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Avec une femme sur cinq désormais qui n’a pas d’enfant dans les pays industrialisés, soit 20%, c’est toute une société qui est en train de changer. Jadis stigmatisées pour leur ventre vide, les nullipares prennent leur revanche dans un monde où l’enfant est de moins en moins roi.

En vacances en Espagne cet été, j’ai rencontré une famille adorable dont la petite fille de 3 ans faisait craquer la terre entière. Sa maman me racontait son bonheur d’être bien accueillie dans les restaurants ibères malgré sa volubile descendance, au contraire des établissements suisses qui bien souvent tirent la gueule quand débarque une famille forcément bruyante et mal éduquée.

C’est un fait, en Suisse comme dans beaucoup de pays riches, les enfants ne sont plus les bienvenus dans certains endroits. A commencer par les mariages. Petites filles en robes blanches, des roses dans les cheveux, et petits garçons trop mignons dans leur costume miniature, font partie de l’imagerie kitsch des mariages à l’ancienne. Oui mais ça c’était avant, jadis, ou encore naguère. Le dernier mariage auquel j’ai assisté avait introduit cette clause hyper restrictive: vous êtes cordialement invités à la fête qui célèbre notre union mais merci de faire garder votre progéniture ce jour-là car rien n’a été prévu pour l’accueillir. Soit.

Rires joyeux et petites bêtises

Je n’ai pas d’enfant et pourtant j’ai trouvé ça triste. Justement peut-être parce que le fait de ne pas en avoir me fait apprécier les rires joyeux et les bêtises puériles lors d’une journée de fête, qui plus est en plein air le plus souvent.

Un peu comme dans «Les fils de l’homme», l’affreux roman d’anticipation de PD James adapté au cinéma avec Clive Owen et Julianne Moore. Dans un futur proche où les humains ont purement et simplement cessé de se reproduire (on ne sait pas exactement pourquoi), tous les gens sont dépressifs, et les vieux au bout du roule se suicident après avoir écouté des rires d’enfants en cassette. Effroyable.

Je suis la première à soupirer quand un gamin secoue mon siège dans l’avion ou pousse des cris stridents à peine les moteurs lancés. Mais dans un contexte festif qui consacre en théorie le modèle bourgeois de la famille, ce bannissement des minis me laisse perplexe.

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