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    «Séduire comme une biche»: quand les animaux nous apprennent à draguer

    Une couleur, une danse, une odeur, un cri particulier… la parade de séduction des animaux fait écho à celle des humains amoureux. La preuve par 5.

    Publié le 
    9 Novembre 2017
     par 
    Fabienne Rosset

    «Séduire comme une biche ou comment trouver le bon partenaire.» Voilà un livre au titre évocateur sinon prometteur.

    Alors que l’actualité nous inonde de révélations de comportements abusifs et de harcèlements sexuels, cet ouvrage coécrit par un professeur en sciences naturelles et un journaliste spécialisé en psychologie nous offre une bulle quasi bucolique pour revenir aux basiques de la séduction. La vraie, celle qui nous booste positivement quand on est en quête du partenaire idéal. Et que nous partageons sur certains points avec le monde animal, parce que nous ne sommes pas si éloignés des «criquettes» (la femelle du criquet) qui choisissent ou pas de répondre aux appels des mâles, des chimpanzés qui craquent pour les cougars ou des lucioles qui brillent de mille feux pour attirer leurs prétendants. La preuve en 5 exemples tirés du livre.

    Faire son marché comme une mésange

    Si les animaux ne perdent pas leur temps et leur énergie dans des tentatives vouées à l’échec, c’est pour une question de survie. Et pour se reproduire. Ils s’identifient avec des cris, des odeurs ou des couleurs spécifiques. Un peu comme nous avec nos paramètres de préférence, quand on s’inscrit sur les sites de rencontres. Mais en beaucoup plus efficace. Certaines espèces d’oiseaux et de mammifères ont même ce qu’on appelle un «lek», un lieu où les mâles se réunissent pour parader devant des femelles qui font leur petit marché.

    Finaude, la mouche, par exemple, choisit des mâles massifs. Les biches, réunies en groupe pour mater les combats de cerfs, élisent ensemble le même mâle: le vainqueur. La mésange à tête noire, elle, quitte parfois sa moitié pour un autre qui lui garantit plus de ressources. En gros, elles recherchent une relation stable, durable et sécure. Les mâles, un chouia moins. Ça vous parle? Des études le confirment pourtant, en avançant que les hommes espèrent conquérir un peu moins d’une vingtaine de partenaires dans leur vie et les femmes quatre fois moins…

    Quant aux canaux de sélection «humains» - en excluant les sites de rencontres - on parle volontiers d’homogamie, c’est-à-dire le fait de rechercher un partenaire dans le groupe social auquel on appartient: sur le lieu de travail, dans le voisinage, etc. On n’est pas si loin du «lek» finalement.

    Le printemps, c’est tous les jours et même la nuit

    Quand ce n’est pas le temps des amours, dans la nature, mâles et femelles ne se calculent pas. Ils commencent à fricoter uniquement quand les éléments extérieurs sont les meilleurs pour assurer la survie de leur future descendance. Pour les saumons, c’est une fois dans la vie. Les albatros, eux, forment des couples qui se retrouvent chaque année. Alors que chez la souris, il suffit qu’un mâle approche pour qu’elle soit en chaleur. Sans parler des bonobos, toujours prêts à s’accoupler, peu importe si c’est pour se reproduire ou non.

    On est d’accord, pour les humains, la phase séduction ne se limite pas à la période d’ovulation de la femme, et heureusement… mais les auteurs du livre avancent pourtant que statistiquement, les hommes semblent s’intéresser davantage aux inconnues quand elles sont en période d’ovulation, allant jusqu’à dire que ces messieurs de sortie donneraient plus de pourboire à une serveuse les soirs où celle-ci est fécondable! Avis aussi aux noctambules: il paraîtrait que plus la nuit avance, plus les partenaires potentiels semblent séduisants. Alcool aidant ou pas…

    Se faire avoir par la voix de Marvin

    La qualité du chant du rousserole turdoïde promet une probabilité de survie à long terme des futurs petits. La complexité du chant du diamant mandarin d’Australie démontre ses capacités intellectuelles. Les hennissements graves d’un étalon garantissent sa fertilité... On le voit, le parallèle vocal avec nos mâles à nous reste discutable et largement variable. On peut certes craquer pour la voix rauque et sexy d’un courtisan qui pousserait la chansonnette guitare sous le bras. Mais le retrouver le matin avec la voix façon Barry White après une nuit de festivités, ça le fait beaucoup moins.

