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L'édito de Géraldine Savary: «Des bébés à l’assaut de la démocratie»

Géraldine Savary rédactrice en chef Femina éditorial

«Heureusement pour l’humanité [...] nous apprenons à avancer avec nos frustrations [...] à côtoyer les autres sans les agresser. Ainsi va l’être humain, sauf ceux qui sont restés bébés.» - Géraldine Savary

© ANOUSH ABRAR

Qu’y a-t-il de commun entre la conseillère nationale Céline Amaudruz, le président du Brésil Luiz Inàcio Lula da Silva et Maghla, star française du gaming dont nous parlons sur Femina.ch (et dans l'édition papier de Femina le 15 janvier 2023)? Tous trois ont peu ou prou subi la violence de celles et de ceux qui ne pensent pas comme eux. Le dégagisme est désormais la méthode quand des idées, des convictions ou des actions s’affrontent. Plutôt que de dire, comme on l’apprend à l’école «qu’il faut écouter avant de rétorquer», plutôt que de se rappeler que les vraies batailles se jouent avec des adversaires qui n’ont pas tout à fait tort, la violence et la haine s’étendent.

À l’Université de Genève, la conseillère nationale UDC est agressée par des personnes encagoulées qui lui crient: «Amaudruz tu pues», à Brasília, les bolsonaristes contestent une élection démocratique, et sur les réseaux sociaux, des jeunes femmes qui s’expriment et s’amusent avec les codes de leur génération subissent des «raids» de haters. Comment en est-on arrivé là, pour que toute opposition s’embrase, même dans les repas de famille?

Aimer sans mordre

Pour éviter de me complaire moi aussi dans l’invective de haine envers celles et ceux qui la répandent et en sont fiers, j’ai cherché des réponses rationnelles auprès de personnes plus expérimentées que moi. Par exemple, les psychologues. Qui semblent d’accord pour considérer la haine comme une réaction à la frustration. Cette frustration viendrait du tout début de notre arrivée au monde.

Nous, bébés sortant tout gluants et mécontents du ventre protecteur de la mère, nous sentons brutalement impuissants et vulnérables. Et plus traumatisant encore, éminemment conscients de notre fragilité et de notre dépendance. Du coup, piégés par ce paradoxe originel, nous développons dès notre arrivée dans la vraie vie une violence envers l’extérieur.

«Si les nourrissons possédaient la force physique et la coordination motrice des adolescents, notre monde serait alors véritablement un monde destructeur», dit le philosophe Anthony Storr dans L’instinct de destruction.

Mais heureusement pour l’humanité, nous grandissons, nous gagnons en indépendance, nous apprenons à avancer avec nos frustrations, à aimer sans mordre, à demander sans pleurer, à parler sans hurler, à côtoyer les autres sans les agresser. Ainsi va l’être humain, sauf ceux qui sont restés bébés.

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