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L'édito de Géraldine Savary: «La reine Isabelle, et toutes les autres»

Géraldine Savary rédactrice en chef Femina éditorial

«Remettre la reine au milieu de l’échiquier participe de cette réécriture des petites et grandes histoires afin de rendre aux personnalités féminines le rôle qu’elles ont assumé ou qu’on leur a imposé, et rendre justice à la complexité de leurs trajectoires.»

© ANOUSH ABRAR

Par la grâce du hasard et de l’actualité, Femina consacre une bonne partie de ses pages à ces femmes qui portent la couronne d’or et d’épines des destinées royales. Des fourmis électriques à celles qui règnent sur nos rêves et nos écrans, les reines sont partout.

Ressuscitent dans les fictions qui nous sont proposées aujourd’hui Elisabeth II, dans la cinquième saison de The Crown, la série qui raconte sa vie, Catherine de Russie ou de Médicis, Victoria, Sissi, Marie-Antoinette, ainsi qu’une pléthore de monarques romanesques qui exercent le pouvoir dans les larmes et le sang. On les voit tituber dans les couloirs des palais hantés par les ombres, concilier avec douleur leurs aspirations de femme et leur appétence à l’autorité.

Solitude, folie, doutes, deuils, sexualité brimée, mort violente, elles embrassent leur destin en sachant que, souvent, les baisers ressemblent à des morsures.

Autre reine à l’honneur de Femina, Isabelle Adjani qui, depuis cinquante ans maintenant, déploie pour nous son immense talent de comédienne. Elle se livre à notre journaliste Alexandre Lanz [dans un article paru ce 6 novembre 2022 dans le magazine et dès le 7 novembre sur Femina.ch], raconte ses rôles de maintenant (Diane de Poitiers, une presque couronnée) ou celui d’une ancienne vedette de cinéma traînant sa vie sur la Côte d’Azur dans le film actuellement dans les salles, Mascarade. Elle regarde le monde du haut de son trône d’artiste indépassée, en parle avec justesse et intelligence, revendique l’indignation, en femme de son temps, comprenez promise à l’éternité.

Bourreaux comme victimes

J’ai longtemps prôné la guillotine pour les têtes couronnées plutôt que l’idolâtrie pour les royautés. Il faut dire que les reines qui ont traversé les siècles ont souvent été représentées comme des femmes superficielles, coquettes, futiles, idiotes, concentrées sur les mouches, dentelles et falbalas, ou alors comme des êtres sans cœur, assoiffées de pouvoir, habitées par l’indifférence à l’égard d’autrui et le mépris du petit peuple.

Majestés, pardon. Bourreaux elles furent sans doute, mais victimes tout autant. Remettre la reine au milieu de l’échiquier participe de cette réécriture des petites et grandes histoires afin de rendre aux personnalités féminines le rôle qu’elles ont assumé ou qu’on leur a imposé, et rendre justice à la complexité de leurs trajectoires.

Après tout, n’est-on pas, chaque matin, la reine de nos jours?

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