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«J’ai retrouvé le véritable esprit de Noël»

«J’ai retrouvé le véritable esprit de Noël»

«C’est l’une des choses les plus fortes et des plus marquantes que j’ai pu vivre avec ma famille», confie la jeune Lausannoise.

© Corinne Sporrer

Mes parents ont divorcé lorsque j’avais 10 ans. La magie de Noël avait pris une tout autre couleur depuis cette séparation: mon frère et moi étions toujours trimballés durant les fêtes de fin d’année. Ces rassemblements ne se déroulaient pas aux dates précises et nous fêtions tous à deux reprises. Pour moi, ils n’avaient pas beaucoup plus de sens que nos repas de famille habituels. Ces dernières années, j’ai encore remis tout ça davantage en question. Je ne suis plus en accord avec cette course effrénée aux cadeaux, qui va totalement à l’encontre de mes convictions écologiques. Je suis très peu matérialiste, les échanges sociaux m’apportent souvent bien plus. Pour toutes ces raisons, il y a deux ans, j’ai souhaité fêter Noël différemment.

J’en ai discuté ouvertement avec ma maman. Je lui ai confié que j’étais fatiguée de ces Fêtes qu’on s’obligeait à célébrer, sans vraiment y mettre le cœur.

Je ressentais le besoin de faire quelque chose qui ait plus du sens pour moi, qui pourrait apporter du réconfort à d’autres. J’ai toujours eu tout ce que je souhaitais, je n’ai jamais été dans le besoin, il était temps de donner à ceux qui manquaient de l’essentiel. Lorsque nous en avons parlé en famille, ma maman a tout de suite compris ma démarche et a été très enthousiaste pour me suivre dans cette aventure. C’est elle, ensuite, qui a embrigadé ma grand-mère, très contente également, même si ça lui semblait plutôt étrange. Habituellement, cette génération préfère célébrer Noël autour de grands repas, des Fêtes souvent excessives dans tous les sens du terme. Quant à mon frère, il a été partant immédiatement: il aime beaucoup donner et se plie en quatre pour les gens. Très actif dans le milieu associatif, il n’a pas hésité une seconde à nous rejoindre.

Après quelques recherches, nous avons découvert qu’un Noël particulier était organisé à la gare de Lausanne, le 24 au soir. Noël à la gare existe en effet depuis les années 80. Il y a cinq ans, Véronique et Denis Gaillard ont repris les rênes de la manifestation. Ils l’organisent avec le soutien de la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise et, chaque année, ils prennent contact avec leur liste de bénévoles, se considérant comme des «catalyseurs de bonnes volontés».

Une grande famille de bénévoles

En général, le 24 décembre, on aime se retrouver en famille une heure avant de se rendre sur les lieux. On partage un repas, on s’offre quelques bricoles. C’est un petit moment privilégié pour tous les quatre. On part ensuite pour la gare de Lausanne. Arrivés sur place, nous sommes toujours très bien accueillis. On a l’impression de faire partie d’une grande famille. Tous les bénévoles sont bienveillants: on ne peut que s’entendre lorsque le but de notre démarche est le même. J’ai hâte de les retrouver cette année.

Il y a alors beaucoup de choses à mettre en place. Certaines équipes s’occupent de l’installation du stand, d’autres partent collecter des invendus dans les grandes surfaces et les restaurants qui participent à l’opération. Tous ensemble, on crée un petit coin chaleureux pour donner envie aux gens de s’arrêter. L’idée n’est pas simplement de distribuer de la nourriture, mais de partager un moment avec eux. Beaucoup ont besoin de parler.

Ma grand-mère s’est retrouvée à discuter durant deux heures avec une personne qu’elle n’avait jamais vue auparavant. Elle était très étonnée d’avoir pris autant de plaisir, simplement en donnant de son temps à d’autres.

Riche, pauvre, jeune, vieux, tout le monde est le bienvenu. Il y a beaucoup de personnes dans le besoin, d’autres qui se retrouvent seules ce soir particulier, mais aussi des gens de passage, des voyageurs. En 2018, deux touristes venant de Chine se sont arrêtés. Ils étaient très étonnés de notre démarche, c’était la première fois qu’ils voyaient ça, ils voulaient nous payer pour la tranche de gâteau qu’ils avaient mangée! Ce qui est étonnant, c’est de constater que personne ne se rue sur la nourriture, même si certains ont faim et que tout est gratuit. Je me suis rendu compte que, lorsque l’on apporte quelque chose aux gens, ils le reçoivent de la manière dont on le donne. Ça m’a énormément touchée, c’est un contraste tellement frappant avec la ruée dans les magasins qu’on constate habituellement à cette époque de l’année.

Un événement marquant

En faisant le point ensuite, en famille, nous nous sommes rendu compte que c’était une des choses les plus fortes, les plus riches en émotions, que nous ayons eu la chance de vivre ensemble. Cette année, lorsque nous avons su que la manifestation allait avoir lieu, nous n’avons pas hésité une seule seconde à nous inscrire à nouveau comme bénévoles. Ça va juste être un petit peu plus compliqué pour ma grand-maman, qui vit en France J’espère qu’elle pourra faire le voyage. Tout dépendra des mesures sanitaires. Plus que jamais, on a besoin de tels événements solidaires. La crise touche tellement de personnes!

Tout au long de l’année, le bénévolat est l’un des piliers de ma vie. Je m’occupe d’une association dont le but est de motiver les femmes à essayer le skateboard, de leur montrer que ce sport, à tendance masculine, est accessible à toutes, de leur permettre de se sentir en confiance dans une atmosphère bienveillante et non jugeante. Gérer ça me demande beaucoup d’organisation au quotidien, mais m’apporte énormément, je me sens gratifiée de pouvoir transmettre ma passion. Voir leurs sourires lorsqu’elles réussissent, ça n’a pas de prix!

A Noël, j’adore pouvoir ainsi procurer du bonheur et rendre les gens heureux, pouvoir leur offrir ce que j’ai et ce dont ils manquent peut-être.

Je me rends disponible pour les écouter; ce sont souvent des personnes qui ont besoin de parler et qui ne veulent pas se sentir seules ce soir-là. Ça me rend vraiment joyeuse. Avec cet événement, j’ai l’impression d’avoir trouvé le véritable esprit de Noël. Quand je pense au prochain Noël à la gare, à ce que je vais pouvoir apporter et recevoir, ça me remplit déjà de joie et j’ai à présent vraiment de la peine à imaginer passer le 24 décembre autrement.

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