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Quel cirque!

Knie, une dynastie où règnent (aussi) les femmes

Knie, une dynastie où règnent (aussi) les femmes

Comme sa maman et sa grand-maman, Chanel Marie cultive une passion sans égale pour le cirque et les chevaux.

© Nicole Boekhaus

La passion est génétique. Pas besoin d’écouter longtemps Mary-José, Géraldine et la petite Chanel Marie pour comprendre qu’elle se transmet de mère en fille. Et que ces trois amazones, respectivement représentantes des 6e, 7e et 8e générations de la dynastie Knie, ont le cirque et l’amour des chevaux dans le sang, qu’elles ne pourraient ni ne voudraient vivre ailleurs que dans l’univers circassien dans lequel elles évoluent depuis toujours.

Enfin… presque toujours, en ce qui concerne Mary-José, arrivée chez Knie à 22 ans, au début des années 70:

«Fredy Jr et moi nous sommes rencontrés à Zurich, à la caisse du cirque, se souvient-elle. La représentation de ce soir-là affichait complet mais j’essayais tout de même de négocier une place.»
Mary-José Knie © Nicole Boekhaus


«Car je savais que je ne pourrais pas venir à un autre moment et, comme chaque année, je mourrais d’envie de voir le spectacle. Or, lui et son frère Rolf, qui étaient juste à côté, ont vu que je palabrais. Ils se sont approchés, on a discuté, ils m’ont trouvé une chaise…» Et l’amour a frappé. Si bien que la jeune femme, qui travaillait alors «dans la mode», quitte tout pour suivre son amoureux sur les routes. Définitivement et essentiellement «contaminée» par la circovirus.

La stabilité, un joli appartement, une vie bien réglée? Elle s’en moque: «Ça ne m’a jamais manqué - au contraire. Nous avons une maison à Wollerau (ZH) mais nous n’y passons à vrai dire pas plus de deux mois par an. D’ailleurs, même quand le spectacle est à Zurich pendant tout le mois de mai, je n’y retourne pas, même si c’est vraiment tout près.

«On est en tournée, je vis avec la troupe. Si j’ai besoin de me reposer ou d’être un peu tranquille, je fais comme tout le monde: je ferme la porte de ma caravane!»

Un tempérament de nomade qui lui est venu «tout naturellement». L’œil qui brille, l’artiste raconte ses débuts: «Ça s’est passé très simplement. Non seulement parce que j’ai instantanément adopté et aimé profondément cette vie de bohème, mais surtout parce que j’ai tout de suite été acceptée et intégrée par la famille, ce qui m’a permis de m’adapter rapidement et de me lancer à corps perdu dans les entraînements. Moi qui n’avais jamais approché un cheval avant…»

«Une femme extraordinaire!»

L'artiste reprend: «En plus, je m’entendais très bien avec la grand-mère, Margrit. C’était une femme extraordinaire! Elle avait été veuve très jeune et, avant que ses deux fils Fredy Senior et Rolf Senior ne reprennent le flambeau, elle portait tout toute seule. C’était un tour de force car la Seconde Guerre mondiale était une période particulièrement dure pour le cirque.»

La preuve que chez Knie, les femmes ont toujours tenu un rôle primordial. Sur la piste, évidemment. Ce dont témoigne aujourd’hui Chanel, fil rouge du programme de cette tournée qui, du haut de ses huit ans, est devenue «la grande chouchoute du public», souligne fièrement sa grand-maman.

Géraldine Knie © Nicole Boekhaus

Côté coulisses, «les Dames Knie», comme on les surnomme, occupent une place tout aussi capitale. Ainsi Géraldine, qui a hérité de son père la charge de directrice artistique il y a deux ans et est responsable de la réalisation technique du programme de ce jubilé du centenaire.

