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#FemmeFemina: les inspirations mode d'Inès de la Fressange

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© Instagram inesdelafressangeofficial

La Parisienne, c’est elle! Reconnaissable entre toutes, et tellement classe, Inès de La Fressange a un nom qui chante et le sang bleu de son père, marquis – excusez du peu – issu de l’ancienne noblesse française. Le temps a passé depuis ses années de gloire sur les podiums des années huitante, quand elle était le top-modèle star de Karl Lagerfeld; pourtant, elle est immuable: toujours aussi craquante, aussi chic, aussi légère à 59 ans. Un peu coquine, un rien espiègle, elle séduit instantanément. Même si elle commence par se rebiffer quand on lui explique le thème de l’interview: «Mais je n’ai pas besoin d’être inspirée par quelqu’un! J’ai tout le temps envie de faire 15 000 choses...»

Certes, elle ne défile plus, mais les estrades des grands couturiers l’ont menée à la création de sa griffe, de bijoux, de parfums, bref: aux affaires. Egérie Chanel et L’Oréal Paris, ambassadrice de la luxueuse marque Roger Vivier, Inès de La Fressange a su évoluer avec chaque décennie. C’est une battante envers et contre les tragédies – comme la mort de son mari Luigi d’Urso emporté, à 55 ans, par une crise cardiaque qui l’a laissée «anéantie», seule avec ses deux filles. Or la maman de Nine, 22 ans, et de Violette, 17 ans, les deux beaux fruits de ce mariage, a retrouvé l’amour avec le patron d’Europe 1, Denis Olivennes. Alors qui ou quoi inspire Inès de La Fressange, lui donnant l’élan de se réinventer toujours?

Les pieds dans la gadoue, les yeux dans les livres

«Quand on a une vie qui repose sur la créativité, tout est source d’inspiration!», lance cette hyper-active de la mode qui, passant outre sa réticence, s’apprête à jouer du mot «inspirer» comme d’un gimmick à ses souvenirs. «J’ai passé mon enfance en Normandie, les pieds dans des bottes en caoutchouc auxquelles s’accrochaient les mottes de terre. De ces heures, ces images, ces textures, mon esprit a fait son miel. Ce n’est pas la campagne qui m’a inspirée, mais le rythme du temps propre à cette région et l’atmosphère qui s’en dégageait».

Petite, Inès restait seule avec son frère durant des heures. Elle se plongeait dans les livres d’art de la maison d’édition suisse Skira: «Ma culture profonde, je la tiens de mon enfance. Mais l’inspiration ne m’est pas venue des toiles du peintre Velázquez et de ses fillettes à bouclettes: elle est née de ma sensibilité aux tableaux. Elle est perpétuelle et partout, c’est un état d’esprit», précise celle qui doit à son esprit, précisément, d’avoir été baptisée naguère «la mannequin qui parle». «A 13 ans, insiste-t-elle, prenant visiblement plaisir au contre-pied, j’ai aussi arpenté des palaces à Deauville avec ma grand-mère; mais j’appréciais davantage les pommes de terre qu’on cuisait dans l’aluminium à la campagne…» Inès a le génie du paradoxe. Elle est cash et frondeuse. C’est sa griffe.

«Bien sûr, il y a aussi des personnes qui m’inspirent par leur style et leur personnalité», admet-elle quand même. «Des femmes comme Françoise Hardy et Jane Birkin qui traversent les décennies. Elles sont d’une grande beauté et d’une élégance rare. Les jeunes filles actuelles veulent leur ressembler? C’est normal: ces stars sont indémodables. Elles ont créé une sensibilité – peut-être parce qu’être à la mode était le cadet de leurs soucis? Elles n’avaient pas l’obsession d’elles-mêmes...»

«J’admire la distinction d’une Charlotte Rampling ou d’une Catherine Deneuve, qui a toujours fait preuve d’une grande liberté dans le choix de ses films, ajoute-t-elle. En vieillissant, Deneuve s’est ouverte à de jeunes réalisateurs, elle est allée à la rencontre de son public. Si les actrices actuelles ne sont pas inspirantes c’est peut-être parce que, surmédiatisées, elles ne font que promouvoir leur bobine. Elles n’ont rien d’admirable. Ce n’est pas l’apparence, mais la personnalité, qui est marquante.»


©Dominique Charriau/WireImage

Le summum de la sensualité

Des créateurs de styles tels Karl Lagerfeld et Roger Vivier, l’un dans la mode, l’autre dans la chaussure, ont marqué le parcours de la spirituelle Inès. Eux aussi ont stimulé son imagination. «Karl, directeur artistique de Chanel, ne m’a jamais comparée à Coco. Il a dû lutter pour m’imposer car les gens disaient que je n’avais pas le style de la maison. Mais les photos de Coco, avec ses pantalons, son turban dans les cheveux et ses bijoux fantaisie, avec cette liberté qu’elle avait, m’ont beaucoup inspirée. Alors j’ai osé allier la veste Chanel avec les jeans et les baskets.» De Roger Vivier, dont elle est l’ambassadrice depuis 2002, elle dit avec une pointe d’émotion: «C’était un chercheur, un imaginatif.» Il a été l’un des inventeurs du talon aiguille et a chaussé aussi bien Brigitte Bardot qu’Elizabeth II. «Je l’ai rencontré: il était très humble. Nous sommes restés en contact jusqu’à sa mort.»

Inès s’interrompt un instant. Et glisse vers l’intime: «Avec mon mari Luigi d’Urso, j’ai beaucoup voyagé. En Inde notamment. J’y ai vu des femmes magnifiques en sari multicolore et en coton délavé. C’était le summum de la sensualité. Elles ont laissé leur trace en moi, elles aussi… Au fond, je crois que l’inspiration, c’est l’intérêt mis en toute chose. C’est la vie vécue et la vie digérée.»

Ce qui la dope Les autres! Plus je vieillis, plus je m’aperçois que l’important est de passer du temps avec les gens qu’on aime.

Son don inattendu J’ai tendance à être bavarde. Mais savoir se prononcer, formuler des avis, est devenu une force.

Sur sa shamelist A mes débuts, j’ai voulu être amusante et j’ai traité Francis Huster, acteur qui montait alors, de «Fanfan la Tulipe fané». Je le regrette encore…

Son dernier fou rire Je ris très souvent! Le tout dernier, c’était avec Violette, ma cadette.

Son buzz Les élections américaines, avec la victoire de Donald Trump, m’ont bouleversée. Des voix s’élèvent pour dire: «C’est le peuple qui décide, donc le peuple a raison.» Je dis non! Ce n’est pas parce qu’une majorité l’emporte qu’elle a raison. Ce n’est pas parce qu’on est malheureux qu’il faut décider du pire.


©Getty Images

Sa news Femme Une héroïne des temps modernes: Francine Leca, la première femme chirurgien du cœur en France. De l’étranger, elle rapatrie des enfants défavorisés atteints de maladies cardiaques, pour les opérer bénévolement. Je suis marraine de son association Mécénat Chirurgie Cardiaque – Enfants du Monde.


©Getty Images

Son actu «Comment je m’habille aujourd’hui?» (Flammarion). Selon Inès de La Fressange, les femmes actuelles, désemparées, ne savent jamais quoi se mettre. Son livre leur donne des astuces pour se concocter un look stylé dans toutes les situations, rien qu’avec les essentiels de leur penderie.


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