Femina Logo

santé

Une mutation génétique chez des Amish prolonge leur vie de 10 ans

Mutation Genetique Amish

L'étude a montré a montré que les 43 hommes et femmes porteurs de la mutation du gène Serpine1 étaient en meilleure santé et vivaient en moyenne dix ans de plus que leurs congénères privés de cette variation génétique.

© Getty Images

«C'est la première mutation génétique humaine qui se révèle avoir un impact multiple sur les changements biologiques résultant du vieillissement», explique le professeur Douglas Vaughan, président de la Faculté de médecine Feinberg de l'université Northwestern à Chicago.

L'étude, dont les conclusions sont parues le 15 novembre 2017 dans la revue Science Advances, a été menée auprès de 177 Amish âgés de 18 à plus de 85 ans appartenant à la communauté de Berne, dans l'Indiana (nord des Etats-Unis).

Elle a montré que les 43 hommes et femmes porteurs de la mutation du gène Serpine1 - responsable d'une forte réduction de la production de la protéine PAI-1 - étaient en meilleure santé et vivaient en moyenne dix ans de plus (85 ans) que leurs congénères privés de cette variation génétique. L'espérance de vie aux Etats-Unis est de 78,8 ans.

Leur profil métabolique était aussi plus sain et ils souffraient nettement moins de diabète et de maladies cardiovasculaires, a relevé l'équipe scientifique internationale.

Les chercheurs ont également constaté que les télomères de leurs cellules immunitaires étaient en moyenne 10% plus longs. Le télomère est un morceau d'ADN situé à l'extrémité de chaque chromosome pour le protéger et qui se réduit à chaque division cellulaire, contribuant au vieillissement.

Protéine de la sénescence

«Nous avons confirmé avec cette étude les résultats de précédentes études suggérant que la longueur des télomères est liée à l'âge chronologique et est en grande partie héréditaire», ont-ils relevé.

Le raccourcissement progressif des télomères entraîne le vieillissement biologique qui se traduit dans les cellules et les tissus de l'organisme par un accroissement de certaines protéines, dont la PAI-1 qui est la signature de la sénescence et qui a déjà été liée aux maladies cardiovasculaires.

«Le groupe d'Amish de Berne offre une occasion unique d'étudier les effets biologiques de cette mutation génétique et de la réduction de la protéine PAI-1 sur la longévité des humains», ont souligné les chercheurs, relevant l'utilité d'examiner des mutations génétiques chez des populations isolées géographiquement et génétiquement.

Leur étude s'est appuyée sur les résultats de précédents travaux, menés en particulier sur des souris, qui ont montré le rôle important de la PAI-1 dans la sénescence. Ils ont notamment constaté une hausse du taux de cette protéine dans le sang et les tissus de souris génétiquement modifiées pour présenter un vieillissement accéléré.

Vieillir en bonne santé

Des observations chez les humains ont révélé que le niveau de cette protéine était plus élevé chez les obèses et les diabétiques, mettant en évidence le rôle fondamental du métabolisme dans la biologie du vieillissement. Ce qui avait déjà été démontré lors d'expériences sur des vers, des mouches drosophiles et des mammifères.

La lutte contre la sénescence se concentre de ce fait sur la réduction des calories absorbées, pour ralentir le métabolisme, et sur des molécules produisant les mêmes effets comme la Metformine - un antidiabétique - et le Resvératrol, un antioxydant abondant dans le raisin. Tous ces traitements réduisent la protéine PAI-1.

La molécule expérimentale «TM5614», qui neutralise cette protéine, a fait l'objet d'un essai clinique de phase I au Japon, a précisé M. Vaughan. Les autorités nippones ont déjà autorisé un essai clinique de phase II. Des souris traitées avec cette molécule ont été épargnées de toutes les pathologies liées à l'âge et ont vu leur durée de vie quadrupler.

Cette molécule antivieillissement représente donc un solide espoir de traiter ou de prévenir des maladies humaines résultant de la sénescence. «Nous pensons que ce médicament peut avoir un double effet en agissant sur les processus moléculaires du vieillissement mais aussi sur les maladies qui y sont liées», a indiqué le professeur Vaughan. Selon lui «nous pouvons ainsi prolonger la vie en bonne santé… et aussi l'espérance de vie», comme le montre l'étude auprès des Amish.


A lire aussi:
Selon une étude, le stérilet protégerait contre le cancer du col de l'utérus
Allergies alimentaires: comment les prévenir?
Fibromyalgie: exprimer ses émotions et sortir du conflit pour aller mieux

Podcasts

Dans vos écouteurs

E9: Apprendre à se ressourcer pour éviter l'épuisement

Dans le rythme effréné que nous impose l'année 2019, il est de plus en plus facile de s'oublier... De la méditation à la culpabilité, en passant par le courage de dire «non», cet épisode aborde les obstacles mentaux au repos, ainsi que des manières de ralentir le rythme, le temps de reprendre pied et de respirer un bon coup.

Dans vos écouteurs

E8: Mieux s'organiser, pour tirer le meilleur de chaque journée

Bullet journal, méthode d'Eisenhower, anticipation, quête de perfection... la coach Caroline Moix nous parle d'organisation, pour nous aider à accorder davantage de notre temps à ce que nous aimons vraiment.

Vidéos

Notre Mission

Un esprit sain dans un corps sain! Ici, on booste sa forme physique et mentale grâce à des articles bien-être, santé et cuisine! Be happy!

Icon Newsletter

Newsletter

Recevez les dernières news de Femina, les conseils et bons plans de la Rédaction.