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Psycho: au secours, je suis nulle en technologie!

Femme ordinateur technologie perdue

«Pendant longtemps, je n’ai pas eu besoin d’utiliser Internet. Je survivais en me contentant d’envoyer des mails. Et puis, j’ai vu des collègues avoir leur page Facebook ou leur compte Instagram, voire leur propre site Web. J’avais envie de faire de même, tout en ne sachant pas comment m’y prendre.»

© Getty

Elle n’a pas installé Skype sur son ordinateur. N’a jamais téléchargé de musique et n’a mis aucune application sur son téléphone portable. Quant à l’usage de Snapchat ou de WhatsApp, elle avoue l’ignorer. Pourtant, Claire, 39 ans, s’en désole plus qu’elle ne s’en félicite. «Les gens ont beau me dire: «Tu verras, c’est facile!», l’univers de la technologie me semble très opaque. Du coup, je n’essaie même pas de m’y risquer.»

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Je suis victime de mes préjugés

Et si, plus que contre des logiciels retors, c’était contre ses propres idées toutes faites que Claire devait lutter? «Dans l’éducation que beaucoup ont reçue, ce qui relevait du domaine technique appartenait traditionnellement au champ du masculin», rappelle Michael Stora, psychologue, psychanalyste et fondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines. Il n’est pas forcément évident pour certaines femmes de se défaire de ces constructions inconsciemment ancrées. Or, souligne le spécialiste, aujourd’hui, «51% des amateurs de jeux vidéo sont des joueuses

Autre préjugé: la vacuité de ces gadgets technologiques. Mais comment juger de leur utilité quand on ne les a pas soi-même expérimentés? «Un grand-parent ne pourra apprécier la supériorité de Skype (appels téléphoniques vidéo via Internet, ndlr) pour maintenir le lien avec ses petits-enfants que lorsqu’il l’aura testé», remarque Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach.

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Seul maître à bord

Les technophobes ont souvent tendance à croire que l’appropriation des nouvelles technologies passe par un apprentissage vertical, de maître à élève. Et, passé un certain âge, tout le monde n’a pas envie de retrouver, même symboliquement, les bancs de l’école. D’autant plus si la période scolaire a été une phase douloureuse durant laquelle les notions d’effort et d’apprentissage ont été empreintes d’un arrière-goût amer. Or, souligne Benjamin Lubszynski, c’est justement là la «révolution induite par les technologies: pouvoir apprivoiser les outils via leur pratique.» Ce que confirme Michael Stora: «Face à une interface, c’est en faisant que nous apprenons.»

S’immerger dans les nouvelles technologies revient fréquemment à se retrouver seul maître à bord pour diriger son esquif (ou sa souris). Or, pour peu que la foi en nos capacités soit déjà défaillante, que nous entretenions depuis l’enfance l’idée que «nous ne savons pas faire», nous peinons à franchir le pas.

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Tous «nuls» pour quelqu'un?

Immergée depuis toujours dans cet univers, la génération Y – née approximativement entre 1980 et 2000 – a un temps d’avance, note Michael Stora. Et encore, tout est relatif. «La technologie évolue tellement vite que si une personne n’a pas la fibre geek, elle peut toujours avoir le sentiment d’être en retard», admet Benjamin Lubszynski. Avec philosophie, nous pouvons donc nous dire que nous sommes tous le «nul en technologies» de quelqu’un.

Que faire?

Laissez-vous guider par les plus jeunes
Enfants, neveux, filleuls: vous pouvez demander aux membres de votre entourage appartenant à la génération Y de vous aiguiller sur le chemin des nouvelles technologies.

En plus de vous sortir de l’ornière, «la démarche de l’adolescent qui enseigne aux adultes est intéressante, estime le psychologue et psychanalyste Michael Stora. Cela permet aussi au jeune d’acquérir de l’autonomie en comprenant que l’adulte n’est pas tout-puissant.»

Affirmez-vous
Et si, plutôt que de vous excuser de ne pas savoir, vous vous revendiquiez «libertaires digitaux», selon l’expression de Michael Stora? Il définit ainsi ces personnes qui en ont «assez de la compression du temps», qui refusent de voir leur portable vibrer à la moindre alerte, qui assument cette «petite originalité passéiste».

Evaluez les avantages
Se passer des technologies peut revenir à se priver d’un certain nombre de bénéfices. Les recenser peut donner envie de sauter le pas. En termes de recherche d’emploi, la présence sur les réseaux professionnels s’avère aujourd’hui nécessaire. Les technologies multiplient aussi les possibilités de rencontres, amicales ou amoureuses. Comme le souligne Benjamin Lubszynski, thérapeute et coach, «on ne va quand même pas attendre le bal du 14 Juillet pour espérer rencontrer quelqu’un!»

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Témoignage: «Ma solution»

Florence, 52 ans, fleuriste

«Pendant longtemps, je n’ai pas eu besoin d’utiliser Internet. Je survivais en me contentant d’envoyer des mails. Et puis, j’ai vu des collègues avoir leur page Facebook ou leur compte Instagram, voire leur propre site Web. J’avais envie de faire de même, tout en ne sachant pas comment m’y prendre. J’ai entendu parler d’un site d’échange de services. Je me suis inscrite et suis rentrée en contact avec une community manager qui m’a aidée. En échange, je lui ai donné des cours d’arrangement floral. Me servir de mes compétences comme monnaie d’échange, cela m’évitait de me sentir infantilisée, tout en apprenant ce dont j’avais besoin.»

#FeminaOpinion: Pourquoi reste-t-on scotché à nos écrans?

À lire

«Les écrans, ça rend accro…», de Michael Stora. Dans cet ouvrage, l’auteur démonte les idées reçues liées, notamment, aux nouvelles technologies, et donne des pistes pour mieux entrer dans cet univers. Sans angélisme, mais avec l’envie de défendre les potentiels que nous ouvrent ces mondes (Ed. Hachette Littératures).

Rubrique réalisée en partenariat avec Psychologies Magazine, dont le numéro 382 est disponible en kiosque. A consulter aussi sur psychologies.com.

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