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    Le #JobDeReve de Sylvia Blondin, créatrice de sacs à main

    A l’âge de 25 ans, Sylvia Blondin a lancé rené rené, sa propre ligne de sacs qu’elle réalise entièrement à la main. Derrière le concept de cette pétillante créatrice et maroquinière se cache une imagination débordante et un perfectionnisme à toute épreuve. Rencontre.

    Publié le 
    20 Janvier 2017
     par 
    Ellen De Meester

    Il pleut à verse, mais Sylvia Blondin émerge d’entre les rideaux de gouttelettes, un grand sourire aux lèvres et dressée sur d’élégants talons hauts. Emmitouflée dans un magnifique manteau qu’on adorerait lui piquer, la jeune femme de vingt-cinq ans est un rayon de lumière dans cette grise journée. Elle a l’allure de la «fille stylée» par excellence, la it-girl qui s’ignore et qui n’imite personne; elle n’en a pas besoin, ses propres instincts suffisent.

    Dans le sac qu’elle porte par-dessus son bras se trouvent ses créations: des pièces uniques d’une authenticité indéniable que Sylvia a conçues elle-même, et dont elle a assuré la réalisation entière, du choix des matières aux finitions main. Créée il y a six mois environ, sa ligne de maroquinerie fine se nomme rené rené, un nom particulièrement symbolique pour la jeune Suissesse. Les Américains utiliseraient peut-être l’expression «self-made woman» pour qualifier l’histoire de Sylvia; mais à défaut de jolis mots valises, nous allons nous contenter de vous raconter ce qui ressemble fortement à l’incipit d’une fabuleuse «success story


    © rené rené / Photographe: Séverine Murner
    Sylvia Blondin pose devant l'objectif, lors du premier shooting de la marque rené rené. 

    Comme une envie d’indépendance

    Tout commence - ainsi qu’on aurait pu s’y attendre pour une jeune femme créative élevée en Suisse romande - par une Maturité artistique obtenue dans le canton de Genève. «Ça remonte à très loin ça», soupire Sylvia, semblant oublier un instant qu’elle n’en est qu’à son vingt-cinquième printemps. Mais à voir tout ce que la jeune femme a accompli depuis, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi cette époque paraît lointaine.

    Le chemin semblait tout tracé: après une année de préparation aux concours d’admission, la jeune femme entre à la HEAD (Haute Ecole d’Art et de Design), où s’aiguisera son regard artistique. La prestigieuse école n’était toutefois pas ce qu’il lui fallait réellement: «J’y suis restée six mois, explique-t-elle. On y apprend la conception, le design, le dessin, mais moi j’avais besoin de créer un produit fini et de le réaliser toute seule. Il me fallait du concret.» Et hors de question de livrer un prototype à un fabricant: Sylvia tenait absolument à tout faire elle-même, à contrôler le processus créatif du début jusqu’à la fin. On lui devine un perfectionnisme qu’elle avoue avec un léger embarras, mais qui semble avoir été la clé de son parcours jusqu’ici.

    Décidant de quitter la HEAD, elle se lance dans l’apprentissage de la maroquinerie, à l’atelier Antre-peaux à Carouge, où elle apprend les pratiques traditionnelles. Ce revirement total, elle le décrit comme une véritable «révélation», un point de non-retour qui a marqué la poursuite d’un rêve, une prise de risque.


    © rené rené / Séverine Murner

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Charlotte Levy

    Naissance de rené rené

    Avant toute chose, il lui fallut un atelier; ensuite, du matériel. Sylvia travaille le cuir, qu’elle affectionne tout particulièrement. «La matière, c’est le début de tout, explique-t-elle. Il s’agit de la chose la plus importante dans mon travail. Et le cuir a une âme, j’ai l’impression qu’il raconte une histoire.»

    Dans un souci de qualité, la jeune femme ne commande que des cuirs certifiés européens, venus d’Italie, de France et d’Allemagne. En véritable experte, elle invite au toucher de la matière et présente des échantillons, rassemblés en un trousseau semblable à ceux que l’on tripote en choisissant de nouveaux rideaux. Elle évoque le «Nubuck», façon de travailler le cuir qui lui donne un aspect de velours et, les yeux remplis d’étoiles, décrit l’infini choix de couleurs possibles.

    «Je dirais que le mélange des matières est la signature de la marque, ajoute-t-elle. Je voudrais que mes sacs puissent faire le bonheur d’un maximum de filles et du coup j’essaie de faire des mix et de casser un peu les codes actuels.»

