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    Kristen Stewart, belle et rebelle, obstinément

    De sa mère scénariste et son père régisseur, elle a hérité l’anticonformisme. Lancée par la saga «Twilight», la nouvelle star de Woody Allen a fait l’ouverture du festival de Cannes 2016.

    Publié le 
    15 Mai 2016
     par 
    Henry Arnaud

    Inclassable est le premier mot qui vient quand on rencontre Kristen Stewart. «Inclassable? Je prends cela comme un compliment. J’ai toujours détesté la conformité et les règles établies. S’il y a bien une chose que je dois à mes parents, c’est ma personnalité. Ils m’ont toujours poussée à être originale, différente des autres. Je revendique le droit de ne pas me forcer sous prétexte qu’Hollywood voudrait me voir comme ci ou comme ça.» Mais encore? «Prenez les photos. Certaines actrices veulent avoir l’air parfaites, toujours. Moi, je n’ai aucun problème à m’accepter moche sur certains clichés. Je veux vivre sans me soucier de mon apparence. Qu’une affiche soit photoshopée pour vendre un film, soit, mais que l’on m’oblige à être maquillée, coiffée et bien habillée au quotidien? Jamais!»

     

     

    Ce n’est pas tant son look – jeans noir et tee-shirt blanc – qui surprend de prime abord: c’est son attitude, cette gestuelle due au TADA, peut-être (ndlr: trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité dont elle souffre depuis l’enfance ). Des lèvres qu’elle mordille nerveusement à chaque question. Ou les doigts qui ne cessent de s’entortiller dans ses cheveux courts. «Avant la sortie du premier «Twilight», les producteurs ont voulu me forcer à prendre des cours pour m’entraîner à répondre aux interviews. Mais je refuse de jouer un rôle 24 heures sur 24. Etre actrice devant des caméras, c’est mon métier. Quand je réponds à un journaliste, c’est Kristen qui parle, pas une version stéréotypée. On me prend comme je suis… ou pas. Je ne chercherai jamais à plaire à tout le monde. Mon père est mon modèle en la matière. C’est un anticonformiste au grand cœur. Il connaît tous les corps de métier sur un plateau et c’est un électron libre.» John Stewart travaille depuis plus de trente ans sur des plateaux de télévision, dans les studios FOX notamment. Il est également l’un des régisseurs de la cérémonie annuelle des Oscars.

    «Ma mère, elle aussi, est une originale qui a toujours refusé de se conformer à la société. Un exemple? Nos chiens-loups. J’ai grandi avec une race de loups autorisée comme animal de compagnie en Californie. Ils vivent dans notre grand jardin derrière la maison et font partie de la famille.»

    En juin 2010, John et Jules Stewart se séparent, puis demandent le divorce deux ans plus tard. Un épisode qui ne semble pas avoir particulièrement affecté leur fille, même si elle refuse d’en parler. «J’aime ma famille», lâche-t-elle pour tout commentaire. Si l’influence de ses parents sur le caractère de la jeune femme est évidente, celle de ses frères compte aussi pour beaucoup. «La maison familiale a toujours été pleine de mecs. A commencer par mon frère aîné, Cameron, et ses meilleurs potes, Miles et Obie, qui vivaient souvent avec nous.» Outre Cameron, 30 ans, Kristen a deux frères adoptifs, Dana et Taylor, 26 ans. «J’étais un vrai garçon manqué, raconte-t-elle. Non seulement j’agissais comme les copains de mes frères, mais j’héritais aussi des fringues de mon aîné. Pantalon, chemise, short… Ne cherchez pas mes jupes d’enfance!», conclut-elle dans un éclat de rire.

    En dehors de son travail sur la réécriture de scripts, Jules Stewart a aussi réalisé le film «K-11» (2012) où Kristen et Cameron font une apparition. «Je crois que toute la famille Stewart a la fibre artistique! Mais le plus drôle, c’est que mon rêve n’a jamais été de devenir actrice. Comme mes parents, je pensais plutôt trouver un job derrière les caméras. Aujourd’hui encore, mon but est d’être reconnue comme réalisatrice et je compte bien tout faire pour y arriver.»

