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Louise Delage: l’illusoire perfection de nos vies Instagram

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© Instagram Louise Delage

Le 1er août 2016, une jeune fille du nom de Louise Delage ouvre son compte Instagram. Tout semble entièrement normal: résidant à Paris, les cheveux épais, courts et ondulés, elle dévoile au fil de ses photos des instants d’une vie cosmopolite, moderne et… foncièrement ordinaire. Rapidement, elle attire près de 67 mille abonnés.

Louise suit les tendances vestimentaires et cultive un style personnel qu’on se plairait à copier. Elle a un chat, un ordinateur portable, des amis, organise des voyages lors desquels elle se balade sur la plage, vêtue d’un petit bikini noir. Elle photographie son assiette, certainement penchée au-dessus de la table, comme nous l’avons toutes déjà fait au moins une fois.

Tout paraît entièrement normal, c’est vrai… Le soir, Louise danse en boîte, dîne au restaurant, ou se plonge dans un bain moussant avec un verre de vin blanc.

N’avait-on vraiment rien vu?

Voilà, en réalité c’est cela: lorsque Louise est en soirée, elle boit. Rien de trop scandaleux, n’est-ce pas? Sauf qu’à côté d’elle sur la plage, repose un verre de rosé en plastique. A sa droite, innocemment assis sur le banc qu’elle a choisi dans son parc préféré, une bière en bouteille. Sur le rebord de la piscine, un autre verre de vin. A midi, une autre bière. C’est un peu la version alcoolisée de «Trouvez Charlie»: presque toutes les photos de la jeune femme cachent, de façon plus ou moins évidente, un verre. Louise est alcoolique.

Certains internautes soulignent cette particularité, d’autres ne remarquent rien. Ce n’est qu’à la fin du mois de septembre 2016 que la vérité paraît au grand jour, au moyen d’un nouveau post Instagram. Louise Delage est en réalité un fake créé par l’association française «Addictaide» qui souhaitait montrer combien il est facile de passer à côté de l’addiction d’un proche.

Réactions des internautes

Lorsqu’on parcourt les photos de Louise, publiées avant la révélation de la campagne de sensibilisation, les commentaires de ses followers sont frappants. «Qui es-tu, jolie Louise, qui intrigue tant les réseaux sociaux?» se demandent les uns. «Vous buvez beaucoup, madame», se permettent de souligner les autres. La liste d’éloges est interminable: «Tu es trop belle», «Canon!», «J’adore tes lunettes», que de petits mots laissés par des Instagrammeurs qui, visiblement, n’ont rien remarqué. C’est que la campagne a fonctionné.

Une vie parfaite, mais seulement en ligne

Si «Addictaide» a tenté (et est parvenu) de nous prouver que l’addiction esquive souvent la vigilance de notre œil, même lorsqu’il s’agit d’un proche dont nous pensions tout connaître, l’association a également souligné un autre fait de société: la facilité avec laquelle nous donnons à nos existences l’allure de la perfection sur les réseaux sociaux.

Derrière des photos d’assiettes esthétiques, de tenues du jour ravissantes, de selfies avec des copines souriantes ou de paysages fantasmagoriques, peuvent se cacher des maux bien réels que nous masquons avec habileté. Les côtés sombres de la vie sont recouverts d’une couche de filtres, de poses codées, comportant tous les attributs du bonheur virtuel.

Et ce qui est plus frappant encore est que le compte de Louise contenait tous les indices de son addiction, mais que la plupart d’entre nous n’y ont vu que du feu. Nous attendons-nous tant que cela à n’apercevoir que de la beauté, que des sourires sur Instagram? Ou notre œil est-il si habitué aux mises en scène caractéristiques du réseau social qu’il est devenu négligent, paresseux?

Une campagne de sensibilisation pour le moins efficace qui pose de nombreuses questions et nous confronte à une réalité que, sans doute, nous ne regardons pas en face suffisamment souvent.


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