défendre: «A cette époque, j’avais 26 ans. J’étais mariée, j’avais ma fille et je travaillais à ma thèse. Ces excités qui prétendaient à une catégorie de libertés qui ne m’avaient jamais manqué m’ont laissée tout à fait indifférente. Tout au plus m’ont-ils confortée dans l’idée que leurs vues n’étaient pas meilleures que les miennes. Et puis, je reste convaincue qu’une société libertaire est bien plus contraignante qu’il n’y paraît. A mes yeux, elle noie les individus – ce qui m’est d’autant moins agréable que je déteste l’eau!» explique-t-elle en éclatant de rire.

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Cela ne l’empêche pas d’admettre avoir «peut-être un peu» adouci ses opinions: «On est beaucoup plus absolu à 20 ans qu’on ne l’est à mon âge. En vieillissant, le diable se fait ermite… Cela dit, même si la vie m’a appris à mieux comprendre les choses et à me montrer plus tolérante, je ne lâche rien concernant certaines valeurs que j’estime fondamentales – telles la droiture, la loyauté et la fidélité. Car si on cède, on perd pied, on devient une méduse qui se laisse simplement porter par le courant!»

Son actu

Elle joue dans L’éternel féminin: le procès, aux côtés d’Isabelle Meyer et de Charles Poncet, le 9 septembre à l’Octogone de Pully.


L'affiche du spectacle © DR

Ce qui la ressource

«Incontestablement, la prière, mais aussi le jardinage, la lecture, l’écriture…»

Son don inattendu

«Je ne sais s’il s’agit vraiment d’un don mais j’adore concevoir des bouquets de fleurs.»

le

Son péché mignon

«Le chocolat! Même quand je n’ai plus faim, après un bon repas, je ne lui résiste pas.»

Son dernier fou rire

«Ce devait être avec Isabelle Meyer et Charles Poncet. Il m’est difficile d’être précise car je ris beaucoup!»

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