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Défilés

Chanel, Isabel Marant, Saint Laurent... ces maisons de mode qui continuent à nous faire rêver

Les defiles qui ont marque les fashion weeks

«La simplicité et la justesse, la poésie du film de Cocteau m’ont donné envie d’une collection très nette, d’un bicolore très tranché, fait de blanc éclatant et de noir profond... En écho a l’extrême modernité du film, j’avais envie de quelque chose d’assez rock», explique Virginie Viard, directrice artistique de Chanel.

© Imaxtree

Il y a un an, la crise sanitaire bouleversait l’industrie du prêt à porter. A la place des traditionnels défilés de mode, les créateurs avaient choisi de présenter leurs collections de manière virtuelle. D’autres grandes maisons, à commencer par Saint Laurent, suivi par Gucci, Celine ou Balenciaga avaient alors décidé de se retirer du calendrier de la Fashion Week. La raison? Un besoin de reprendre le contrôle de la création au sein d'un système jugé désuet.

Cette envie de renouveau s'est renforcée cette année avec des présentations toujours plus innovantes. A ce propos, le directeur artistique de Gucci, Alessandro Michele, donnait son point de vue au magazine WWD:

«La mode n’est pas à bout de souffle et ne le sera jamais - indépendamment de toute Fashion Week, c’est une représentation de la vie, elle peut s'autogérer.»

Côté tendances, les stylistes semblaient s'être concertés pour contrer la morosité ambiante en mettant à l'honneur silhouettes et scénographies festives. Les chiffres émis par Tagwalk, le moteur de recherche de la mode le confirment avec une hausse de 69% pour les silhouettes de soirée (en comparaison avec les collections printemps-été 2021) et de 15% pour les tenues scintillantes. Le ton est donné, l’esprit de la saison prochaine sera optimiste et porteur d’espoir.

L’hommage de Coco à Cocteau

Le 4 mai 2021, la maison Chanel a présenté sa collection croisière dans les Carrières de Lumières des Baux-de-Provence, un lieu que Jean Cocteau, grand ami de Gabrielle Chanel, avait investi en 1960 pour le tournage de son film, Le Testament d’Orphée. Le long métrage couplé à la beauté du centre d'art numérique ont fortement inspiré Virginie Viard, aux commandes de la maison Chanel depuis le décès de Karl Lagerfeld. A ce propos, Virginie Viard commente:

«La simplicité et la justesse, la poésie du film de Cocteau m’ont donné envie d’une collection très nette, d’un bicolore très tranché, fait de blanc éclatant et de noir profond... En écho a l’extrême modernité du film, j’avais envie de quelque chose d’assez rock.»

La promesse est tenue, car les silhouettes se succèdent en distillant une ambiance punk: tweeds effilochés, collants résilles au format XL, visages sérigraphiés sur t-shirts et colombes brodées à l'arrière d'un blouson... la collection prend une tournure punk, mais demeure résolument moderne. Le final s’achève par un lâcher de colombes, symbole de paix, de légèreté et dernier clin d'œil à Cocteau. La bande son de la vidéo était signée par l’artiste Vegyn, mais quelques heureux privilégiés ont pu assister à l'événement en présentiel et ont eu la chance d'apprécier les performances musicales de Sébastien Tellier, Vanessa Paradis et Angèle. Un show condensé d’émotions.

Défilmé, le néologisme inventé par Isabel Marant

Mesures sanitaires strictes et absence de public... pour leurs défilés, la plupart des créateurs se sont orientés vers le film. Isabel Marant, a donné naissance au terme défilmé en contractant les mots défilé et film - chose rare pour la mode, qui a l’habitude de s’exprimer en anglais. Tourné dans un parking au style brutaliste avec une bande son gabber (une sorte de techno hardcore), la mise en scène se voulait futuriste. Contre-plongées, zooms, plongées... la caméra s’agite autour des silhouettes faites de robes à manches bouffantes, de sacs à franges et de bottes texanes. On retrouve l'éternelle patte d’Isabel Marant, à laquelle se greffent des looks en cuir, des vestes en vinyle et des effets de brillance sur les tissus.

«J’ai travaillé, comme toujours, l’idée d’une fille très urbaine et pleine d’énergie. Mais je l’ai voulue empreinte d’ailleurs: une sorte de cow-boy futuriste»,

confie la styliste au magazine Marie Claire. Baptisée Haute tension, la nouvelle collection insuffle une haute dose d'énergie, comme si la crise sanitaire n’avait jamais eu lieu.