«En fait, chez nous, on ne fait pas de différence hommes-femmes. Quand il y a quelque chose à discuter, à décider ou à faire, on le dit, on le discute ou on le fait. Peu importe qu’on soit fille ou garçon!»

insiste la jeune maman, qui fait son grand retour dans l’arène après avoir donné naissance à Maycol Jr en novembre 2017. «Ce qui compte, c’est que tout fonctionne au mieux dans les différents compartiments du jeu», renchérit Mary-José, responsable des costumes depuis son arrivée dans la famille, en 1971, et qui adore courir le monde à la découverte de nouveaux numéros à intégrer dans le spectacle.

«On a chacun nos sensibilités et nos centres d’intérêts propres, c’est évident. Personnellement, je ne m’intéresse que peu aux aspects techniques, donc je ne m’en charge pas. En revanche, je m’implique avec bonheur dans d’autres domaines!» Sans se consulter, la mère et la fille citent alors Fredy: «Quand tu décides de faire quelque chose, tu y vas à 100%. Sinon, ça ne vaut pas la peine: tu laisses tomber et tu changes de direction!» C’est qu’au cirque, disent-elles, il ne peut y avoir de «demi-mesure»: de l’administratif au montage du chapiteau, des éclairages à la musique et du choix des numéros à leur exécution, tout doit être impeccablement boulonné. Or, martèlent la mère et la fille, «on ne peut accomplir correctement une tâche que si on en a envie et qu’on aime ce qu’on a à faire!»

Rester ou partir: les Knie ont le choix

Une philosophie qui explique pourquoi personne n’est obligé de suivre les traces des ancêtres Knie. D’ailleurs, dans pratiquement chaque génération, un membre de la famille a délaissé le monde du cirque sans que cela pose de problèmes. Sourire aux lèvres, Chanel intervient: «Moi, j’aime ça!» Elle précise que si, pour le moment, son dada, c’est les chevaux et le dressage, elle se verrait aussi bien faire d’autres numéros à l’avenir: «Des acrobaties et du trapèze», explique très sérieusement la petite princesse.


Le pourra-t-elle? Si elle s’entraîne en conséquence et le veut vraiment. De fait, dès qu’ils le souhaitent, les enfants Knie peuvent entrer en piste. Géraldine, qui a été mise à cheval «avant de savoir marcher», a ainsi foulé la sciure à 4 ans pour présenter, avec son père Fredy Knie Jr, le numéro «Maxi et Mini».

«C’est une espèce de rituel qu’on accomplit de génération en génération… quand on le veut. »

«Mon père a ouvert les feux en 1951, à 4 ans aussi. Moi ensuite, en 1977, puis mon fils Ivan Frédéric, en 2005, également à 4 ans, et Chanel Marie, en 2015, à 3 ans. Maycol Jr en aura-t-il envie? Je n’en suis pas sûre. Pour l’instant, les tracteurs l’intéressent largement plus que les chevaux!» sourit Géraldine avec la tendresse d’une mère poule.

Une école de vie

En fait, si «faire du cirque» est présenté comme un jeu pendant l’enfance, la question de l’avenir se pose sérieusement une fois que l’école est terminée. Parce que chez les Knie, on ne badine pas avec l’éducation: «Je vais en cours tous les jours et j’apprends la même chose que tous les élèves de mon âge», précise Chanel qui, à ce jour, maîtrise parfaitement l’italien, l’allemand, l’anglais, le français «et quelques mots de polonais». «C’est vrai, l’instruction est importante, on est pointilleux là-dessus», confirme sa grand-maman.

«Aujourd’hui, les enfants suivent un cursus scolaire qu’on peut qualifier de normal, même si les cours sont donnés par des enseignants privés dans une roulotte spécialement dévolue à ça, explique Mary-José. Nous avons instauré ce système quand Géraldine était petite et cela fonctionne vraiment bien!» «Et puis la vie du cirque, c’est une sacrée école de vie!» conclut Géraldine.

Qui, comme sa mère avant elle, ne peut s’empêcher d’espérer que sa fille, un jour, reprendra les rênes. A voir évoluer la si charismatique Chanel, son rêve pourrait bien se réaliser.

Pour en savoir plus sur la tournée, les dates et les horaires.

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