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    Sarah Marquis en mode survie

    A peine rentrée, la voilà repartie… dès juin 2015, notre aventurière préférée débutera un périple de quatre mois dans le bush australien en totale autosuffisance. Pour subsister, elle ne pourra compter que sur le matériel contenu dans son sac à dos. Découverte.

    Publié le 
    26 Avril 2015
     par 
    Jennifer Segui

    Lorsque Antoine de Saint-Exupéry situa l’action de son «Petit Prince» dans un endroit «à mille milles de toute terre habitée», peut-être imaginait-il un lieu à l’image des Kimberley , cette zone sauvage située au nord-ouest de l’Australie, où l’être humain n’a encore quasiment jamais mis les pieds. Sauf qu’ici, point de douces dunes, de mouton à cinq pattes ou de serpent loquace. Le paysage est un brin plus… chaotique. Gorges et canyons accidentés, rivières et cascades tumultueuses, savanes arides et végétation tropicale constituent le biotope inviolé de centaines d’espèces animales, petits et gros crocodiles ou autres insectes et reptiles venimeux, ravis d’évoluer sous des températures caniculaires. C’est ce coin plutôt inhospitalier pour le commun des mortels que celle que le «National Geographic» a nommée «Aventurière de l’année» en 2014 a choisi pour sa nouvelle expédition.

    Plus qu’un voyage, une aventure

    Après avoir parcouru l’Anatolie à cheval lorsqu’elle avait 17 ans, les Etats-Unis du Canada au Mexique en 2000, fait le tour de l’Australie en 2002, crapahuté sur la cordillère des Andes en 2006 et relié la Sibérie à l’Australie en 2010, Sarah Marquis a décidé de sortir de ce qu’elle est bien la seule à appeler sa «zone de confort», pour une aventure dont elle a toujours rêvé: une expédition en mode survie, avec pour seul moyen de subsistance ce que pourra lui offrir la nature. Et comme uniques alliés les douze kilos de matériel méticuleusement choisi contenus dans son sac à dos.

    Devenir un animal

    Après vingt-trois ans d’expérience et de marches à travers le monde, l’aventurière suisse de 42 ans se sent prête: «J’y songe depuis longtemps, partir sans rien, comme une puriste.» La peur? «Celle qui vous met des frissons qui remontent la colonne vertébrale, vous voulez dire?» Oui, celle- là, précisément, elle la connaît mais l’utilise pour avancer. Toujours. Encore. Tout juste si elle avoue devoir se méfier des crocodiles d’eau salée tapis au creux des rivières où elle devra puiser son eau, ou des araignées grouillantes sur les parois des falaises qu’elle aura à escalader pour progresser dans le bush pendant quatre mois. Seule, notre Indiana Jones au féminin va faire de l’environnement hostile son allié: «Je vais devoir sans cesse lire le décor, la nature.» Et, dans la solitude absolue, abandonner derrière elle une part de son humanité, pour laisser la place à l’animalité. Végétarienne depuis son enfance, Sarah va utiliser sa canne à pêche histoire d’attraper les poissons qui vont constituer une partie de l’apport en protéines de son régime de survie. On ne chipote pas, quand la faim vous tenaille.

    S’alimenter à tout prix

    Petits animaux, insectes, «witchetty grubs» (de grosses larves tapies dans le bois), termites, poissons mais aussi fruits du baobab ou chair du pandanus constitueront son menu, qu’on espère quotidien, au cœur du bush: «Je sais que me nourrir va vite devenir mon obsession», avoue-t-elle sans l’ombre d’un doute sur le sujet. «Dans d’autres expéditions, j’ai connu la faim. Je ne la souhaite à personne. Mais en même temps, je sais que l’on peut jeûner pendant quarante jours pour peu que l’on ait accès à l’eau», ajoute-t-elle sans paraître inquiète.

    Une expédition vue d’en haut

    Rendre compte de son quotidien… Si Sarah l’a déjà fait par les mots à travers les différents livres qu’elle a tirés de son expérience, cette expédition marque un tournant. Grâce à un drone, l’aventurière va pouvoir capter ce territoire sauvage méconnu dans toute son immensité et confier ses images au «National Geographic», qui s’est associé avec elle pour cette découverte. La promesse de nous ouvrir une fenêtre sur son aventure solitaire.

    Le sac de Sarah

    • Sac de couchage Sea to Summit Spark series. Le top du top!
    • Chapeau.
    • Container portable pliable.
    • Chaussettes Falke TK2.
    • Hamac Hennessy Ultralight Explorer, pour éviter de dormir au ras du sol.
    • Bandes dépilatoires pour se débarrasser des piquants de plantes urticantes. Couverture de survie. Ficelle.
    • Pompe pliable pour le raft.
    • Alpaka Raft pour traverser les cours d’eau et éviter les crocos. Canne à pêche. Rames. Sarbacane. Bâtons de marche.
    • Montre Tissot T-Touch. Tracker Spot Adventure. Pochette. Sifflet d’urgence. Allume-feu par tout temps. Aiguise-couteau. Boussole.
    • Cartes topographiques. Plastique de survie orange.
    • Machette. Couteau. GPS Garmin. Fronde. Protège-cartes.
    • Appareils photo et caméra Go-Pro. Lunettes d’approche.
    • Casseroles + théière + cuillière. Titanium. Sac à plantes.
    • Stuff bags.
    • Guêtres. Baudrier. Chaussures de marche.
    • Pochettes. Pompe à eau MiniWork MSR 15. Panneau solaire Goal Zero.
    • Drône Iris 3Drobotics. Matelas Z Lite Therm A Rest.
    • Vêtement de corps Falke. Veste Hoodie Icebreaker Merino.
    • Récupérateur d’eau. Dromedary Bag MSR (container d’eau).
    • Stuff bag Ultralight.

     

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