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    «Et toi, tu t'y mets quand?»: Stop à la pression de l'horloge biologique

    Passé les trente-cinq ans, difficile de pour les femmes ne pas sentir le poids du temps qui passe... Et si on relâchait la pression? Myriam Levain, auteure du livre «Et toi, tu t'y mets quand?» aborde les clichés qui pèsent, autour de cette fameuse horloge et le désir (ou non) d'enfant. 

    Publié le 
    31 Mai 2018
     par 
    Fabienne Rosset

    «Je ne peux plus le cacher. J’ai 35 ans, je suis célibataire, sans enfants, et si le tic-tac de mon horloge biologique ne s’est toujours pas déclenché, ce n’est pas le cas pour le reste du monde.» C’est ainsi que commence, au lendemain de son anniversaire, le récit autobiographique Et toi tu t’y mets quand?, de la journaliste Myriam Levain. Pas réfractaire à l’idée de devenir mère, sans être totalement emballée par le modèle de ses copines au bout du rouleau 24/24 h depuis qu’elles ont fait le grand saut dans le monde merveilleux des couches-culottes et réveils nocturnes, la trentenaire Parisienne, cofondatrice de Cheek Magazine, s’y pose la question de l’inévitable pression de la maternité.

    Dans son livre, foisonnant de témoignages et de paroles d’experts, elle raconte comment elle décide de passer par la case autoconservation d’ovocytes pour le jour où elle aura trouvé le géniteur et qu’elle sera prête à devenir mère. Un véritable parcours du combattant puisque la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes célibataires ou lesbiennes n’est pas autorisée en France. Ni en Suisse, d’ailleurs. Une nouvelle donne à intégrer quand on parle horloge biologique, puisque cette technique permettrait aux femmes d’avoir un enfant si elles veulent et quand elles veulent. L’occasion de revenir avec elle sur les clichés qui pèsent autour de cette fameuse horloge et le désir (ou non) d’enfant. 

    «Je ne veux pas d'enfants. Et non, je ne suis pas une égoïste.»

    «Une femme sans enfants est une femme incomplète.»

    Myriam Levain:  On en a un peu marre d’entendre ce genre de phrase. Même si, à trente-cinq ans, je ne suis pas encore dans un âge où tout est joué, il y a toujours cette suspicion qu’une femme qui n’a pas eu d’enfant a un problème; soit de santé, soit qu’elle n’arrive pas à trouver quelqu’un. J’aimerais bien qu’on en finisse avec ça. Il n’y a plus qu’un chemin: vers la maternité. J’ai le sentiment qu’on a le droit d’aménager autant qu’on veut nos choix, mais du moment qu’on fait des enfants. Ce n’est pas très négociable. 

    «Si tu attends trop longtemps, ça ne marchera plus.»

    Dans mon livre, j’ai pris le cap des trente-cinq ans, parce que dans tous les rapports médicaux, c’est un âge charnière, mais aussi parce qu’avant je ne m’intéressais pas à l’idée d’avoir un enfant. Il y a une vérité scientifique et physiologique là derrière, car passé 35 ans la fertilité des femmes chute de manière drastique. C’est pourquoi j’ai fait le choix de l’autoconservation d’ovocytes.

    «Et toi, tu t’y mets quand?»

    C’est une phrase que je n’ai pas entendue. On la pose à des personnes en couple. Toutefois, à un moment, les gens doivent avoir la délicatesse d’arrêter de poser la question. Maintenant que j’ai écrit ce livre, en racontant ma démarche, soit mon projet de congélation d’ovocytes, on ose m’en parler et je n’ai plus besoin de me justifier. Je ne pouvais plus supporter qu’on pense que, parce que je n’avais pas de mec et d’enfant, j’étais en train de me morfondre. C’est juste une question de timing. L’envie de maternité n’est pas linéaire.

    Congeler ses ovocytes: un débat en gestation

    «Elle veut faire un bébé toute seule.»

    L’autoconservation des ovocytes, ce n’est justement pas pour faire un enfant toute seule. Ça permet de repousser les limites de l’horloge biologique et de se libérer de la pression de devoir trouver un géniteur. Et qu’on ne me parle pas de PMA de confort! Il suffit pour le comprendre d’avoir subi une fois le traitement! Celles qui ont fait des FIV le savent: c’est tout sauf du confort. Sans compter le coût et les déplacements à l’étranger (l’Espagne pour moi). Choisir l’autoconservation, c’est se laisser une chance d’aligner les planètes professionnelles, sentimentales et biologiques.

    «Congeler ses ovocytes, c’est opter pour une assurance bébé.»

    La technique est nouvelle et on n’a pas beaucoup de recul. Toutefois, en écrivant ce livre, j’ai lu des témoignages d’Américaines qui m’ont fait flipper, car elles tombaient des nues quand, à 45 ans, elles faisaient décongeler leurs ovules et qu’elles ne tombaient pas enceintes. Du coup, elles n’avaient plus de plan B. Faire conserver ses ovules n’est pas une garantie qu’on aura un bébé. C’est bien d’avoir conscience que ce n’est pas du tout sûr que ça marche, mais ça ouvre une vraie nouvelle porte aux femmes.

    «Et toi tu t’y mets quand?», Myriam Levain, Ed. Flammarion, 231 p.


    © Flammarion
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