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#FeminaOpinion: En 2017, on arrête de douter!

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© iStock

Pas plus tard qu’hier, assise dans un wagon bondé de pendulaires, je tenais une conversation téléphonique des plus importantes: «Tu sais, j’ai vraiment l’impression que 2016 a été une année misérable pour tout le monde», me disait une amie.

«Sauf pour Blake Lively», me suis-je permise d’ajouter, attisant l’acrimonie de mes compagnons de voyage qui auraient préféré un silence complet (Oui, car je parle un peu fort: disons que si vous avez déjà pris le train avec moi, vous connaissez certainement tous les détails de ma vie.) «Moi aussi j’aurais passé une bonne année si j’étais mariée à Ryan Reynolds, renchérit mon amie. Mais bon, je pense que même si par miracle je rencontrais quelqu'un comme lui, je n'oserais pas lui dire un mot!»

C’est alors que je me suis demandée quand nous étions devenus aussi incroyablement pusillanimes. Depuis quand avons-nous si peur, que ce soit dans le domaine privé ou professionnel, de prendre des décisions, d'essuyer une défaite ou de nous montrer vulnérables? Pourquoi la possibilité d’un échec, quel qu’il soit, nous empêche-t-elle parfois de tenter le tout pour le tout, nous dérobant de l’assurance nécessaire au succès? Car avant de prendre une décision, nous tergiversons et demandons parfois l’avis de mille-et-un proches, joignables h-24 depuis leur (satané) Smartphone… Où est passé l'instinct? (Allô, allô, instinct féminin?)

Bon, quand je dis «nous», je veux dire «moi, et beaucoup de personnes que je côtoie»; mais sans me permettre de formuler d’absurdes généralisations, j’oserais tout de même souligner une certaine tendance. Je m’explique:

«Cette tenue, tu crois qu’elle me va?»

Impossible de compter le nombre de selfies pris devant le miroir que j’ai reçus et envoyés. Toujours accompagnés d’une phrase du genre «Tu crois que c’est too much?», «Je n’ai pas l’air grosse?» ou «Tu penses qu’il va me prendre pour une fille facile?» Les copines, sincères ou amadoueuses, répondront, nous nous sentirons affolées ou rassurées selon leur opinion, puis nous passerons au doute suivant. (Le choix de la tenue est évidemment un exemple superflu, mais nous avons tous un domaine dans lequel nous manquons de confiance en nous, n’est-ce pas?)

Il me semble que nous prenons de moins en moins de décisions sans hésiter, sans nous encombrer de quinze avis différents, ce qui révèle la quantité absurde de temps que nous passons à douter.

Finalement, c’est quoi un doute? J’ai posé la question à ce cher dictionnaire, ce vieil ami qui n’avait jamais douté avant que des barbares lui ôtent le circonflexe. Et il s’agit tout simplement du contraire de la certitude, le sentiment qui nous assaille lorsqu’on ne sait pas, lorsque plusieurs options sont possibles et que nos instincts féminins ont décidé de nous déserter, nous laissant seules, démunies, sans rien pour nous guider...

Les petites questions du quotidien

Dès qu’il s’agit de grandes interrogations telles que «Dois-je accepter cette offre d’emploi?» ou «Est-ce le bon moment pour acheter cet appartement?», il est tout naturel de demander l’avis et l’aide de notre entourage. Par contre, en ce qui concerne toutes ces questions insignifiantes que nous nous infligeons au quotidien, il semble y avoir comme un léger petit problème, non? «J’ai pas eu l’air trop bête pendant cette présentation?», «Tu penses que c’est trop tôt pour la rappeler?» , «Est-ce que j’ai bien fait de lui dire non?»

En plus de s’accabler de tous ces doutes, nous invitons également le regard des gens dans nos têtes. Et qui pourrait nous le reprocher, puisqu’il nous suffit d’envoyer un WhatsApp à une amie pour savoir ce qu’elle en pense? Beaucoup trop facile. Ce perpétuel questionnement révèle peut-être une grande peur du regard des autres, exacerbé par le fait que l’«autre» nous suit partout, au-travers de ce petit gadget que nous appelons Smartphone. (Que l’on ressuscite immédiatement Jean-Paul Sartre, on a besoin d’une version 2.0. de «L’Enfer c’est les autres»…)

Mais revenons-en aux doutes. Finalement, qu’est-ce qu’on y perdrait, à se contenter de son propre avis et à avancer avec assurance, sans demander à chaque passant si on a tourné au bon croisement (façon de parler, on se comprend…) Et si on se trompe de chemin? Tant pis; on fera tout simplement marche-arrière, tout en sachant qu'on ne commettra plus la même erreur.

En 2017, on dit STOP!

Les doutes, c'est terminé: au fond, quelle est la pire chose qui pourrait nous arriver si nous arrêtions de nous poser toutes ces questions? Nous balader avec une tenue mal assortie parce qu’on n’a pas envoyé de selfie «test» à Sarah? Et bien tant pis, l’univers s’en remettra. La prochaine fois qu’on sera confrontée à un petit doute, restons loin de notre téléphone et demandons-nous simplement «Que ferait Beyoncé à ma place?»

En voilà une belle résolution pour la nouvelle année: on vous en parlait déjà au moment de vous avouer notre légère aversion pour le Nouvel-An. En 2017, on balaie nos peurs, on envoie paître nos doutes, on s’investit dans ce qu’on aime et on fonce têtes baissées avec courage. Et tant pis si on se cogne dans quelques obstacles. Imaginez à quel point notre vie sera facilitée dès qu’on aura oublié un peu le regard des autres. En 2017, on dit ce qu’on pense, on fait ce qu’on aime et on ose poursuivre nos rêves. Cela me semble être une bien meilleure idée que de me promettre une perte de poids, une hausse de motivation sportive ou moins de dépenses...

Parce que comme l’écrivait si justement ce brave Appollinaire: «Il est grand temps de rallumer les étoiles.» 2017, ne nous déçois pas, s'il te plait.


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