    L’école, ce cauchemar

    Kristen Stewart n’a que 8 ans lorsqu’un agent la remarque dans le spectacle de Noël de son école et contacte ses parents. «Etudier dans une école est vite devenu quelque chose de compliqué. Même si je ne parlais ni de mes films ni de ma carrière, il y avait toujours des élèves pour raconter des horreurs sur mon compte, sans même me connaître. A cause des tournages, je manquais beaucoup de cours et j’avais de mauvaises notes. Le pire, c’est que je n’arrivais pas à m’identifier aux filles de mon âge. Je dis cela sans rancune ni jugement. Mais je crois que j’étais adulte dans ma tête avant d’avoir 10 ans. J’ai su très tôt ce que je voulais et, surtout, ce que je ne voulais pas.»

    Seul vrai sujet tabou quand on rencontre Kristen: sa compagne Soko. «Je refuse de me justifier sur ma vie privée. J’ai compris depuis des années que les gens m’ont inventé une image qui ne me correspond pas. Le showbiz veut avant tout faire de l’argent sur le dos d’une personne dès qu’elle est connue. Je n’entrerai jamais dans ce jeu-là.» Alors, oui, Kristen s’affiche main dans la main avec la musicienne française, mais elle refuse de parler de ses amours. «Je n’ai pas besoin de m’expliquer dans les médias», a-t-elle sobrement déclaré au magazine américain «Nylon». «Etre actrice, c’est justement être ambiguë et j’aime cet aspect de ma vie. Je veux faire des films, disparaître derrière un personnage... pas parler de ma sexualité.»

    Icône de mode pour Chanel et d’une génération d’ados avec les films «Twilight», l’actrice de 26 ans fait désormais tout pour changer de registre. Ce qui ne la pousse pas pour autant à dénigrer cette page de vie. «Jouer Bella m’a ouvert des portes, ensuite c’est à moi de prouver que je peux incarner d’autres types de filles. Comme lorsque j’ai auditionné pour décrocher mon rôle dans le film de Woody Allen.» Il faut voir «Café Society», qui vient d’ouvrir le Festival de Cannes et actuellement à l’affiche en Suisse romande, pour en savoir plus sur cette aventure. Quant aux projets de Kristen après la Croisette: «J’enchaîne les tournages non-stop depuis plus d’un an. Maintenant je vais prendre du temps pour moi et m’accorder de longs mois loin des caméras.»


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    Questions d’enfance

    Une odeur d’enfance La transpiration et la cigarette froide sur les plateaux de tournage... avant que fumer devienne le pire des crimes (Kristen éclate de rire en désignant son paquet de Camel).

    Ma sucrerie favorite Je ne suis pas très sucre. En revanche, j’adore les «Cheetos» aux piments rouges.

    Mon légume détesté Je suis végétarienne. Alors autant dire que j’aime tous les légumes.

    Mon premier amour Billie Joe Armstrong. Un amour platonique, mais je suis dingue depuis l’enfance de son groupe de punk rock, Green Day.

    Mon dessert enchanteur La tarte aux pommes que je cuisine moi-même. C’est l’un des rares desserts que j’affectionne et que j’ai appris à faire avec ma mère.

    Mon cauchemar d’enfance L’école. J’en faisais des cauchemars la nuit.

    Mes premières vacances Noosa Heads, une station balnéaire du Queensland, en Australie. C’est de là que maman est originaire et ça reste, aujourd’hui encore, l’un de mes endroits favoris.

    Une phrase qu’on me répétait sans cesse «Calme-toi!» Je suis d’une nature nerveuse… Vous avez remarqué?


    ©FilmMagic/Getty; Visual Press Agency; LA Times via Getty Images; Kevin Winter/Getty Images

    En 2014, Kristen et son père, John Stewart, producteur et régisseur de télévision. «Un anticonformiste au grand cœur.»
    A 12 ans, avec Jodie Foster, dont elle joue la fille dans «Panic Room».
    Enfant, Kristen pose tout sourire pour le livre de son école.
    Jules Mann-Stewart, scénariste, scripte… et mère de Kristen. «Une originale qui a toujours refusé de se conformer à la société.»

     

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