Chez Saint Laurent l’éclat l’emporte...

...sur l'apocalypse. C'est du moins ce que montre le défilmé de la maison, pour lequel Anthony Vaccarello a préféré placer les mannequins dans une nature hostile. Intitulé When the silver wind blows (lorsque le vent d’argent souffle), la ligne défie le danger avec insolence et l'atmosphère, qui semble glaciale, avec style. Dans ce cadre éloigné de la rive gauche parisienne, les looks imaginés par Anthony Vaccarello ont triomphé par leur rayonnement: bodys argentés, vestes en fausse fourrures, bijoux imposants et cuissardes monumentales faisaient la nique à la morosité. Même formule pour les couleurs orange, bordeaux ou turquoise qui contrastaient avec le paysage grisâtre. Cet hiver la femme Saint Laurent brave le froid cheveux au vent et avec grâce. Le concept de liberté résonne dans ce court métrage réalisé par Nathalie Canguilhem. Un affranchissement qui fait sens, alors qu'il y a un an, la maison était la première à se retirer du calendrier de la Fashion Week.

Du piratage pour les 100 ans de Gucci

C’est au Savoy Hotel de Londres que la maison italienne a présenté ses créations pour la prochaine saison. Un lieu choisi en hommage à son fondateur, Guccio Gucci, qui y exerçait le métier de majordome bien avant de bâtir l’empire que nous connaissons. Sous la forme d’un clip réalisé par Floria Sigismondi, la collection, baptisée Aria, détonne par son décor: un couloir bardé de caméras et d’appareils photos, dont les flashes bombardent les silhouettes à chacun de leurs passages. Un défilé que son directeur artistique, Alessandro Michele, qualifie de «laboratoire de piratage fait d’incursions et de métamorphoses». Avec des pièces plissées ou ornées de paillettes, la collection mêle le glamour Hollywoodien à des silhouettes inspirées du monde équestre. Monogrammes et logos s’exhibent sans vergogne sur certaines pièces, dont la coupe rappelle le style de Balenciaga. Le culot atteint son paroxysme lorsque le logo de la maison parisienne, justement, se retrouve appliqué sur des blazers Gucci. «J’ai pillé la rigueur anticonformiste de Demna Gvasalia et la tension sexuelle de Tom Ford», dira Alessandro Michele à propos de sa collection.

Un drive in pour le show de Coperni

A la manière d’un cinéma à ciel ouvert, la maison parisienne est une des rares à avoir réalisé un défilé en présentiel. Ainsi, l’enceinte de l’AccorHotels Arena de Bercy, accueillait près de septante invités, tous parqués dans leurs voitures. Si la collection rend hommage à la nuit, la scénographie fait sens avec un décor évoquant un parking de boîte de nuit ou une rave party clandestine.

«Ce que j’adore surtout dans cette collection, c’est qu’on a cette partie de la nuit qui est plus mystérieuse et qui est plus sensuelle, mais on a aussi toute une partie qui est plus autour de la régénération, du sommeil avec des vêtements conforts. Donc on a exploré toutes les facettes de la nuit qui nous intéressaient», expliquent Arnaud Vaillant et Thomas Meyer, fondateurs de Coperni.

Eclairée par les phares des voitures, la top modèle Adut Akech ouvre le défilé. Elle porte une robe minimale à l'encolure Bardot, des escarpins verts néon zippés et le fameux sac Swipe, qui fait déjà le buzz sur la toile. Fausse fourrures, crop tops, cuissardes à strass, abus de tissus techniques composent cette collection, qui évolue dans une ambiance digne d’une soirée techno des années 2000.

L’anniversaire de Michael Kors

Parmi les déserteurs du calendrier de la Fashion Week, il y a Michael Kors. Le styliste américain a célébré ses 40 ans de carrière le 20 avril. Amoureux du théâtre et de la ville de New York, le créateur a rendu hommage au monde du spectacle en transformant les rues de Broadway en passerelles. Tourné de nuit, ce défilmé auquel se greffe la voix du crooner Rufus Wainwright, distille une atmosphère glamour d’une autre époque. Portées par des mannequins star, les silhouettes forment le parfait vestiaire de soirée: total look rouge pour Bella Hadid, robe fourreau et à paillettes sur Helena Christensen, tandis que Naomi Campbell clôt le show, vêtue d’une longue robe noire tout aussi scintillante. La femme de l’hiver prochain sera fatale, et gaie.

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