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L'édito de Géraldine Savary: «On fait de moins en moins d’enfants. À qui la faute?»

Géraldine Savary rédactrice en chef Femina éditorial

«Avoir un enfant ne devrait pas être une question d’argent.» - Géraldine Savary

© ANOUSH ABRAR

Mesdames et Messieurs, est-ce que vous avez fait la grève de l’amour ou vaqué à d’autres obligations ces derniers temps? Il se trouve que le nombre de naissances a chuté en 2022, atteignant le chiffre le plus bas depuis 2007. Une mauvaise nouvelle pour nos retraites, pour l’avenir de nos sociétés et le cafouillage joyeux des repas de Noël quand les plus petits ouvrent leurs cadeaux avec des yeux émerveillés.

Nous étions pourtant sur une bonne lancée. Durant la pandémie, le nombre de naissances a explosé, le confinement a favorisé les envies de bébé, les initiatives en faveur des familles commencent à trouver des majorités, le congé paternité a été introduit, on débat avec plus d’opiniâtreté de la conciliation entre vie professionnelle et familiale et même pour l’élection au Conseil fédéral.

Mais non. En Suisse, les courbes de natalité se sont enrayées. À qui la faute? On peut deviner que les femmes ont eu peur de croiser grossesse et vaccin et que les couples ont retardé le choix d’avoir un enfant; que les craintes liées au climat, à la guerre tiédissent les envies de bébé, voire qu’elles les éteignent complètement. On sait désormais qu’une minorité de jeunes font une croix sur le choix de fonder une famille par souci écologique. Mais les explications les plus simples sont parfois les plus évidentes.

La vie échappe aux planifications

Il reste difficile aujourd’hui en Suisse d’accueillir un enfant. Dès que le nourrisson sort du ventre maternel, il devient un facteur potentiel de précarité. Loyer, assurance maladie, soins dentaires, activités extrascolaires, biens de consommation, on évalue que le fruit de notre amour coûte entre 1300 et 1800 francs par mois selon l’âge, un demi-million jusqu’à ses 18 ans (chiffres 2022).

Et puis, la vie échappe aux planifications. On a envie de tomber enceinte, mais ce n’est pas le bon moment ou pas le bon partenaire, et puis on a des offres de travail ou un gros chagrin d’amour, une maladie qui frappe brutalement, ou tout simplement la conviction qu’il faut découvrir le monde avant de fonder le sien en tout petit, et voilà que, soudain, notre corps ne suit plus aussi bien, on n’a plus beaucoup de temps, on doit demander de l’aide. Dans ce cas-là, les coûts liés à l’envie d’enfant explosent, privant une bonne partie de la population de l’accès à la procréation médicalement assistée.

Dans tous les cas, avoir un enfant ne devrait pas être une question d’argent.

Découvrez l'article, PMA: Ce si long chemin semé d'embûches, publié dans le magazine Femina du 13 novembre 2022.

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