     

    «Séduire, c’est se séparer (separare) et conduire (ducere), attirer à soi celui ou celle que l’on convoite. Il y a du prédateur là-dedans, mais il est courtois, il ne sectionne pas pour arracher, il amène à partager ses désirs, il s’applique à plaire pour mieux corrompre, à établir un rapport d’influence sensorielle que le sujet séduit accepte, pour son grand bonheur.» Boris Cyrulnik, qui signe la préface du livre.

     

    A éviter à tout prix cependant, sous peine de grosse désillusion (même si l’objet de votre désir est un Apollon): la soirée karaoké. Forcément, il vous décevra s’il mise sur sa reprise des «Lacs du Connemara». Alors? on mise tout sur une playlist sexy-compatible pour emballer et se mettre dans l’ambiance. Un musicologue londonien a mené une enquête sur Spotify auprès de 2000 auditeurs, et c’est la voix de Marvin Gaye sur son «Sexual healing» qui rafle la mise… Logique.

    Si tu as le visage symétrique et les cheveux longs, tu m’intéresses

    Chez les animaux, c’est la femelle qui choisit le mâle. D’après son odeur, son chant, sa puissance… et parfois même sa symétrie, comme chez les femelles des pyrales du maïs (un papillon) qui flashent sur des conjoints aux ailes symétriques. Mais c’est anecdotique, et l’aspect extérieur compte beaucoup moins chez nos amies les bêtes que pour les humains. Si un cerf ayant des bois asymétriques n’est pas retenu au final, ce n’est pas parce qu’il souffre de ce petit défaut visuel, mais bien parce qu’il part avec un malus au combat (ndlr: on l’a vu plus haut, les biches ont une propension à flasher sur les vainqueurs).

    Chez nous autres humains, par contre, outre la beauté physique, la symétrie faciale est un facteur de séduction déterminant. Des chercheurs ont démontré que les hommes aux visages symétriques trouvaient plus de partenaires au cours de leur vie et assuraient mieux au lit (hum). Pour en rajouter une couche, un visage considéré comme beau par les femmes serait synonyme de meilleure qualité du sperme.

    Côté hommes, outre la symétrie, les cheveux blonds et longs ont la cote. On ne va pas disserter sur l’éternel clivage blondes/brunes, mais pour ce qui est de la longueur des cheveux, une enquête de 2001 portant sur plusieurs centaines de femmes de 13 à 71 ans montrait qu’avec le temps et la diminution de leur fécondité, leurs coiffures raccourciraient… Des goûts et des couleurs, en somme. Le parallèle avec les critères de séduction chez les animaux est un peu tiré par les cheveux, mais il n’est pas anodin. On ne choisit pas son partenaire au hasard.

    Pour emballer, c’est Monsieur qui se maquille

    Au printemps, l’épinoche (un petit poisson d’eau douce) se pare de couleurs rouge orangé et ses yeux s’irisent de mille feux. Idem pour les perruches. Mais pour les autres vertébrés, qui n’ont pas la chance de se parer de leurs habits de lumière «naturellement», la couleur jaune rouge doit être produite par leur alimentation pour booster leur potentiel de séduction. Comme pour les flamants roses qui en abusent pendant la parade nuptiale. Ils mangent donc des petits crustacés qui leur confèrent leur couleur, et produisent une sécrétion graisseuse contenant des caroténoïdes dont ils enduisent leurs plumes.

    La lionne, elle, choisira un lion à la crinière sombre, démontrant sa bonne nutrition et un fort taux de testostérone. Le choix des couleurs, souvent vives par ailleurs, est synonyme d’attraction. Sauf que chez les animaux, ce sont généralement les mâles qui sont de corvée maquillage. Les femelles sont davantage en tenue de camouflage, pour s’occuper des petits et déjouer les prédateurs. Quoi qu’il en soit, que ce soit par le chant, le comportement ou les couleurs arborées, ce sont des signaux qui ne trompent pas. Une sélection naturelle chez les animaux qui se conjugue pour les humains avec des facteurs culturels et personnels. Des parallèles avec le monde animal à garder en tête malgré tout, histoire de faire baisser la pression la prochaine fois que vous tenterez une approche, ou l’inverse.

    A lire

    «Séduire comme une biche ou comment trouver le bon partenaire», Jean-Baptiste de Panafieu, Jean-François Marmion, Ed. Salamandre, coll. Bien vivre au XXIe siècle, les réponses sont dans la nature.


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