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Journée mondiale sans mobile: cap’ ou pas cap’?

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Arrêtez tout! Là, à côté de vous, dans votre main, sur votre bureau, dans votre poche ou dans votre sac: oui, là, vous le voyez? Ce petit rectangle électronique doté d’un écran noir? Prenez-le. Éteignez-le: voilà. C’est tout, maintenant vaquez à vos occupations.

Quoi? Mais c’est impossible! Ben oui, comment ferons-nous pour communiquer avec notre entourage, pour consulter nos mails, pour vérifier les horaires des trains, pour commander notre lunch, pour payer nos tickets de tram…? Autant dire que nos Smartphones sont carrément greffés à nos mains et que nous avons parfois l’impression qu’ils nous tiennent lieu de cerveau (ou en tout cas d’extension de celui-ci.) Et il faudrait qu’on s’en sépare? Pendant trois jours?!

C’est en effet ce que nous encourage à tenter l’écrivain français Phil Marso, lequel a demandé en 2001 que soit instaurée une journée mondiale sans téléphone. Oui, mais bon, nous direz-vous; en 2001, WhatsApp, Snapchat et Facebook n’existaient pas encore! Vivre sans portable ne tenait donc pas encore de l’insurmontable.

Le 6 février, jour de la saint Gaston («y a l’téléfon qui son»)

Et pourquoi Phil Marso a-t-il choisi le 6 février, jour de la saint Gaston, pour nous interdire l’usage de notre mobile? Tout simplement en référence à la chanson de Nino Ferrer: «Gaston, y a l’téléfon qui son, et y a jamais personne qui répond…» Ainsi fut instaurée cette journée mondiale bien particulière, dédiée à la réflexion autour des objets électroniques et à l’importance des conversations téléphoniques (ben oui, à l’époque, les portables servaient uniquement à… téléphoner!) dans notre quotidien.

On pourrait croire qu’en vue de l’omniprésence croissante des objets connectés et leur indispensabilité à notre existence, la journée sans téléphone aurait simplement cessé d’exister, condamnée à l’oubli par une génération hyperconnectée que l’idée aurait laissé aussi hilare qu’incrédule. («Une journée sans iPhone? Autant me demander de me passer d’oxygène!») Toutefois, c’est tout le contraire qui s’est produit: plutôt qu’une seule journée, l’appel au délaissement du téléphone s’est étendu à trois jours, soit 72 heures complètes, du 6 au 8 février.

Sommes-nous tous nomophobes?

Et comme si la situation n’était pas encore suffisamment absurde, il existe également un terme spécialement inventé pour désigner la peur excessive d’être séparé de son téléphone: il s’agit de la nomophobie.

Dans le futur, les missions de survie télévisées style «Koh Lanta» ne dispenseront peut-être plus leurs candidats d’eau et de vivres: afin de tester leurs capacités à évoluer dans le monde extérieur avec autonomie et instinct, il suffira simplement de leur enlever leur Smartphone. La panique sera sans doute identique, sans parler du niveau de difficulté…

Trêve d’ironie, parvenons-nous réellement à imaginer 72 heures sans portable? Trois jours entiers sans WhatsApp, sans scroller, sans vibrations discrètes venues du fond de notre sac à main? Les bénéfices d’une telle entreprise, appliquée sur le long terme, seraient sans doute immenses.

Sans réseaux sociaux, nous lirions 200 livres par an

Selon une étude récente, diminuer le temps passé sur les réseaux sociaux serait à même de nous permettre de lire près de 200 livres par année. Imaginez la culture générale qui en découlerait! (Et n’allons pas prétendre que stalker Beyoncé sur Instagram nous rend plus intelligentes… aussi géniale soit-elle.)

De même, cela augmenterait la qualité de notre sommeil et nous obligerait peut-être (qui sait?) à établir le contact humain réel autour de nous; car sans l’application des CFF, nous serons bien obligées de demander à ce gentil inconnu si tel train se dirige bien vers Zurich, juste histoire d’en être bien sûres.

Bon alors, on tente le coup? On éteint tout? Même le Smartphone a bien droit à un peu de vacances, non?


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