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«Mon chocolat, c’est de l’écologie appliquée!»

Vecu stephanie Corinne Sporrer

Stéphanie travaille aujourd'hui dans une fondation qui soutient les producteurs de cacao et importe des tablettes de chocolat produit au Costa Rica.

© Corinne Sporrer

Petite, je n’aurais jamais imaginé que ma vie tournerait un jour autour de cacaos et de chocolats équitables et écologiques. Mais voilà qu’aujourd’hui, à 33 ans… bon, en même temps, bien que je doive beaucoup à des jolis hasards et à de belles rencontres, mon engagement pour un projet qui est en quelque sorte de la bionomie appliquée est assez logique!Il faut dire que j’ai été sensibilisée à l’écologie depuis toujours. Ma sœur aînée et moi avons grandi en Equateur avec des parents qui adoraient la nature et nous passions toutes nos vacances en Amazonie, où mon père avait acheté un petit terrain.

Enfant, j’étais surtout attirée par le monde animal mais, petit à petit, l’univers végétal a aussi commencé à me passionner. Si bien qu’à 18 ans, j’ai rejoint ma sœur à Lyon pour y suivre des études universitaires. C’était un changement assez surprenant: quitter le cocon familial, son pays, ses habitudes… cela dit, je me suis assez bien acclimatée.

D’une part, comme mon père est Genevois (il est arrivé en Equateur dans les années 70), je parle français depuis toute petite; d’autre part, j’ai été scolarisée dans une école franco-équatorienne et n’étais donc pas trop déstabilisée par le système. Et puis la neige, franchement, c’est plutôt sympa! Bref, j’ai commencé par un master en écologie, focalisée sur l’aspect conservation, qu’il s’agisse de plantes ou d’animaux. Dans le cadre de ces études, j’ai été amenée à effectuer quelques stages, en Equateur et à Madagascar, notamment, pour collaborer à des projets de développement rural. Ça a bouleversé ma vision des choses. J’ai dû travailler avec des gens… et plus uniquement sur des végétaux ou des animaux.

Et ces expériences ont tout changé puisqu’elles m’ont permis d’élargir mes horizons et de comprendre que l’écologie ne se limite pas à protéger telle ou telle forêt, par exemple, mais doit intégrer l’humain et donc prendre en compte les gens qui vivent autour.

Forte de cette nouvelle donne, et dans le désir de voir comment rendre possible des projets respectueux d’un équilibre entre homme et nature, j’ai décidé de me lancer dans un master en écotourisme.

C’est là qu’est née mon envie de Costa Rica, un pays de rêve aussi bien en termes de conservation que d’écotourisme. En fin de cursus, j’ai donc cherché un stage là-bas et suis tombée sur Macaw Lodge. C’est un projet absolument fantastique, lancé dans les années 80 par deux frères. Ils avaient acheté cet énorme terrain de 400 ha, situé à 45 minutes de piste de la côte pacifique du Costa Rica, à 700 m d’altitude, avec l’idée de reboiser et de redonner sa biodiversité à cette parcelle dont la terre avait été épuisée par la monoculture et l’élevage intensif. Quelques années plus tard, avec le retour de la végétation et de la faune, ils avaient eu l’idée de créer un écolodge pour valoriser le lieu en faisant du tourisme responsable. C’était exactement ce que je recherchais, une espèce d’idéal!

Une période d’une richesse folle

J’y suis donc allée pour quatre mois en tant qu’administratrice. Les choses se sont si bien passées que j’y suis restée pour lancer avec eux un projet de volontariat. Comme je partais de zéro, j’ai dû faire quelques allers-retours avec la France pour tout mettre en place et organiser: site internet, contacts avec les universités et les grandes écoles, planification… pendant un an, nous avons donc accueilli onze étudiants en fin de cursus pour des stages de six mois qui allaient de l’hôtellerie à la restauration, en passant par la conservation et l’agriculture.

Cette période-là a été d’une richesse et d’une intensité folles. Ce d’autant que, parallèlement, on a aussi commencé à se focaliser sur le cacao.Les premiers cacaoyers avaient été plantés vers 2011 et quand je suis arrivée, ils commençaient à donner leurs premières récoltes. L’idée de base, c’était d’abord de vendre du cacao en fèves brutes. Toutefois, grâce à l’engagement et à l’intérêt d’une des jeunes employées du Lodge, Yorleny, le projet a évolué vers un double pari: cultiver le cacao, selon les principes de l’agroforesterie, donc, et produire du chocolat avec. Du coup, sous l’impulsion de Yorleny, on s’y est tous mis!

Evidemment, on n’y connaissait pratiquement rien à rien. Des experts sont donc venus nous donner des explications, j’ai commencé à me renseigner partout où je pouvais et, surtout, on a fait nos petites expériences!

Ce qui est passionnant, c’est de voir qu’on peut lire ou recevoir les meilleurs conseils du monde, ils ne seront pas forcément applicables. En pratique, la qualité de la terre et les contextes géographique ou climatique peuvent tout changer!

Autrement dit, ça a pris du temps. Il fallait par exemple savoir quel type de taille va à quelle plante, mais aussi déterminer quelles espèces planter autour des cacaoyers pour que ça leur profite, tout en permettant aux cultivateurs de vivre en attendant les récoltes. Bref, j’ai dû beaucoup discuter avec les gens du coin, écouter les recommandations de spécialistes, tester…

Se sentir utile

Et puis il y avait la confection du chocolat proprement dite. Ça aussi, ça a été toute une aventure! Heureusement, on n’était pas sous pression et même les catastrophes, notamment au moment de la fermentation des fèves, ont surtout constitué des leçons enrichissantes! Il y a bien entendu eu des moments un peu frustrants, mais à vrai dire c’était plus comme un jeu: on essaie, on se trompe, on apprend.

Une chose est claire: j’avais envie de me sentir utile aux gens de cette région, qui est très isolée et rurale, et ce projet leur a permis d’être capables de gérer les processus de A à Z.

Moi, ça m’a préparée à ce que je vis maintenant puisque, tout en restant en contact avec le Macaw Lodge, dont j’importe les tablettes avec Chocolats du Monde, je travaille dans une fondation basée en Suisse, qui s’occupe du développement rural et écologique de producteurs de cacao en Afrique ou en Amérique centrale. De quoi être sûre de ne jamais rester… chocolat!

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