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La folle vie de Fiona Zanetti, blogueuse suisse

Fiona Zanetti

La blogueuse suisse Fiona Zanetti.

© Instagram/fionazanetti

Son but dans l’existence? «En me retrouvant sur mon lit de mort, pouvoir regarder en arrière et me dire que j’ai saisi chaque opportunité de vivre une aventure, de me rappeler chaque souvenir et de me dire «oh là là, qu’est-ce que je me suis amusée

Fiona traverse le Bois de Boulogne dans un Uber et communique par FaceTime – cordon ombilical avec sa famille lausannoise et ses amis. Elle sort d’un défilé, dans deux heures elle mixera à l’Armani Café, et demain elle s’envolera pour Tokyo. Du travail? Non, quelques jours sans projet dans l’agenda de Kayture, le site qu’elle fait vivre avec Kristina Bazan et James Chardon. «L’occasion de nous ressourcer ensemble dans cette ville qui m’inspire à beaucoup de niveaux.»

L’amour des dinosaures

Sa vie est-elle toujours ainsi? «C’est un mouvement perpétuel, mais il faut surtout dire que j’ai beaucoup de chance: je sais trouver un équilibre dans mon déséquilibre!» Exemple? Elle vient de fêter ses 22 ans, un anniversaire commencé à New York avec des amis et terminé avec d’autres à Los Angeles.

Mais c’est en train de changer. Fiona troque la Californie pour Paris, afin de s’engager davantage dans la musique, le consulting de mode et «travailler sur ma marque qui je l’espère sortira mi-2017». Sans quitter Kristina: «Nous ne serons plus colocataires mais restons les meilleures amies.»

Reprenons depuis le début. Toute gosse, la petite Italo-Lausannoise se voit paléontologue. «Pour Noël, je voulais des figurines, des DVD, tout ce qui avait trait aux dinosaures.» Elle élargit pourtant son horizon et pense à l’histoire des religions. Mais elle s’ennuie au gymnase, opte pour la maturité commerciale et un diplôme de marketing et communication. A 20 ans, chez un éditeur de magazines, elle plonge dans la rédaction, la stratégie interne, la direction artistique, le stylisme. Elle engage un jour un mannequin nommé Kristina Bazan. Elles deviennent inséparables, et Fiona s’embarque dans l’aventure du blog Kayture, imaginé par la Russo-Suisse et son partenaire James.

Son taxi longe maintenant le Louvre. «Il pleut, ça vous inspire», dit-elle soudain. «Inspire» revient souvent dans sa bouche. «Beaucoup de choses me façonnent encore chaque jour. Michael Jackson, mon artiste favori. Mon adolescence a été bercée par l’album «Bad», et je l’écoute encore au moins une fois par jour. Une forte influence aussi au niveau de mon style.» Autre découverte décisive, «Eating Animals» («Faut-il manger les animaux?») de Jonathan Safran Foer. Elle lit ce livre à 18 ans, devient végétarienne, et le reste.

Mais son «icône majeure» se nomme Diana Vreeland. En 2011, Fiona voit le documentaire «The Eye Has to Travel» sur la journaliste de mode américaine («Harper’s Bazaar», «Vogue») et se sent «sûre que je voulais avoir une carrière dans ce milieu. Un personnage complexe, avec du caractère.» Elle s’y connaît: «Je suis entourée de femme très fortes. Ma «nonna», ma maman, mes tantes, ma sœur, mes amies m’inspirent toutes d’une manière ou d’une autre.»

Un soutien important pour celle qui ose une carrière protéiforme et autoporteuse. Fiona joue de plus en plus fréquemment les DJ, s’est inscrite à l’agence de talents Next Models et se sent prête à élargir ses activités. Même si le travail au sein de Kayture reste un grand plaisir. Et une source de revenus.

Lesquels, au fait? «L’argent vient des marques. Pour faire connaître leurs nouveautés sur les réseaux sociaux avec une communication différente de la pub traditionnelle, elles nous demandent de réinterpréter leurs collections avec notre propre sens du style, de la mettre en scène à l’intention de nos followers.»

Une vie en bout de chiffon

Tel est le terrain de jeu des influenceurs, phénomène viral auquel s’intéressent «Vogue», «GQ» ou «Cosmopolitan»: braquer leurs projecteurs sur les tendances en train de naître. Une production «pas majoritairement commerciale: à peine 10% de mes posts sur Instagram sont sponsorisés». Sur Kayture, on rencontre donc des marques prestigieuses, mais on suit le Festival de Cannes aussi bien que les défilés de mode.


©Instagram

Fiona organise événements, voyages avec les partenaires et «fashion weeks», conçoit des campagnes vidéo pour le web. Ecrire l’histoire, recruter l’équipe de production, produire une chanson, superviser le tournage. C’est, dit-elle, de la création artistique et elle s’y éclate.

Il faut dire que, toute petite, elle ne s’intéressait pas uniquement aux dinosaures. «Je voue à la mode un amour profond. Ce n’est pas artificiel, c’est de l’art. Un défilé, de la création pure. C’est comme une expo, qui permet de comprendre l’artiste.»

Continuera-t-elle ainsi longtemps? Tant qu’elle aura l’énergie et l’envie de découvrir de nouveaux endroits et de nouvelles choses.

Uber dépose finalement Fiona à destination. Dernière question avant qu’elle s’active aux platines de l’Armani Café: est-elle amoureuse? «Pas dernièrement. C’est compliqué, avec cette vie en bout de chiffon, on ne sait pas ce qui nous attend dans deux semaines. J’ai 22 ans, le moment venu, je réévaluerai la situation!»

Ce qui la dope L’envie d’aventure, la chance de voir de nouvelles personnes, vivre à 100%, mener une vie mouvementée et engranger des souvenirs pour plus tard.

Son don inattendu Une sérénité intérieure que je découvre avec étonnement, que je ne me connaissais pas. Un état de paix, qui m’évite de me sentir sous pression.

Sur sa shamelist Il y a des moments dont je ne suis pas fière, mais j’assume mes erreurs. Rien d’inavouable, d’ailleurs. Une chose précise? Disons que j’ai été très mauvaise élève et battais des records d’absentéisme aux cours.

Son dernier fou rire On rigole beaucoup avec Kristina. On s’est écrasées de rire hier soir en arrivant à l’hôtel, complètement épuisées après une folle journée.

Son buzz Un «bad buzz»: un article sournois, méchant, vraiment dégradant de «Vogue» sur les influenceurs. Il dénigre la génération internet, dont je fais partie. Sans doute la frustration de ces journalistes spécialisés et habitués à leur ancien monopole, devant une concurrence qui les fait sortir de leur zone de confort.


©Getty Images

Sa news Femme Christine and The Queens, cette Française qui chante en anglais et a fait la une du «Time Magazine», c’est énorme. Elle a des choses à dire, c’est véritablement de l’art. Une personnalité très intrigante et inspirante.


©Mike Marsland/WireImage

Son actu Je prépare mon déménagement à Paris, une étape excitante. Je m’impliquerai encore plus dans la musique, tout en gardant mon intérêt dévorant pour la mode! Mais, en plein hiver, je reste encore un peu en Californie, ce sera probablement pour le mois de mars.


©Getty Images/iStockphoto

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