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L'édito

L'édito de Sonia Arnal: Pas plus aimables

Arnal Sonia Edito 10 05

«Quand j’étais élève journaliste, on nous disait que trop d’informations tuait l’information et qu’il ne fallait jamais, jamais prendre ses lecteurs pour des imbéciles. Je ressassais la question en me demandant à quel moment les choses avaient mal tourné...»

© Ludovic Andral

Vous n’en avez pas marre, vous? Comme tout le monde, je lis les journaux, je regarde le TJ, et partout, tout le temps, il n’y a que du Covid. Et que je t’apprends à te laver les mains, à te mettre un masque correctement (car oui, on peut faire faux ça aussi), à se tenir à deux mètres, à dire bonjour avec le coude ou le pied (je vous assure, il y a eu des démos pour ça, je les ai vues de mes yeux à la télé) et bientôt on va nous apprendre à monter dans le bus et à prendre le train – parce que là aussi, il y aura ceux qui ont fait comme il faut et méritent la gommette, et les autres. Le stade d’après, mais ça a déjà commencé, ce sera de nous éduquer à partir en vacances en Suisse – sûr qu’on va avoir les adresses et le mode d’emploi pour réserver juste. Avec un peu de chance, on sera libres de choisir dans quel canton on veut aller et si on préfère lac ou montagne.

Quand j’étais élève journaliste, on nous disait que trop d’informations tuait l’information et qu’il ne fallait jamais, jamais prendre ses lecteurs pour des imbéciles. Je ressassais la question en me demandant à quel moment les choses avaient mal tourné, quand j’ai vu une femme dans la vingtaine assise sur un banc à mille milles de toute terre habitée, seule avec son smartphone. Elle portait un masque. Donc, il y avait un truc qu’elle n’avait manifestement pas compris. Enfin, sans doute plusieurs,

mais notamment le fait qu’on met un masque surtout pour ne pas refiler le virus aux autres et qu’un téléphone ne peut pas mourir du corona, même si on lui éternue à la face plutôt que dans le coude et même si on reste plus de 15 minutes à 50 cm. Trop d’informations? Pas assez?

Distance!

Je me posais toujours la question le lendemain en faisant mon jogging quand j’ai croisé un couple de personnes pas toutes jeunes, de celles qu’on qualifie désormais de à risque plutôt que de retraités. Ces gens marchaient avec leurs bâtons et un masque, je courais dans l’autre sens. Le chemin était étroit, j’ai serré sur ma droite, mais bon, nous étions deux et deux dans les deux sens et nous allions, je l’avoue, nous croiser à moins de deux mètres, c’est mathématique.

Au moment où j’arrivais à sa hauteur, la dame a hurlé: «Distance!!» et m’a littéralement balancé son bâton dans les pieds, façon croche-patte. Là aussi, manifestement, toutes les infos sur la façon dont se transmet (ou pas) le virus ne sont pas passées. Sur-informés, sous-informés ou mal-comprenants, je ne sais toujours pas. Mais en tout cas pas plus aimables, ça c’est sûr.

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