    Lorsqu’on demande à Sylvia d’où elle tire son inspiration, on s’attend à une réponse plus conventionnelle que l’explication qu’elle nous donne: si elle garde un œil sur la mode, elle ne puise nullement ses idées dans les créations des autres. Au moment d’imaginer un nouveau sac, elle se plonge dans une «atmosphère», crée un tableau imaginaire dans lequel elle se représente le décor, l’ambiance, l’allure de la fille qui porterait la pièce… En d’autres termes, elle invente toute l’histoire du sac, comme si elle écrivait le script d’un court-métrage. «Chaque collection détient son propre thème, une influence ou une idée que je développe; mais la technique reste identique», explique-t-elle.


    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    «Un petit morceau de rêve fait main»

    A ce jour, Sylvia Blondin a créé plus de 50 sacs, répartis dans plusieurs petites collections qui possèdent chacune leur propre univers et sont infusées de cette ambiance, du «tableau» que leur créatrice a imaginé pour elles. Mais celles qui voudraient personnaliser leur pièce n’ont qu’à adresser leur demande à Sylvia: car rené rené est né d’un concept de sur-mesure et de contact avec le client.

    «Tout est personnalisable, affirme Sylvia avec enthousiasme. Je propose des bases et des prototypes, afin de montrer ce qu’il est possible de créer, mais ensuite, en posant les bonnes questions aux clientes, je peux leur fabriquer le sac dont elles ont besoin, qui s’adapte à leurs envies. Par exemple, certaines m’ont demandé une poche spécialement conçue pour leur rouge à lèvres préféré! Les femmes transportent un peu leurs vies dans leur sac, alors autant qu’il s’y adapte le mieux possible. C’est comme un petit morceau de rêve fait main.»

    La jeune créatrice travaille actuellement sur une collection de pochettes dont le prix sera plus bas que celui des grands sacs (car le cuir et le fait main ont naturellement un prix). Elle proposera même aux clients d’y inscrire une phrase, un mot, un message de leur choix. «Souvent, on se rend en magasin avec une idée fixe qui est là, dans nos têtes. Du coup, on ne trouve pas ce qu’on cherche sur les rayons. En personnalisant les modèles au maximum, je propose de donner corps à cette idée.» Voilà un concept qu’on ne trouve pas partout, surtout en Suisse.


    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner 

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner 

    Une double renaissance

    «J’ai choisi le nom de ma marque pour deux raisons, confie Sylvia. Tout d’abord, mes deux grands-pères s’appelaient René: c’est une coïncidence que j’ai vue comme un signe.»

    La répétition du nom porte tout son sens lorsque la jeune femme explique l’importance qu’elle accorde à l’idée d’une «renaissance», du fait de naître une nouvelle fois. Cette idée résonne à la fois dans sa vie personnelle et fait écho à son utilisation des techniques traditionnelles de la maroquinerie, auxquelles elle offre un souffle de modernité en les remettant au goût du jour.

    Alors que la marque progresse petit à petit, sa créatrice prend son temps, désirant que tout soit absolument parfait. Aujourd’hui, elle vit de sa passion et y met tout son cœur, se réjouissant de déménager dans un atelier «quatre fois plus grand.» La tête remplie d’idées, de projets et semblant ressentir une motivation inépuisable, elle parle du futur avec une voix enjouée.

    Devant elle, sur la table, est posé l’un de ses cahiers de dessins. Pages fripées, croquis, idées en plein suspens, il s’agit de la trace figée d’une imagination toujours en mouvement, qu’un rien stimule. C’est avec une pointe d’envie que nous imaginons la liberté qu’elle s’est construite en créant son propre univers: et nous avons hâte de découvrir la suite de l’histoire.


    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    © rené rené /Photographe: Séverine Murner / Mannequin: Talyssa Julliard

    Informations pratiques

    Vous pouvez commander un sac ou adresser vos demandes à Sylvia Blondin, via le site de rené rené, ou par mail à l'adresse renerene.ge@gmail.com

    Les pièces sont en vente dans la boutique AIKO, 23 Grand-Rue, 1814 La Tour-de-Peilz (Vaud). D'autres boutiques sont à venir. 

    Les créations rené rené sont toutes certifiées cuir européen et 100% faites main. Comme il s'agit de pièces uniques, les prix ne sont pas fixes, dépendant du cuir choisi et de l'aménagement intérieur. Mais pour vous donner une idée, ils varient de 50 à 200 fr. pour la petite maroquinerie (portes-clés, porte-cartes, pochettes pour téléphones), de 250 à 450 fr. pour les pochettes simples, de 450 fr. à 800 fr. pour les pochettes plus compliquées, et de 600 fr. à 2500 fr. pour les petits et gros sacs. 


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