témoignages

    J’ai fait un bébé toute seule

    Toujours célibataire à l’aube de la quarantaine, Sophie a décidé de devenir maman grâce à une procréation médicalement assistée. Un choix mûrement réfléchi qui la comble de bonheur.

    Publié le 
    3 Avril 2018
     par 
    Jennifer Segui

    Ma fille, c’est une évidence, un bonheur au quotidien. Même si c’est loin d’être facile. Les difficultés auxquelles je suis confrontée découlent davantage du fait que je sois une mère célibataire que du mode de conception en lui-même. Je suis seule, affectivement et logistiquement. Du coup, je suis soit au travail, soit avec ma fille et cela demande une bonne dose d’organisation. Mais, de toute façon, je suis si bien avec elle que cela ne me pose pas de problème.

    J’ai tellement, et longuement, réfléchi avant de me lancer dans cette aventure!

    Bien sûr, j’ai déjà eu droit à la remarque que ce que j’avais entrepris était purement égoïste. Toutefois, honnêtement, je pense que c’est tout sauf ça. Avoir un enfant, s’en occuper, est un total don de soi. Quant aux questions futures autour de l’absence du papa, que Leïa ne manquera pas de me poser, je m’y attends à l’aube de ses premiers mots.

    Horloge biologique

    À vrai dire, je suis plus angoissée pour son adolescence où la relation mère-fille est de toute façon toujours compliquée. Pourtant, je suis à l’aise avec notre histoire. Depuis toujours, lorsqu’elle était dans mon ventre, lors de ses premières minutes de vie, je lui ai dit la vérité. Et tout cela ne s’est pas fait sur un coup de tête. J’ai toujours eu envie d’avoir un enfant, mais je ne me mettais pas la pression. Puis, il y a six ans, j’ai connu une rupture que j’ai eu beaucoup de mal à encaisser. Je suis tombée en dépression, je n’arrivais pas à m’en remettre et je ne comprenais pas pourquoi. J’ai entamé une psychothérapie, courte et efficace.

    Là, j’ai réalisé que la fin de cette relation mettait en péril mon souhait d’être maman. Célibataire à 38 ans, mon horloge biologique commençait à sonner l’alarme.

    Ma lutte pour la FIV à l'étranger

    Une famille comme les autres

    Dès lors, comment faire? Rencontrer un autre homme, attendre que l’on soit en phase pour faire un enfant ensemble? C’était plutôt incertain. Coucher avec le premier venu pour tomber enceinte dans son dos? Je ne trouvais pas la démarche follement sexy, ni honnête, Du coup, comment accepter d’avoir une famille pas comme les autres, moi qui étais issue d’un modèle classique, avec des parents toujours ensemble? J’avais cette idée préconçue: On ne fait pas un bébé toute seule. Mais au fond de moi, l’idée faisait son bonhomme de chemin. On était en 2012. En France, les discussions autour du mariage gay et le discours des gens de la Manif pour tous m’ont fait réfléchir. Tout est possible et tout est une question d’amour, même si on ne répond pas au schéma de la famille traditionnelle: une maman plus un papa.

    Impossible adoption

    J’ai d’abord pensé à adopter mais pour une femme célibataire, c’est un chemin de croix. Puis, un jour, lors d’une discussion, une copine a lancé: «Ben moi, si à 40 ans j’ai pas de mec, j’irai me faire inséminer en Belgique!»

    Au début, j’ai trouvé ça affreux de devoir dire à son enfant que son père est une éprouvette. Ensuite, l’idée a fait son chemin, même si, je le redis encore, j’aurais préféré faire autrement. Mais la vie vous oblige parfois à prendre des chemins détournés.

    J’ai donc opté pour une insémination avec donneur anonyme, en Espagne, même si j’aurais souhaité que le géniteur puisse être connu. Or, ce genre de procédure n’était possible qu’au Danemark et c’était compliqué. J’ai fait trois tentatives qui se sont soldées par un échec et deux fausses couches. J’ai attendu un peu pour me remplumer financièrement et me remettre. En mai 2015, j’ai fait une FIV avec diagnostic préimplantatoire. Et ça a marché.

    Lien familial

    J’étais folle de bonheur et d’angoisse en même temps. Jusqu’ici, je n’en avais parlé qu’à quelques rares personnes, mon frère, ma meilleure amie. Puis j’ai commencé à le dire et, comme par magie, mon ventre a commencé à se voir. J’ai tout de suite mis en place un réseau d’amies pour m’épauler. J’étais entourée de fées bienveillantes. Le jour de l’accouchement, que je prévoyais vivre seule, j’ai senti que cela faisait plaisir à ma maman d’être là. Mes rapports avec mes parents ont beaucoup changé. Ils sont tellement heureux de la naissance de Leïa, qui vient de fêter ses deux ans! Ça n’est que du bonheur. Après, je ne me sens pas l’âme d’une militante, c’est vraiment une histoire personnelle. Chacun doit pouvoir se regarder dans le miroir, mais c’est une jolie histoire. C’est notre histoire.

     

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