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Punch, punch, kick!

J'ai testé: un cours de boxe-thérapie

Jai teste un cours de boxe therapie

«La boxe permet de libérer tout ce qui est resté bloqué et qui ne demande qu'à s'échapper. Ainsi, les personnes qui n'arrivent pas forcément à poser un terme sur ce qu'ils ressentent parviennent mieux à s'exprimer. En lâchant les énergies négatives, on créé de la place pour du positif!»

© Getty

Je n'ai jamais fait de boxe, mes bras ressemblent à ceux de Kermit la Grenouille et l'ouverture d'un pot de confiture représente pour moi un véritable défi. Voilà le genre de pensées qui traversaient mon esprit, au moment de rejoindre Charline Grillon dans son lumineux cabinet lausannois. Car à défaut de passer l'heure assise dans un fauteuil, en face de la psychologue, je m'apprêtais à enfiler des gants de boxe pour (ainsi l'imaginais-je) «pulvériser» mes émotions négatives.

À 26 ans seulement, Charline Grillon n'est pas une psychologue comme les autres: en 2016, la jeune femme décrochait un titre de championne suisse de kick-boxing, une passion découverte un peu par hasard: «Je ne pensais pas forcément être faite pour la boxe, raconte-t-elle. Comme tout le monde, j'avais quelques à-priori, notamment quant à l'aspect violent de ce sport. Mais quand un ami m'a encouragée à tenter l'expérience, je me suis inscrite à mon premier cours, juste pour essayer. Et j'ai complètement adoré!»

À force d'entraînements, Charline tombe amoureuse de cette activité physique, forge une nouvelle confiance en son corps et découvre que la boxe, comme une forme de catharsis, a le don de la rendre plus calme. En parallèle de ses études de psychologie, elle la pratique sans relâche, jusqu'à monter sur les podiums et rafler la prestigieuse médaille qui récompensera tous ses efforts.

Une fois son Master de psychologie en poche, Charline s'interroge: pourquoi ne pas combiner ses deux activités pour créer le métier de ses rêves? Quelques temps après naissait son cabinet de Boxe Thérapie, l'un des premiers en Suisse. Le concept? Mettre les mouvements de base de la boxe au service de la psychologie, afin d'aider le patient à cibler ses besoins, exprimer plus facilement ses émotions et libérer l'énergie négative qui le bloque. En d'autres termes, on se défoule en visant les états négatifs à travailler et les pensées positives à développer. Déjà très populaire en France et au Royaume-Uni, l'activité se développe timidement en Suisse.

Chaque séance (individuelle) commence par un moment de discussion destiné à identifier les besoins de chacun. Puis, on enfile les gants, et c'est le moment de boxer!

© Arisa Chattasa / Unsplash

Parler pour mieux viser

Charline me rassure d'emblée: «J'adapte chaque séance aux besoins de mes patients. Si quelqu'un a plus besoin de parler que de bouger, on peut passer l'heure à discuter, sans toucher aux gants. J'adapte également les exercices au niveau de tout le monde. Hors de question de se faire mal ou d'y aller trop fort.»

Après l'échauffement (jumping jacks, squats...), l'experte m'explique les mouvements de base de la boxe. Debout face à moi, elle enfile ensuite les pattes d'ours (larges gants destinés à réceptionner les coups de l'autre, durant les entraînements) dans lesquels je dois me préparer à taper. Le premier exercice consiste à énoncer un élément de mon quotidien qui m'énerve, avant de donner deux coups énergiques. Hésitante au début, je crains naïvement de lui faire mal, alors que mes coups ne doivent pas faire plus de dégâts que le battement d'aile d'un papillon hypoglycémique... Mais je finis par donner tout ce que j'ai, réalisant que la concentration requise pour réaliser des mouvements justes est quasiment méditative.

