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Dans «Tully», le réalisateur de «Juno» veut montrer «l'épuisement» des parents

Charlize theron tully cinema juin 2018

«Pour moi, le sujet principal du film, c'est le moment où l'on dit au revoir à notre jeunesse, et le moment où l'on se pardonne pour ce qu'on est devenu», explique Jason Reitman, le réalisateur de «Tully» (en salles le 27 juin 2018).

© DR

Dans cette comédie teintée de mélancolie, en salles le 27 juin 2018, Charlize Theron incarne Marlo, la quarantaine, mère débordée de deux enfants de huit et cinq ans, enceinte du troisième.

À la naissance de sa fille Mia, épuisée par les nuits sans sommeil, l'allaitement, les couches à changer, les lessives et les repas à préparer, elle se sent de plus en plus perdue et seule. Elle accepte finalement de prendre une «nounou de nuit», Tully, une jeune femme joyeuse et surprenante, qui va changer sa vie.

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Pour ce film, Jason Reitman a travaillé pour la troisième fois avec la scénariste Diablo Cody, après le grand succès de «Juno» en 2007 - sur une adolescente confrontée à une grossesse imprévue - puis «Young Adult» en 2011 - sur une romancière qui décide de raviver une ex-histoire d'amour après son divorce.

Ces trois films, qui s'attachent à décrire à chaque fois un personnage féminin en crise à des âges différents, sont une «trilogie sur le fait de grandir» et de vieillir, explique le réalisateur canadien de 40 ans, dans un entretien à l'AFP.

«J'espère que c'est encore le début de beaucoup d'autres films ensemble. Nous en sommes à un stade de notre relation où elle m'appelle et me dit ‘j'ai notre prochain film’(…) Ensuite, elle écrit incroyablement vite», ajoute le réalisateur, qui s'est fait connaître en 2005 avec «Thank You for Smoking», satire sur le lobby du tabac.

«Tully» est né dans l'esprit de Diablo Cody après la naissance de son troisième enfant. Jason Reitman, qui voulait «le plus de détails possibles» pour que «ça ait l'air réel», a ensuite demandé à des mères de lui raconter leur quotidien.

Charlize Theron transformée

«Je trouve que la parentalité n'est souvent décrite que dans les grandes lignes, avec d'un côté le pipi et les couches, et de l'autre côté les moments angéliques. Il n'y a presque rien entre les deux», souligne ce père d'une fille de 11 ans.

«Mon expérience en tant que père, c'était l'épuisement et la peur, l'exaltation mais aussi le trouble, la honte et l'impression que je n'y arrivais pas, et toutes ces autres choses que je n'avais pas vues à l'écran», ajoute le cinéaste, fils d'Ivan Reitman, réalisateur des comédies «SOS Fantômes» et «Un flic à la maternelle».

Dans «Tully», qui décrit de façon souvent drôle les côtés les moins glamours de la maternité, avec cette femme au bout du rouleau pendant que son mari s'endort devant ses jeux vidéo, Charlize Theron, qui avait déjà joué avec Jason Reitman dans «Young Adult», est convaincante dans un rôle pour lequel elle a pris près de 20 kilos.

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L'actrice oscarisée de «Monster» y multiplie les scènes où elle se montre peu à son avantage, en femme au corps déformé par les grossesses, avachie sur son canapé à manger des chips et à regarder des émissions de télé-réalité entre deux tétées, peinant à retrouver forme humaine pour sortir.

«Elle a juste mangé, mangé et mangé» pour se transformer, explique Jason Reitman. «Mais ce qui m'intéresse davantage, c'est la façon dont elle ressent ce que les autres ressentent. C'est ce qui fait d'elle une actrice remarquable».

Avec cette histoire, le réalisateur dit aussi avoir voulu parler de «la relation que l'on entretient avec notre jeunesse», à travers la confrontation entre Marlo et Tully.

«Pour moi, le sujet principal du film, c'est le moment où l'on dit au revoir à notre jeunesse, et le moment où l'on se pardonne pour ce qu'on est devenu», explique-t-il. «Je n'ai pas eu l'impression que ça ait été beaucoup exploré au cinéma».

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