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Couple: l'égalité se joue autour du panier de linge sale

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Pour Titiou Lecoq, il est clair que le combat féministe commence chez soi, par le partage des tâches ménagères et une meilleure répartition de la charge mentale.

© Getty

Descendre dans la rue pour hurler son ras-le-bol du sexisme et lutter contre les plafonds de verre, c’est bien. Mais agir chez soi, dans l’intimité du quotidien, c’est mieux. Et plus efficace. C’est du moins le credo de la réalisatrice et ancienne star du X Ovidie, et de Titiou Lecoq, également journaliste et auteure, lesquelles, à quelques semaines d’intervalle, viennent de publier respectivement Libres! (Ed. Tapas) et Libérées! (Ed. Fayard). Soit deux manifestes mettant en relief quelques-uns des «nouveaux visages du machisme». Ils proposent de mener le combat égalitaire au lit pour le premier, autour du panier de linge sale pour le second.


«Libres, manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels», Ovidie et Diglee (Ed. Tapas). © DR
«Libérées, le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale», Titiou Lecoq (Ed. Fayard). © DR

Il y a encore un escalier à monter!

Deux angles d’observation différents, donc, mais un constat identique: «Même si quelques marches ont été gravies, comme le droit de vote ou la contraception, il y a encore tout un escalier à monter!» Certes… mais comment? A priori, tout commence par une prise de conscience: vie domestique ou galipettes, nous n’avons pas à tout supporter, ni à prendre sur nous le bien-être domestique de Monsieur. Pour le coup, chacune dans son registre, les essayistes enjoignent à leurs sœurs de se poser les bonnes questions. Et ce sans faire l’impasse sur un point essentiel: nous sommes souvent nos propres bourreaux. Titiou Lecoq constate ainsi que, par imprégnation et soumise «à une pression folle» – notamment entretenue par les images de vie de famille idéale postées sur les réseaux sociaux et les oukases à être une bonne petite fée du logis –, la majorité des femmes s’estime responsable du bonheur de sa smala. Et, partant, gère tout. Ou presque.

«Nous sommes devenues des cheffes qui nous donnons à nous-mêmes des ordres à exécuter. En réalité, on s’auto-arnaque!» regrette Titiou Lecoq.

Côté chambre à coucher, le bilan n’est guère plus réjouissant puisque, comme le déplore Ovidie, la gent féminine se soumet également à toutes sortes de diktats: «On a beau ne pas être dupes des injonctions qui passent dés- ormais par les médias (pub, presse, blogs, clips vidéo, séries TV ou films…), nous n’arrivons pas pour autant à nous en libérer. Qu’il s’agisse de la minceur, de l’épilation, des expériences multiples ou de pratiques sexuelles telles que la sodomie ou la fellation – qui serait même le ciment du couple, selon une psy américaine! –, les femmes ont toujours besoin d’être validées par le regard masculin: il est impératif de s’en affranchir!»

Voilà pour la théorie. Dans la pratique, comment sortir de ces cercles vicieux? Par le dialogue, tout simplement.

Parler avant d’agir

Pour Titiou Lecoq, la première étape passe par la négociation. Car si Monsieur doit prendre sa part du gâteau ménager, il faut aussi que Madame accepte de lâcher du lest. L’idée étant de trouver un modus vivendi agréable pour tout le monde: «Les chaussettes sales de mon amoureux qui traînaient dans le salon me rendaient dingue. Aujourd’hui, après en avoir longuement parlé avec lui, il n’en laisse plus. En revanche, il a son espace de son côté du lit, et je n’ai pas à y mettre le nez!» rigole la journaliste.

Et si la discussion ne suffit pas? «Alors là, on passe en force: on ne s’occupe plus que de ses propres affaires (et un peu de celles des enfants, le cas échéant), et on peut même aller jusqu’à la grève du ménage: quand il en aura assez de porter des chemises qui puent, il les lavera!»

Ovidie, elle, insiste sur un point fondamental: les femmes doivent s’écouter, être au clair avec leurs propres désirs et, après s’être demandé Mais de quoi j’ai envie, MOI?, parler à leur conjoint. Et faire comprendre que leurs relations en général, et sexuelles en particulier, ont tout à y gagner.

Bref, en trois mots comme en cent, avec ses envies, ses besoins et ses limites, il s’agit de «s’imposer comme individu»


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