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Investir dans les sneakers, un business qui peut rapporter gros

Investir dans les sneakers un business qui rapporte gros KEYSTONE GORAN BASIC

Si la plupart des ados se contentent de revendre des baskets en dilettante pour économiser ou se faire plaisir, les plus chevronnés gagner plusieurs milliers de francs par mois.

© KEYSTONE/GORAN BASIC

On les appelle les resellers (ndlr: revendeurs). Leur mode opératoire? Acheter une paire de baskets au prix catalogue pour les revendre deux, trois fois plus cher, si ce n’est davantage. Aujourd’hui les sneakers sont plus qu’un simple accessoire de mode: ce sont des biens spéculatifs. Selon une étude de l’institut de services financiers américain Cowen, le marché mondial de la revente de baskets, évalué à plus de 6 milliards de dollars en 2020, pourrait en peser 30 d’ici à la fin de la décennie. Un marché parallèle dominé par le géant américain Nike: Air Force 1, Air Jordan ou Dunk, les modèles les plus tendances du moment sont tous estampillés d’une virgule, fruit d’un marketing agressif ciblant principalement la jeunesse.

D’Adam Smith à Travis Scott

Comment le géant américain marche-t-il sur la concurrence? Grâce à des partenariats conclus avec des marques de streetwear et de luxe, mais aussi en s’associant à des personnalités influentes de l’univers de la mode, du sport ou de la musique. «Les jeunes suivent ces stars sur les réseaux sociaux, ils s’identifient à elles et veulent leur ressembler. Ça passe aussi par ce qu’elles ont aux pieds», explique Patrick Ferreira, passionné de sneakers et co-fondateur du magasin Le Stud', à Fribourg.

Conséquence? Chaque fois, c’est la rupture de stock. En témoigne la première collaboration entre Nike et l’artiste américain Travis Scott au printemps 2019. Alors au sommet de sa popularité, le rappeur apporte sa patte sur une silhouette d’Air Jordan 1, réédition d’un modèle emblématique porté par Michael Jordan à ses débuts sur les parquets de NBA. Les quantités sont très limitées. Prix d’origine: 230 francs. Aujourd’hui, il faut en débourser 2000. La loi de l’offre et de la demande.

Les baskets sont-elles devenues une valeur refuge au même titre que notre bon vieux franc suisse? «En ce moment, pour les éditions limitées, on prend peu de risques en investissant, car les prix du marché ont plutôt tendance à monter», explique Jonas Steiner, de Cop4Rock, un commerce de revente basé à Genève. Attirés par l’appât du gain, de nombreux ados se lancent dans ce juteux business. Mais faire fortune, ce n’est pas un jeu d’enfant pour autant.

«Tout le monde peut monter à Paris, acheter quelques baskets difficiles à trouver en Suisse et en tirer un profit. Un business à plus grande échelle exige un capital élevé pour avoir un stock important», nuance le Genevois.

Si la plupart des ados se contentent d’une activité en dilettante pour économiser ou se faire plaisir, les plus chevronnés comme Jonas Steiner peuvent, à condition d’être patients, gagner plusieurs milliers de francs par mois. «J’ai commencé en vendant quelques paires à des proches et neuf ans plus tard, nous voici avec une boutique et trois emplois», raconte fièrement l’entrepreneur, qui a inauguré son échoppe en novembre dernier. Un accomplissement rare. Loyer, salaires, charges, les frais d’exploitation sont conséquents quand on possède un magasin, raison pour laquelle la vitrine préférée des revendeurs reste les réseaux sociaux.

La machine au service de l’humain

Sur Instagram, les comptes dédiés au resell pullulent. Certains mettent en avant de nombreuses boîtes de chaussures empilées les unes sur les autres, parfois le même modèle en plusieurs pointures. De véritables montagnes de cartons qui peuvent représenter des montants vertigineux. Comment se procurent-ils toute cette marchandise malgré la rareté? Fini le temps où l’on bravait les éléments pour camper devant le magasin, les files d’attente sont désormais virtuelles. Les paires sont vendues en ligne à une date et une heure précises. Il faut être rapide, très rapide, plus que les milliers d’adversaires qui lorgnent sur le même butin.

Pour mettre toutes les chances de leur côté, des resellers se munissent de logiciels programmés pour faciliter l’achat. Ils sélectionnent la pointure, mettent l’article dans le panier et peuvent même effectuer le paiement. Si Patrick Ferreira n’en utilise pas, il constate que, dans un milieu concurrentiel, ces bots sont devenus indispensables, mais ils ne sont pas donnés. «On en trouve pour quelques centaines de francs, mais les plus performants valent des milliers, chacun veut avoir le meilleur. C’est le prix à payer pour avoir un avantage sur les autres.»

Une fois la razzia réalisée et la marchandise réceptionnée, certains resellers ne tardent pas à mettre les paires en vente sur Instagram, Marketplace, Depop, Ricardo ou dans des groupes Whatsapp. Ils écoulent aussi leur collection lors de bourses aux sneakers organisées régulièrement dans tout le pays. Depuis 2008, le Sneakerness, dont la prochaine édition se tiendra les 6 et 7 mai 2023 à Zurich, est le plus gros rassemblement national dédié à la basket. La Romandie n’est pas en reste et possède aussi sa convention annuelle: le Swisssneaks, organisé à Lausanne au mois de septembre.

Vous l’avez compris, une paire de baskets, c’est comme un grand cru, ça prend de la valeur avec l’âge. Alors, profitez du nettoyage de printemps pour fouiller caves et greniers. Qui sait? Une pépite pourrait y sommeiller…

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