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Juliette Binoche, drôle et rebelle dans «Telle Mère, Telle Fille»

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© DR

Lorsqu’Avril apprend que Mado est enceinte, l’heure est grave: fauchée, immature, irresponsable et éternellement en quête d’amusement, jamais elle ne saura s’occuper de cet enfant; c’est du moins ce que se dit Avril, en la poussant gentiment vers l’avortement par voie médicamenteuse… Ce résumé ressemble fortement à n’importe quelle petite tragédie familiale, n’est-ce pas? Sauf que là, Avril (Camille Cottin) est la fille, et Mado (Juliette Binoche) est la mère. Sans oublier qu’Avril est enceinte, elle aussi, et qu’elle héberge sa maman chômeuse et volubile depuis de très longues années. Financer sa mère, son fiancé doctorant (et désespérant), ainsi que deux nouveau-nés, lui semble carrément invivable…

«Freaky Friday» version française

Ce petit scénario façon «monde à l’envers» raconte l’histoire d’une mère et de sa fille que tout oppose. Enfin, tout sauf le fait qu’elles soient tombées enceintes au même moment. Les rôles sont inversés avec humour par une mise en scène quelque peu loufoque, mais suffisamment bien ficelée pour nous embarquer rapidement dans l’intrigue.

Débutent ainsi plusieurs mois de grossesse plutôt mouvementés, lors desquels chacune des deux filles devra dompter une partie de sa personnalité qu’elle n’était jamais parvenue à laisser s’exprimer. La sérieuse et responsable Avril (daignera-t-on dire «coincée»?) sera obligée d’oser découvrir le pan excentrique et rebelle de son caractère, tandis que Mado devra renouer avec son instinct maternel, sa force naturelle et sa capacité à accepter le bonheur… Les deux femmes se complètent parfaitement, si bien que la personnalité de l’une représente les lacunes de celle de l’autre.

Charmants acteurs masculins (et un chien mignon)

En second plan, nous retrouvons l’extravagant et attachant personnage de Marc, le papa d’Avril (et l’ex-mari de Mado), incarné par Lambert Wilson, absolument génial dans le rôle d’un brillant chef d’orchestre très attaché à son chien, Jean-Poil. Plus romantique qu’il n’y paraît au premier abord, le personnage de Marc s’avère très surprenant et nous livre des scènes mémorables, en duo avec la splendide Juliette Binoche. Sans doute ces moments-là sont-ils les meilleurs de tout le film...

Autre mâle présent dans l’histoire n’est autre que le fiancé d’Avril, Louis (Michaël Dichter), un éternel étudiant légèrement penaud, doté d’une gargantuesque tignasse bouclée. Si sa nonchalance naturelle nous donne parfois envie de lui asséner quelques gifles en pleine figure (et de raser TOUS ses cheveux), sa gentillesse nous touche tout de même, tant il est soucieux du bien-être de sa propre maman, Irène (Catherine Jacob) et se montre d’une patience infinie envers sa chérie. (Surtout lorsque celle-ci décide d’explorer son côté sauvage en grimpant sur le toit de la maison, à quelques semaines du terme…)

Notons au passage que les apparitions de Jean-Poil, l’adorable toutou, et de son maître, agissent comme un petit grain de sel dans une tarte aux fraises que nous aurions sans doute trouvée bien trop sucrée.

Indémodable Juliette Binoche

On la voit encore séduire Johnny Depp dans «Chocolat», ravissante, les pommettes saillantes, les yeux remplis de sagesse. Mille fois récompensée, saluée, recouverte de prix, l’actrice âgée de 53 ans se glisse à merveille dans la peau d’une mère restée éternelle adolescente. Et qu’elle est belle, cette Juliette; on dirait même que le passage temps l’a sublimée.

Sans doute les couches d’immaturité et d’humour dont se pare son personnage mettent-elles mieux en valeur l’amour maternel et la force féminine lorsque ceux-ci, enfin, se dévoilent. Si Mado aurait pu nous agacer, de prime abord, Juliette Binoche nous charme sans difficulté. Il nous a fallu un petit moment pour nous habituer à l’excentricité de Mado, mais dès que son caractère véritable nous est apparu, il nous a été impossible de ne pas apprécier la performance de cette incroyable actrice.

Bien que «Telle Mère, telle Fille» ne sera sans doute pas le film de l’année, Juliette Binoche vaut largement le détour, presque méconnaissable à première vue, mais éternelle reine du cinéma français.


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