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Vacances, îles, fitness «Women only»: la non-mixité a le vent en poupe

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«Certes, une île sans hommes n’est pas la solution à long terme, mais c’est un besoin actuellement. Et il faut bien avouer que du point de vue marketing, c’est plutôt malin. Toujours plus de femmes recherchent ces "voyages entre copines".»

© Roberto Nickson

Bienvenue sur l’île de SuperShe, au large de la Finlande. Un endroit idyllique, au calme, où la nature est belle et les petits bungalows aménagés avec beaucoup de goût. Enfin, bienvenue à vous, Mesdames. Car les messieurs y sont interdits. Cours de yoga, méditation, cuisine santé: de quoi s’amuser sans être distraite par le sexe opposé (c’est le pitch du lieu). L’idée est née dans la tête de Kristina Roth, businesswoman, adepte du kitesurf et snowboardeuse, après des vacances entre amies en Californie. Sur son site Web léché, elle propose, dès cet été, des séjours garantis sans testostérone. Les participantes qui le souhaitent pourront enchaîner avec le Statement festival, à Göteborg, en Suède, lui aussi réservé au sexe féminin.

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L’alternative au Club Med

Des initiatives, dans le même esprit, existent, plus proches de chez nous. Elles auraient même tendance à se multiplier. Après les ladies nights au cinéma, voici le lady fitness, ou les cours de bricolage intitulés «Les femmes apprennent chez Hornbach». «A la base, je trouve très bien que ce genre d’initiatives existe», assure Léonore Porchet. La députée Verte au Grand Conseil vaudois avait amené le sujet du harcèlement de rue au Conseil communal de Lausanne, avant l’affaire Weinstein et #MeToo. «Certes, une île sans hommes n’est pas la solution à long terme, mais c’est un besoin actuellement. Et il faut bien avouer que du point de vue marketing, c’est plutôt malin. Toujours plus de femmes recherchent ces «voyages entre copines.» Surtout, il y a encore des situations où l’on n’est pas à l’abri de choses pénibles, même durant les vacances.» Mansplaining, manterrupting, harcèlement: ces «choses pénibles» peuvent prendre différentes formes.

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Qui a eu cette idée folle…

Féministe militante, Coline de Senarclens n’est pas très attirée par ce genre de séjours, mais reconnaît leur «utilité».

«Déjà, cela peut être reposant pour certaines femmes. Qui sait si elles n’ont pas besoin de cette "excuse", avec certains hommes possessifs, pour partir sans eux? Après, du point de vue féministe, cela peut être riche en enseignements. Ça permet de créer une solidarité entre femmes, qui n’est historiquement pas établie.»

Pour elle, il est également sain que les hommes acceptent ces moments de non-mixité. «Si on ne m’invitait plus à dîner en m’expliquant que ma présence était désagréable, je me remettrais en question plutôt que de critiquer mes hôtes.»

A force de voir des lieux appliquant cette nouvelle forme de ségrégation se multiplier, ne va-t-on pas se retrouver, en finalité, avec le retour de l’école séparée, filles d’un côté, garçons de l’autre?

«J’ai de la peine avec les gens qui affirment qu’on ne sait pas où tout cela va s’arrêter, affirme Léonore Porchet. On a eu la non-mixité totale, puis son opposé… Il faut intellectuellement reconnaître que l’on peut appliquer un peu des deux, et accepter que les deux sexes pourraient même en profiter.»

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Pour Coline de Senarclens, si la mixité est au cœur d’un combat, elle peut être «oppressante et oppressive». «On a mis les deux sexes dans les mêmes classes sans réaliser que l’un des deux avait plus de pouvoir. Soyons clairs: aujourd’hui, l’école est encore un lieu d’apprentissage des inégalités.»

Si aucune des deux n’a de solutions toutes faites, elles souhaitent tout de même qu’une réflexion sur le sujet soit menée dans le cadre scolaire. «En offrant peut-être des espaces de non-mixité ponctuels, par exemple dans le cadre de l’éducation sexuelle, mais c’est un exemple comme un autre.»

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