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Interview

Rencontre avec deux fleuristes, les visages derrière les bouquets

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Les fleuristes Romane Franchino et Leyla Fragnière décrivent la signification de la Fête des mères, qui leur vaut 300 à 400 ventes de bouquets.

© NOURA GAUPER

Quand on arrive dans le magasin, les fleurs et les plantes rivalisent de couleurs et de parfums, on se croirait dans un pré au printemps. Renoncules, pivoines, roses, hortensias, feuilles d’olivier, plantes grasses qui trônent dans les pots. Sur le plan de travail, des tiges coupées, des boutons abandonnés, des bouquets prêts pour la journée. Au milieu de ce jardin odorant, Romane Franchino et Leyla Fragnière, fleuristes, s’affairent, entre coups de téléphone de commande, accueil des clients , et nous, qui avons décidé de les rencontrer (et de les encombrer!). Le 14 mai 2023, la Fête des mères sera aussi celle des fleuristes, qui travaillent comme des dingues pour préparer les bouquets. Sans elles, impossible de manifester notre amour à nos mamans.

FEMINA Alors, c’est quoi, pour vous, la Fête des mères?
Romane (responsable de la boutique) Une semaine intense. C’est la plus grosse période de l’année. On vend environ 300 à 400 bouquets. Notre entreprise, Rémy Jaggi, développe aussi une pépinière à Coinsins, entre Nyon et Gland. Nous cultivons biologiquement des plantes vivaces. Pour dimanche, on va couper dans nos champs les fleurs et les plantes de saison. Pour le reste, on privilégie la production suisse et on commande un peu en Hollande. Il faut organiser tout ça.

Quelles sont les fleurs préférées pour la Fête des mères?
Leyla
Ce sont essentiellement les pivoines. Les roses aussi.

Y a-t-il une symbolique au fait d’offrir des pivoines? Une couleur préférée?
Romane
Non, c’est beaucoup moins stéréotypé que la Saint-Valentin, où les clients commandent généralement des roses rouges (ou délèguent le travail à leur secrétaire!). Les gens qui viennent, souvent en famille, y mettent de l’émotion. Ils et elles essaient de faire plaisir à leur mère. Souvent, ils et elles savent ce qu’elles aiment.

Combien les personnes dépensent-elles pour un bouquet de la Fête des mères?
Romane Entre 170 et 200 francs. L’année passée, quelqu’un a payé 600 francs pour un bouquet.
Leyla J’ai eu un père qui avait acheté trois bouquets de 250 francs que chacun de ses enfants offrirait à leur maman. Mais globalement, à la Fête des mères, on ne commande pas de bouquet pour impressionner.

Pourquoi avoir choisi ce métier? Vous aimez les fleurs?
Leyla
La vie m’y a amenée. Quand j’avais 17 ans, je vivais en foyer, j’ai été donc obligée de choisir un apprentissage. Ensuite, je suis entrée dans le monde de la musique et de la nuit, je suis devenue DJ, déménageant de Fribourg à Lausanne et j’ai travaillé dans une boîte qui a fermé aujourd’hui. J’ai 31 ans, je suis mère célibataire, le COVID a eu raison de mon activité de DJ, et aussi le fait que ce n’est pas idéal avec un enfant à charge. J’ai donc repris mon métier de fleuriste.

J’avais besoin de trouver un équilibre, de me rapprocher de la nature. Le monde de la nuit est dur. Avec les fleurs, je retrouve de la beauté et de la stabilité financière.

Romane J’ai fait mon apprentissage à Lully sur trois ans et ensuite un brevet fédéral. J’aime rechercher des végétaux, des couleurs, accompagner le rythme des saisons, j’aime mettre de la poésie dans les jardins. Je n’ai pas de fleur préférée. À chaque saison, on se rend compte qu’il y a une fleur qui nous a manqué.

Pourquoi est-ce un métier essentiellement féminin?
Romane
Bonne question! Pourtant, c’est très physique d’être fleuriste, beaucoup plus que ce qu’on pense! Je ne sais pas, mais ce sont des stéréotypes qui sont en train d’évoluer. Une question de salaire et de conditions de travail? Les hommes n’imaginent pas pouvoir vivre avec des salaires si modestes?
Leyla
Mon patron est très flexible pour les horaires et compréhensif sur le fait que je suis seule avec mon fils de cinq ans. Le métier de fleuriste suppose de la passion, il faut aussi accepter de travailler le samedi et souvent le dimanche. Ce n’est pas facile à concilier avec la vie de famille. Il n’y a pas de structure d’accueil sur lesquelles s’appuyer.

Des fleurs et des chiffres

D'après jobs.ch, les fleuristes gagnent en moyenne 50 000 francs par année. Pour les femmes, les salaires les plus hauts sont atteints dans la tranche d’âge des 45-55 ans. Si le salaire médian peut aller jusqu’à 57 000 francs, les différences cantonales sont importantes (42 000 à Fribourg pour le salaire médian contre 49 600 francs dans le canton de Vaud.

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