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Délices

Ces parfums qui nous rendent complètement accro

Gourmandes comme le chocolat ou enveloppantes comme le linge propre, certaines odeurs rendent un parfum carrément addictif. Ces notes magiques, Olivier Cresp les connaît bien, lui qui les a travaillées pour les plus grands succès de la parfumerie de ces 30 dernières années. Après Angel, Noa, Black Opium, Kenzo Amour ou encore Midnight Poison, le maître parfumeur grassois s’est lancé dans un projet plus personnel avec son gendre et sa fille Anaïs. Sous la marque Akro, six addictions sont capturées dans autant de flacons: chocolat, cannabis, café, whisky, cigarette et… sexe! Les résultats sont étonnants. Ces parfums sentent exactement ce qu’ils annoncent, grâce à un savant mélange de notes finalement assez classiques: eucalyptus, sauge, fève tonka, patchouli, citron, iris, rose, cannelle, vanille… «Chaque création est tirée d’un souvenir que je raconte, comme un écrivain, mais en odeurs: Smoke me rappelle mon papa, qui fumait; Malt un séjour en Ecosse sur l’île d’Islay, à la découverte des whiskies et Dark ma pire addiction personnelle, le chocolat!»

L’addiction est-elle purement émotionnelle? En grande partie oui, répond Emmanuelle Grau-Bretin, fondatrice de Flacon & Molécule, à Neuchâtel. «Chaque personne réagit différemment, on ne peut pas garantir qu’un parfum sera addictif pour tout le monde, car il fait appel à notre mémoire olfactive. S’il nous met dans un état de bien-être, c’est qu’il nous lie probablement à un événement agréable de notre passé. Cela dépend de l’histoire de chacun, de sa culture aussi. Il y a des odeurs qui plaisent au plus grand nombre, comme la vanilline, présente dans le lait maternel et dans beaucoup d’aliments liés à l’enfance.» Ainsi, toutes les odeurs régressives ont des chances de nous toucher, comme l’ylang-ylang, qui rappelle la crème Nivea ou les muscs blancs qui sentent la lessive.

Si la stimulation de l’odorat est capable de provoquer ces réactions, c’est parce que ce sens est lié au système limbique, aussi appelé cerveau émotionnel, rappelle Emmanuelle Grau-Bretin. «La molécule monte dans le nez pour atteindre l’épithélium olfactif, une structure cérébrale située entre les deux yeux. Il contient des récepteurs qui, stimulés par cette molécule, transmettent l’information au système limbique, responsable de la réponse émotionnelle, via le bulbe olfactif. Ce lien étroit explique pourquoi un parfum est capable de nous faire pleurer ou de nous mettre en état d’extase sans que nous comprenions pourquoi.»

3 questions à Olivier Cresp, maître parfumeur et nez de la marque Akro

Comment obtenez-vous ces senteurs si typées?

Je ne regarde pas ce qui se fait sur le marché, je peux faire des centaines d’essais pour arriver à mon but, par exemple le mélange parfait de muscs pour évoquer la peau. Oui, je suis un peu maniaque. Comme un chef en cuisine, il faut choisir et travailler les bons produits. J’ai une belle palette d’ingrédients à disposition, je privilégie les formules courtes, très étudiées, j’ai la chance de pouvoir les surdoser sans avoir de limite de prix. Je suis totalement libre, et je me fais plaisir!

Plutôt matières naturelles ou chimiques?

En général, je pars sur du 60, 70% naturel que je complète avec les molécules de synthèse. Je respecte le travail des chimistes, l’un d’eux a obtenu un Prix Nobel en 1939. La chimie nous apporte les couleurs de l’arc-en-ciel, celles qui ne sont pas disponibles dans la nature. Elles permettent de reproduire des effluves spécifiques, comme l’air marin.

Les notes gourmandes sont très addictives, mais certaines sont plus étonnantes, la figue, le monoï…

Oui, la figue est solaire et rappelle les vacances, tout comme le monoï, obtenu par macération des fleurs de tiaré dans l’huile. Les céréales grillées, torréfiées, c’est sympa aussi, le sésame par exemple, ou le riz et ses notes poudrées, que j’ai exploré pour le parfum des soins Vapeur de riz, de Kenzoki. Nous, les parfumeurs, puisons régulièrement dans le travail des aromaticiens. La recherche dans ce domaine est prodigieuse. Elle développe près de 2000 molécules chaque année, dont on ne gardera que 4 ou 5, car cela coûte très cher.

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Night, eau de parfum, Akro, 165 fr. les 100 ml (Bon Génie Genève)

© DR
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The Only One, eau de parfum intense, Dolce & Gabbana, env. 120 fr. les 50 ml.

© Corinne Sporrer
3 / 11

Classique Pin-up, eau de parfum, Jean Paul Gaultier, env. 147 fr. les 100 ml.

© Corinne Sporrer
4 / 11

Angel, Eau Croisière, Mugler, env. 69 fr. les 50 ml.

© Corinne Sporrer
5 / 11

Violet & Amber, Cologne Absolue, Jo Malone, 280 fr. les 100 ml.

© Corinne Sporrer
6 / 11

Rouge Trafalgar, Christian Dior, 109 fr. les 40 ml.

© Corinne Sporrer
7 / 11

Olympéa, Onyx Collection, eau de parfum, Paco Rabanne, 133 fr. les 80 ml.

© Corinne Sporrer
8 / 11

Soleil, eau de parfum, Lalique, env. 175 fr. les 100 ml.

© Corinne Sporrer
9 / 11

Le Parfum Essentiel, eau de parfum, Elie Saab, env. 115 fr. les 50 ml.

© Corinne Sporrer
10 / 11

Nubica, eau de parfum singulière, Le Couvent des Minimes, 54 fr. 90 les 50 ml.

© Corinne Sporrer
11 / 11

Quatre en Rouge, eau de parfum, Boucheron, env. 88 fr. les 50 ml.

© Corinne Sporrer

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