Avant d'enfiler les gants, j'avais expliqué à Charline que je vivais assez régulièrement des crises d'angoisse, afin qu'elle puisse adapter les exercices à ce problème. Dans un premier temps, nous travaillons à exprimer le négatif: tout ce qui m'énerve (punch), la sensation que j'éprouve lorsque j'angoisse (uppercut)... À plusieurs reprises, la psychologue me demande de taper aussi fort et aussi vite que je peux, jusqu'à ce que quelque chose se débloque en moi. Je n'y crois qu'à moitié, sachant que je ne lâche jamais (mais alors ja-mais) prise. Mais je tape quand même, encore et encore, jusqu'à en oublier de respirer (Charline doit me le rappeler!). Et là, effectivement, quelque chose se libère. Je n'avais encore jamais ressenti cela, même lors de mes joggings les plus intensifs.

«La boxe permet de libérer ce qui est resté bloqué et qui ne demande qu'à s'échapper, explique Charline Grillon. Ainsi, les personnes qui n'arrivent pas forcément à poser un terme sur ce qu'ils ressentent parviennent mieux à s'exprimer. En lâchant les énergies négatives, on créé de la place pour du positif!»

En effet, une fois tout le négatif exprimé, Charline oriente la séance vers le positif. Elle me demande de lister tout ce que j'aime bien chez moi, en ponctuant chaque mot de deux «hook punches» (ou crochets). Entre les coups, elle me propose des exercices de visualisation incroyablement adaptés à ce que je vis, destinés à libérer de l'espace pour des émotions positives. On dirait de la poésie.

Bouger le corps pour bouger l'esprit

«Je remarque que beaucoup de gens arrivent en séance un peu crispés et repartent plus sereins, raconte Charline. À la fin d'une séance, on est fatigués bien sûr, mais également reboostés. C'est une très bonne fatigue.» Je confirme! Après une heure de boxe, et surtout grâce aux quelques passages plus intensifs, j'ai l'impression d'avoir fait du ski.

Pour Laurence Chappuis, psychologue diplômée en psychologie du sport, la boxe-thérapie peut être une excellente façon de retrouver confiance en soi et de «lâcher» des émotions puissantes dans un espace sûr: «Il faut évidemment différencier la boxe pratiquée dans un club et la boxe réalisée dans un but thérapeutique, ajoute-t-elle. Lorsqu'on s'entraîne dans un club, on fait son sport, puis on s'en va; personne ne s'attarde vraiment sur nos sentiments ou notre expérience. Le but n'est pas le même: on dispose du même support physique, mais il faut en élaborer les effets mentaux tout seul. En revanche, durant une séance de boxe-thérapie, on a l'occasion de parler, d'utiliser cette activité dans un but d'expression, ce qui permet de faire quelque chose de tout ce qu'on a pu libérer.»

En effet, à la fin de la séance, Charline propose quelques exercices de méditation, afin de retrouver le calme et s'ancrer dans le moment présent. S'appuyant sur des images et des métaphores, elle m'aide à remplacer ce que j'ai libéré par de la lumière ou de l'énergie positive.

«Ce type de séance nous permet d'exprimer des émotions telles que la colère d'une façon plus aisée, poursuit Laurence Chappuis. Il est constructif de parler de ce que l'on a ressenti durant les exercices de boxe, car cela peut nous donner des pistes, amorcer un travail à faire sur soi-même et ouvrir un chemin qui nous permettra d'avancer. Dès que l'on sort du cadre d'une consultation face-à-face, il devient plus facile de parler librement.»

Résultat?

Je quitte la séance complètement énergisée, presque euphorique. Et j'ai très faim! Mes angoisses me paraissent soudainement des adversaires bien insignifiants, sachant que je peux désormais leur envoyer un uppercut en pleine figure. Il me reste encore un bon bout de chemin à parcourir pour les chasser complètement, mais j'ai l'impression d'avoir identifié la bonne direction à prendre. Je conseille cette expérience à toutes les âmes stressées qui cherchent un moyen de relâcher les tensions en exprimant leurs soucis. Aucun problème n'est trop «futile», aucun niveau sportif n'est «pas assez bon».

Le lendemain, je n'avais quasiment pas de courbatures... sauf aux mains. Moi qui craignais de ressembler à Kermit la Grenouille, j'ai fini par me sentir plus forte que Thor l'irrésistible!

Où tester la boxe-thérapie en Suisse romande?

Dans le cabinet de Charline Grillon, à Lausanne (VD).

Plus d'informations

À la Kodenkai Swiss Academy, en Valais (la localisation varie selon les modules).

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